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PARCS ET JARDINS

Le jour. — Le soir. — Fontaines lumineuses. — L’œuvre de M. Coûtant. —Celle de M. Saint-Vidal. — Les pavillons delà ville de Paris. — Le laboratoire municipal.

Aujourd’hui, si vous voulez, nous ne nous fatiguerons pas. Ce sera comme une halte dans nos pérégrinations. Bien entendu, nous irons à l’Exposition tout de même, mais nous n’entrerons nulle part. Ce sera une journée de plein air.

N’allez pas croire cependant que le spectacle ne vaudra pas celui des autres jours. Ce sera, au contraire, plus féerique, car nous passerons la soirée au Champ-de-Mars et je suis bien sur que vous vous en irez émerveillé.

Vous pourrez choisir la porte que vous voudrez ; néanmoins il vaudrait mieux entrer par la porte Rapp ou par la porte Suffren et tout de suite vous

répandre dans les jardins, car ce que nous allons admirer, en flânant doucement, ce sont les parcs, les pelouses, les arbres, les massifs. Nous entendrons de la bonne musique, nous dînerons à notre goût et, le soir, nous aurons les étonnements de l’électricité, des illuminations dont toute l’Exposition s'enorgueillit; nous aurons l’éclat de la Tour Eiffel et de son phare, le rayonnement du pavillon delà Compagnie du gaz, les fontaines lumineuses etleurs éblouissements. Et enfin la galerie des électriciens et le petit édifice où M> Edison a rassemblé toutes ses inventions.

Vous voyez, maintenant, que ce sera une journée féconde en plaisirs, en surprises et peut-être la mieux remplie de toutes, avec cet avantage que la plupart du temps vous pourrez jouir de tout cela, sans bouger, assis dans un bon fauteuil ou sur une chaise métallique, à moins que vous ne préfériez les bancs confortables et abrités qui foisonnent autour de vous.

Les jardins ont exigé de grands travaux, ils étaient à créer en entier. Le Plan général a dû en être approprié à l’ensemble des palais qui l’entourent et des pavillons divers qui y sont édifiés. M. Alphand, assisté de son lieutenant, M. Laforcade, un artiste de grand talent, a obtenu des effets de verdure et d’ombrage véritablement merveilleux.

Il y a au Champ -de-Mars deux jardins distincts : l’un qui occupe tout l’espace compris entre les trois façades du Palais des Industries diverses et dans lequel sont situés les deux Pavillons de la ville de Paris ; l’autre est situé en contre-bas des deux ter-

rasses à balustrades bordées de palmiers, du Palais au Beaux-Arts et du Palais des Arts-Libéraux. Au pied de ces balustrades sont des plates-bandes de rhododendrons de toute beauté, avec des magnolias de distance en distance.

L’ensemble de ces parcs et jardins mesure près de huit hectares. On y voit une variété de plus de quatre cents essences différentes d’arbres fruitiers et d’ornement, des espèces, les plus recherchées et qui font l’admiration de tous les connaisseurs. On a rarement vu une collection aussi complète, composée d’aussi beaux sujets. Nous ne parlerons que comme indication des innombrables arbustes de toutes familles à feuilles caduques ou persistantes. Les pelouses si verdoyantes, obtenues avec des soins infinis et continuels, sont parsemées à profusion de massifs de fleurs renouvelées de telle façon que les floraisons se succèdent sans interruption pendant toute la durée de l’Exposition. Les arbres énormes qui projettent dans ce beau parc un ombrage bienfaisant ont été plantés de façon à avoir deux hivers pour la reprise en leur nouvelle place, — c’est ce qui explique les charmants résultats obtenus, on les dirait plantés depuis vingt ans.

Quoique nombreux, ces arbres ne donnaient pas un ombrage suffisant, aussi s’est-on préoccupé d’abriter les allées principales à l’aide de trois gracieux vélums, à raies blanches et roses. Ils sont établis à droite et à gauche des tapis de verdure qui entourent les fontaines et les bassins. On trouve sous ces abris aux chatoyantes couleurs des chaises et des fauteuils de tous genres ; c’est là, près de la

fraîcheur des gazons, qu’on vient se reposer des visites aux salles d’exposition. — Les réunions y sont nombreuses, on se donne rendez-vous dans l’un de ces jolis coins qui sont certainement des plus agréables ; on y papotte, on y bavarde, on s’y détend doucement. Pour ajouter un charme de plus à votre farniente, des musiques militaires françaises et quelquefois étrangères, se font entendre et applaudir. Quatre kiosques espacés dans les jardins ont été dressés pour cela et c’est bien connaître notre temps que de lui réserser tant d’harmonie.

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