AVANT-PROPOS
Histoire du travail. — Sciences ethnographiques. — Arts libéraux. — Peinture. — Sculpture. — Musique. — Théâtre. — Moyens de transport. — Arts et Métiers. — Aérostatiques. — Enseignement professionnel. — Ministère de l’Intérieur. — Ministère de l’Instruction publique, etc., etc.
Comme le palais des Beaux-Arts auquel il ressemble en tous points et qui lui fait pendant, le palais des Arts libéraux est l’œuvre de M. Formigé. Il est situé au Champ-de-Mars, à droite du visiteur quand il tourne le dos à la Tour Eiffel. Nous ne referons pas la description de ce monument. Nous nous contenterons de dire que, ici comme là-bas, l’effet artistique est très grand : les charpentes métalliques apparentes peintes en bleu s’harmonisent peut-être mieux encore avec les tons clairs des terres cuites.
Les arts libéraux sont ceux qui dérivent des Beaux-Arts ou leur sont d’une utilité immédiate, comme l’imprimerie, la librairie, la papeterie, avec le matériel de la peinture et du dessin, la photographie, la géographie, la fabrication des instruments de musique et celle du matériel de médecine et de chirurgie. 11 faut y ajouter tout ce qui a trait à l’instruction à tous ses degrés et sous toutes ses formes.
Voilà donc ce que contient le palais des Arts libéraux ou du moins une partie de ce qu’il contient, puisqu’il faut encore y ajouter les expositions du ministère de l’instruction publique et de celui de l’intérieur, et enfin une dernière categorie à laquelle on n’avait pas songé et dont heureusement M. Berger a eu l’idée assez à temps pour pouvoir l’exécuter, celle de l’histoire du travail.
L’organisation de cette dernière a été confiée à M. Sédille, architecte, qui s’est habilement tiré de cette tâche ardue.
l’histoire du travail
Mettre sous les yeux du public, faire toucher du doigt les divers développements de l’industrie et de l’art depuis que l’humanité travaille, est une idée extraordinairement féconde qui servira, selon toute apparence, de point de départ à une nouvelle méthode d’enseignement dont on ne saurait prévoir les bons résultats, tant ils seront considérables.
En quelques heures d’une visite attentive, chacun, en effet, apprendra plus de choses qu’on ne
saurait le faire avec des années d’étude et de lecture.
M. Berger, que des circonstances de second ordre ont, dit-on, poussé à créer de toutes pièces cette partie de l’Exposition, a été heureusement inspiré, et sa méthode restera probablement pour être appliquée d’une façon suivie dans les écoles, dans les lycées et jusque dans les établissements d’enseignement supérieur.
Le milieu du palais que nous visitons est occupé, dans toute sa longueur, par une série de quatre espèces de pavillons en bois, dont la forme n’est peut-être pas extrêmement gracieuse, ni la couleur bien agréable, mais qui sont merveilleusement propres à l’emploi qu’on leur a donné.
La partie intérieure de chaque pavillon, disposée en forme de cour, est occupée par des installations qui frappent l’esprit et l’imagination. Dans les galeries du pourtour sont réunis des objets, des collections, des tableaux, des livres destinés à corroborer, à expliquer, à mettre en lumière le spectacle que nous avons sous les yeux.
On a divisé l’histoire du travail en cinq parties principales :
1° Sciences anthropologiques et ethnographiques ;
2° Arts libéraux ;
3° Arts et métiers ;
4° Moyens de transport ;
5° Arts militaires.
Comme on le voit, c’est d’une façon presque complète le tableau du progrès humain, depuis ses ori-
gines les plus lointaines jusqu’à nos jours. Nous allons y suivre ensemble les perfectionnements successifs que l’homme, sans cesse à la recherche du bien-être, a fait subir aux méthodes et aux procédés de travail sous toutes ses formes.
L’art trouvera partout une place, même dans la plupart des outils du travail manuel, dont le culte se traduisait autrefois par une élégance de forme et par une qualité de la matière qui leur donnaient un véritable cachet artistique.