BRÉSIL
Nos architectes avaient à résoudre pour cette construction l’étrange problème suivant : « Les concurrents seront libres de donner à leur composition le caractère architectural qu’ils croiront devoir convenir à un édifice destiné à l’exposition des produits naturels d’un empire latin et américain, particulièrement riche en matières premières d’origine minérale et végétale. » On conviendra sans peine que ces idées générales ne sont pas précisément faciles à écrire dans une façade, et il n’est pas certain que M. Dauvergne, l’architecte choisi, ait réussi à exprimer tant de choses. Il lui a suffi d’élever un magnifique pavillon composite dominé par une tour de 45 mètres, pour que le Brésil soit content.
A l’intérieur, le règne minéral, si riche et si varié dans l’empire sud-américain, y est représenté par les plus beaux spécimens de diamants bruts et de pierres fines. On sait que le Brésil est le pays où l’on trouve les diamants les plus gros et les pierres fines les plus estimées.
Le règne végétal y étale les produits les plus variés en bois de placage, de teinture et de construction ; en écorces et plantes médicinales, etc.
A ce pavillon est reliée une serre, où pendant toute l’Exposition le public admirera les collections des plus belles de ses fleurs, et Dieu sait si la flore brésilienne est éclatante et variée ! A côté de la serre est une pièce d’eau dont on parlera. A la surface s’épanouit une des plus grandes curiosités végétales du Champ-de-Mars. Des tuyaux y versent de l’eau chaude qui entretient constamment à 30° la température du bassin. Grâce à cetté température tropicale, on y voit, pour la première fois en Europe, fleurir à ciel ouvert les victorias regias, dont les feuilles étalent sur l’eau des plateaux de 1 mètre 50 de diamètre et peuvent porter un petit enfant.
En sortant du Brésil par la serre, on se trouve devant l’exposition du Mexique.