MEXIQUE
Si, par suite de relations diplomatiques longtemps interrompues, la République mexicaine ne put être représentée aux assises industrielles de 1878, ce pays prend à l’Exposition universelle de 1889 une éclatante revanche.
Dès que le gouvernement mexicain eut reçut l’invitation officielle du gouvernement de la République française pour l’Exposition de 1889, M. Porfirio Diaz, président du Mexique, fit mettre à l’étude l’organisation de la participation mexicaine.
Un premier comité de neuf membres composé des hommes les plus considérables du pays, fut formé sous la direction du général Pacheco, mi-
nistre de fomento (commerce, travaux publics, agriculture). Ce grand comité se divisa en sous-comissions chargées de rechercher et de classer les principaux produits naturels et manufacturés de ce vaste pays. On organisa à cet effet une sorte d’exposition préparatoire à Mexico, où l’on fit une sélection de ce qui devait être envoyé au Champ-de-Mars.
En même temps que ces préparatifs se faisaient au Mexique, le gouvernement donnait au concours les plans d’un palais à construire à Paris, démontable après l’Exposition pour être transporté à Mexico. Le plan de M. Anza, architecte mexicain, fut adopté et la construction commencée dans les vastes établissements Cail.
Le gouvernement de Mexico, en informant le savant docteur Ramon Fernandez, ministre du Mexique à Paris, de la participation à notre Exposition, délégua spécialement, en qualité de commissaire général, M. Diaz Mimiaga, ancien sous-secrétaire d’Etat au ministère des affaires étrangères. Cette haute personnalité n’a cessé de s’occuper avec la plus grande activité de sa délicate et difficile mission, et les visiteurs qui viennent à Paris de toutes les parties du monde, lui doivent de connaître à fond les magnifiques ressources des Etats-Unis du Mexique.
Le palais de la République mexicaine emprunte à l’ancienne civilisation du pays les motifs principaux de sa construction, dont l’ossature en fer est totalement démontable. Ce palais, dont la forme farouche reproduit celle des anciens téocallis aztèques, intrigue fortement les visiteurs naïfs.
Représentez-vous une masse pyramidale dont les façades ont 70 mètres de long sur 15 de haut sans aucune autre ouverture que le portail d’entrée. Ce portail, qui fait tout l’effet d'une gueule d’abîme, vous fait pénétrer dans l’intérieur éclairé par un toit vitré. Sur les façades pleines, M. Anza fait courir des dessins géométriques scrupuleusement copiés sur les anciens monuments. Douze grandes figures en relief d’un très grand et très saisissant caractère occupent, sur la principale, des cadres ménagés au milieu de ces lignes brisées. Les unes représentent les anciens empereurs du Mexique; les autres les dieux de l’empire, ces dieux auxquels on immolait par centaines des victimes humaines, dont le prêtre ouvrait la poitrine avec des couteaux d’obsidienne.
Les produits exposés sous la direction de M. Diaz Mimiaga sont intéressants à ce point de vue surtout que depuis vingt ans le Mexique a fait des progrès industriels excessivement rapides. On le voit principalement par son exposition de bijoux qui ont perdu la candeur d’autrefois et par les filigranes qui sont incomparables.
Qui dit Mexique, dit or et argent. Les minerais sont donc abondants, mais ce qu’il y a de plus curieux c’est l’extrême variété des produits de l'agriculture. Grâce à la différence de ses altitudes, le Mexique produit les plantes du tropique, de l’Équateur même, à côté de celles des pays tempérés ou froids. Le bananier, l’arbre à pain, le palmier à cocos, la vanille, le cacaotier, le caféier, la canne à sucre, l’indigo, le coton sont des richesses aux-
quelles ne le cèdent point le maïs, le froment, l’avoine, l’orge et les pommes de terre.
La fabrication des étoffes de coton s’est aussi développée, comme la fabrication des étoffes de laine. Vous pourrez voir en effet des manteaux, des couvertures, des draps de qualité aujourd’hui supérieure. On y trouve également des bois de teinture, de construction et de placage.
Mais nous n’avons pas le loisir de nous étendre ainsi sur chaque exposition particulière et nous passons.
l’équateur.
La participation de la République de l’Equateur à notre grande Exposition a été assez laborieuse ; il ne fallut rien moins, pour vaincre certaines résistances, que l’élection à la Présidence de M. A. Florès, qui secondé par les souscriptions de ses concitoyens, établit à Paris, en dépit du Sénat équatorien, une commission pour s’occuper de la construction d’un pavillon et de son organisation intérieure.
La présidence de cette commission fut naturellement confiée par le gouvernement à M. C. Ballen, consul général de la République à Paris. Grâce à l’activité déployée par cette commission, et notamment par son secrétaire, M. Enrique Dora y de Alsna, consul de l’Equateur à Saint-Nazaire, les travaux ont rapidement marché, sous la direction de l’architecte, M. Paquin.
Get édicule est un tout petit temple carré ; les crêtes en points d’interrogation qui le couronnent'
les oiseaux chimériques de la frise, les masques humains aplatis qui encadrent les portes ont été faits d’après le moulage que nos explorateurs ont apportés au musée du Trocadéro. On ne pourra donc pas contester l’authenticité de ces ornements. Quatre grenouilles colossales gardent l’entrée de cette réjouissante construction.
A l’intérieur, somptueusement aménagé, sont étalés les riches produits agricoles et minéralogiques de l’Equateur, des étoffes, des broderies, etc.