Les coulisses du passé
GouniLLB IbnUletoiiitte. — Mo&itaB, nioraltet» oonjugal. po8|^ é» et poSle potHnne. — Racim, — ÀMérmâfUê et l6f emlnmm da lemps; — le Btfêtet hisMqod Sêtkêr; — qutlqiiii' von inconmif V. d«t PlaUemn.
\ J'écrivais, il y a quelques années, dans un de mes fenil-
^g/ letons : « Le jour où elle (la Comédic-Krançaise) trouvera l^unc actrice capable d'interpréter le rôle de Médée (qui ' dasieure un des phis beaux qu'ait écrits Gomeilie), elle abra les premiers éléments d'un intéressant spectacle d'aaiiiversaire. » Le théâtre a donné eu partie raison à mon vœu en faisant dire des extraits de Médéê. Mais je lui reprocherai de n'avoir pas joué l'œuvre entière et de nous avoir fait assister à une lecture de morceaux
LCS COULISSES DU PAflSé,
choisis de Corneille. On eût cru à umi distribution de prix avec ivcilalioii eu costumes et je n'eusse pns élc éiOAué de voir distribuer à Véiève iùniiio Uuyou uue couroAue de lauriers et un in-octaTO proprement relié, — lorsqu'on Ta justement rappelée.
Je sais d'avîuice tuutos les objections que l'on pourrait faire à une reprise de l'œuvre intégrale. La pièce de Corneille est faible, inoohér«nte, parfois ridicule. IjS sévérite est non-seulement de droit, mais de devoir, pour un ouvrage dont Corneille parle lui-même dans une préface, très-postériaurd à H tre||ééie» «fVM une rigueur aussi sincère que Venthousiasme naïf avec lequel il applaudit à ses chefs-d'œuvre. Voici des fragments du iouillalon du grand homme à sou propre endroit :
« J'oubliais à remarquer que la prison je me&s ^gée est un ^[^ectacle désagréable, que je conseillerais d'éviter oes grilles qui, c'loii;uaiil l'acteur du spectateur et lui iMK^ant toujours plus de la moitié de sa personae» ne manquént jamais à rendre son action fort ianguisBUite. Il arrive quelquefois des occasions indispensables de faire arrêter prisonniers sur nos théâtres quelques-uns d e nos principaux acteurs ; mais alors il vaut mieux se oontentec de leur donner des gardes qui les suivent et B*af faiblissent ni le spectacle ni l'action, comme dans
Polyeuclo et dans Jlcruclius. J'ai voulu rendre visible ici robligation qu'^Egée avait à Médée ; mais cela se fût mieux fait par un récit.
« J*ai féint que les feux que produit la robe de Médée, et qui lait périr Crcou et Creuse, étaient invisibles, parce que 4 ai mis les persouaes sui* la scène dans la oataa-> tropbe« Ce spectacle do mourants m'était nécessaire pour rempUr mo.i cinquième acte, qui sans cela n'eût pu atteiudi'e ù la longueur ordinaii'C des nôtres; mais à dire
GOmilULLB, jHMiiilBBj HàOlllB. B
fomil ii n'a VetM que dtfnmide la tra^die» «4 et» êmim iD0iii«iite ImportiuMot pfiis fi«r leam orîs et pai* leurs géiûlistiiieiils, q^u ils U6 fout pilié par lour.^ mai> Iteurs. »
(Gttle naïf «lé «vae kujnaltaOarAeilla a^miia qu'il a nmpli tout le cinquième acte de massacres, uniqueiMii pour kiî donner la longueur voulue, absout un peu les auteurs fie nos jours qui donnent inévitableiueui fit à tout piix àlauf» piècaa la dùnsaairo a&igiUe pour oaauptr MOka l'alfiolw.)
tt Quant au style, il est fort inégal en ce poëme ; ee que j'y ai mêlé du mien approche si peu de ce que j ai Iraduil da BémèyiB qaCû n'eat point beaoin d'au BMttre la toute an mwfa paur faira dlsceruar au leotour ae qui est de loi ou de moi. Le temps m'a donné la moyen d'amasser assez de forces pour ne laisser pas cette diffé- Btaaa si visible daoA le Pompée, où j'ai beauooup pria éa Luaaki^ al m oraa paa ^ra demauré fort au-daaautts de lui quand H a fillu me passer de son saoeura. »
11 est diiiicilu de s'f'reiiilcr avec plus de candour et moins d'arrière-pensée. Les défauts de la tragédie de Ck)meiUe sont iak qu'elle ne 8*est jamaia relevée, et qu'on a préféré, pendant un aiMa ai demi, maintenir au répertoire (tout enfant, je l'ai encore vue jouée, à l'Odéon, par W^*^ Georges) une horrible platitude de Longepierre, dans laquelle teMU disait, en parlaul da aea tÊs, que Médée luireproehait dé ue pas.eiiner :
le veux I6ii# faire 1m sort.
nn'i^uftait paa (m*lB aa aÉtpu attendra) qa'U les
enverrait à l'école des cadets. L'auteur était un poëtegentilhomme et le precepteur du duc de Chartres, depuis duc d'Orléans 6t régent. Obi^^ daa épigraunitea da J.-B.
hm G01IU88KS DU PAMHÉ,
RoQsseaa — et de RaoûM, à qm il donna lieu d'être
ingrat une fois de plus (car, dans un parallèle entre les deux grands tragiques du dix-septième siècle, il avait donné l'avantage à Tauteur à*ipbigémë^ Liongipiem mourst, A nn peu plus de soixante aas, liehe, médlœre
et considéré.
Je persiste à croire qu'il y avait dans la Médée complète de Gomeille une étude intéressante et ourieuae. Le publie. aurait dû couvrir d'un pieux manfanu les nudités
fâcheuses du patriarche tragique dans les nombreux moments où il sommeille» — mais du moins il l'aurait vu parfois vivement se réveiller. Le rôle de Médée est d'un immense effet, parce qu'il met en scène les passions les plus vivantes du théâtre : l'amour, la jalousie , la vengeance.
Voilà des vers qu'il me semble bien n'avoir pas entendus an Théétre-Français (je n'ose cependant en répondre); en tout cas, ils sont à peu près inconnus, et le leotevr jugera du parti que peut tirer une actrice de ces mâles accents auxquels, pendant un siècle et demi, on a préféré les pitoyables alexandrins de Longepierre :
où me renvoyez-vous, si vous me bannissez? Irai-je sur le Phase, où j'ai Iralii lufm prre. Apaiser de tuon sanp les mânes de mon frère ? Irai-je en Thessalie, où ie meurtre d'un roi Pour victime, aujourd'hui, né ûmmàB que mal t n n'est point de cUmet dont mon amonr ISatale Vait acquis à mon nom U kalne générale ; SI oe qu'ont fait pour tous mon savoir et ma main, Va liit un eitnemi de Int le genre homain.
Prodigue de mon saDg, honte de ma liimiUe, Àussi emelie scMir «at déloyale fille, Ces tUrei i^rfeux plaisaient à mes amours ; Je les pris sans horreur pour oonsemr tes Jours. Alers» certes, alors mon mérite était rare ; Ta Maie p<^ hontaas d'une fsmme harhare.
Dlgitlzedby Go(i^^l
CORNEILLE, MOLIÈRE, RACINE
Quelle admirable ûmiie 1 quelle simplicité grandiiMMi!
Quand, à ton père usé, je rendis la vigueur. J'avais encor tes vœux, j'avais encor toa cour; Mais cette affection mourant avec Pélie, Dans le in<^nic tombeau se vit ensevelie ! L'ingratitude en l'âme, et l'impudence au front, Une Scythe en ton Ut te fut lors un affront ; It mol, que In iédra «Taient tant soolwitéa» Le dragon asioai^ la toiion emportée.
Ton tyrai masaacré. ton père rajeuni, Je devins un ol^et difiie d'être banni. Tes desseins achevés, fai mérité ta haine: 11 t*a fallu sortir d'une honteuse chaîne Et prendre une moitié qui n'a rien plus que mol, Que le bandeau royal, que j'ai quitté pour toi.
Qui est-ce ({ui u'eiitead pas là mie iiachel soulevant trois salves d'appiaudissementst et les ohefs-d'œtivrt de Corneille ont-ils quelque chose de plus complet que les
vers qui suivent?
On ne m*a que haanie 1 ô bonté touterakiel
C*eft donc une tàywt, et non pas une peine t
Je reçois une grâce au lieu d'un châtiment, Et mon exil enror doit un remcrcîmont.
Ainsi l'avare suif du brigand assouvie, Il s'impute à pitié de nous laisser la vie : Quand il n'égorge point, il croit nous parduuucr, Et ce qn*n n'Ote pas, il pense le donner.
On a eu du moins le bon goût de donner, rue Hichelieu,à M^^Guyon, ces lambeaux de rôle mutilé. (Médée qui^ de son vivant, a fait déchirer m morceaux son frère ABsyHhe, sans compter Pélias, a dft se retrouver là
dans sa spécialité.)
Cinna nous reporte à des particularités tsses curieuses. On ne sait pas généralement que la ao&ae de Cinna et