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LES GALERIES

Que si nous pénétrons dans les galeries, nous marchons d’enchantements en enchantements. Le groupe de la joaillerie réserve bien des tentations au sexe faible. Les fabricants ont fait des miracles. Nous avons parlé d’un diamant colossal qui doit avoir une garde du corps. Il faut mentionner aussi une perle sans pareille, la plus grosse qu’on ait jamais vue. Elle pèse 75 grammes. La couleur et la forme en sont absolument nouvelles et en font un bijou unique, dont d’ailleurson ne demande, dit-on, pas plus de 75,000 francs, à mille francs le grain.

J’ai dans l’idée que l’Amérique se l’offrira.

Mais, en dehors de ces phénomènes, il y a là un débordement d’imagination sans pareille . Les bijoux les plus exquis se succèdent sous vos yeux et montrent à quel étonnant degré s’est élevé chez nous l’art de travailler les métaux précieux, de les sertir, de les marier avec les pierres.

Dans la section de l’orfèvrerie, les Odiot, les Bapst, les Froment-Meurice, ces. derniers surtout nous apportent des objets d’un style et d’une élégance qui font frissonner de plaisir.

La maison Poussielgue expose son orfèvrerie d’église. Tl faudrait tout citer. Vous avez, lecteur, le loisir de vous arrêter devant chaque étalage. Moins heureux, nous sommes forcés d’aller plus vite et de nous arracher à ces splendeurs.

La classe de la céramique est aussi l’une des plus extraordinairement intéressantes. Cet art, déjà si

charmant, a fait des progrès prodigieux depuis dix ans et comme il se rattache, par une proche parenté, à l’art proprement dit, il a un succès qui se traduira certainement d’ici quelques années par un usage presque constant, mais très intelligent de la terre cuite et de la terre émaillée.

Nous avons remarqué principalement les laves émaillées de M. Lefort des Ylouses.

Dans la classe 19 (verreries et cristaux) il faut voir deux glaces monstres, l’une en verre brut et l’autre en verre poli. Ces énormes lames de verre ne mesurent pas moins de 8 mètres 20 de hauteur sur 4 mètres 75 de largeur. Elles ont été apportées par le chemin de fer sur deux prolonges reliées entre elles et assurées contre le bris par un appareil ad hoc, appartenant à la manufacture qui les expose.

Quelque chose de véritablement exquis, c’est la galerie de la parfumerie. Ses vitrines affectent une forme rococo du dessin le plus aimable. Leur couleur vert-d’eau ajoute encore par sa délicatesse au plaisir des yeux. Jamais, dans aucune Exposition, on n’a vu, croyons-nous, un ensemble plus harmonieux et plus charmant.

Chaque jour, à une certaine heure, les personnes qui aiment à inonder leur mouchoir de parfums pénétrants, pourront avoir cette satisfaction, les employés étant chargés de faire de la propagande par le fait.

Un parfumeur de Paris expose, dit-on, une eau de Cologne qui a quatre-vingt-trois ans de flacon. Sous toutes réserves, car nous n’avons eu l’agrément ni de la voir, ni de la sentir.

La classe de la pêche et de la chasse, grâce à son arrangement original, a un succès considérable. Il en est de même de la classe des métaux.

Mais où l’on voit véritablement des choses d’une beauté, d’une élégance et d’un art invraisemblables, c’est à l’ameublement et à la tapisserie.

Les meubles de certaines maisons, comme les Drouart, les Damon, sont des chefs-d’œuvre qui ne seront évidemment pas dépassés. Ils resteront dans les siècles comme des spécimens sans rivaux d’un art dont aucun peuple n’a jamais eu l’équivalent.

Les dames m’en voudraient si je ne parlais aussi des tissus qu’envoie Lyon. Lajoie que leur procure cette partie de l’Exposition ne pourrait être dépassée que par le plaisir de porter toutes ces belles choses.

Mais je l’ai déjà dit, je ne saurais, sans m’exposer à ne pas finir ce guide, énumérer ainsi chaque classe et signaler, quoique en courant, les plus beaux sujets de curiosité.

Mais il n’en est pas moins nécessaire d’indiquer au lecteur d’une façon claire et pratique comment il doit s’y prendre pour se rendre sans perdre de temps à la section ou à la classe qui lui tient au cœur.

C’est pourquoi nous avons dressé un tableau où sont inscrits par ordre alphabétique et autant que possible, les produits exposés. En regard de leur nom se trouve, comme on va le voir, le numéro de la classe à laquelle ils appartiennent. Pour qu’il n’y ait pas d’erreur possible, nous supposons que le visiteur, entré par le dôme central, prend la grande

allée de trente mètres pour traverser le palais des Expositions diverses. Après le numéro de la classe on trouvera l'indicateur de la porte à droite ou à gauche par laquelle il faut passer et enfin, si le produit que l’on cherche est au commencement, au milieu ou à l’extrémitéde la galerie.

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