‹ Les coulisses du passéChapitre 2 sur 70 · UM G0ULI8SS8 DU PAS8B · texte numérisé non relu

UM G0ULI8SS8 DU PAS8B

d'Anfiisie n'est qm la misa eu vers de la fcr»diiaiifui d*na passage de Sénèque, par Montaigne. C'est en tète de Cinna que se trouve cfjalement cette dottlonreuse dédicace

où Corneille gorge d'éloges le li aitaiit Muiiluron — pour son argent. A défaut de Louis XIII, toujours hors de concours par avarice, Monlorop, au prix de deux cente pistoles, avait soumissionné dans l'antichambre de la tragédie de Corneille les immoi^talités de la préface. Ce Montoroù était un bien plaisant original. M. Edouard Foumier, da^s son surieux travail (1), essaye de le réhabiliter en même temps que d'excuser le poOte. He dernier est excusé par son temps, où les écrivains n'avaiont pas l'émancipation eiviie qui leur eût permis de tirer parti de leurs ouvrages et de s'en faire de oes fortunes que tant d'intelligences de second ordre rencontrent aujourd'hui. ijQ grand siècle était mineur. Cjuant à Montoroù, il avaii non-seulement la manie de protéger les gens de lettres, ee qui avait son côté louable, et malheureusement nécessaire, — mais il fiimait vaniteusement à frayer avec les grands seigneurs dont il subventionnait richement la familiarité. Aussi il s'y ruina» Il y avait du bourgeoisgentilhomme sous la perruque de ee Mécène burlesque, empruntant aux poètes leurs lauriers ^iour cacher des oreilles de Midas.

Boileau estimait que PolyeuetB était le chef-d'œuvre de Corneille. C'est, du moins, la tragédie où revit le mieux le dix-septième siècle «eus ses doux aspects : religieux et tendre, mystique et quintossendé. La foi Janséniste des

Arnaud , dont nous retrouverons plus tard l'ardente coti- Ire-purtic daus le fuuatisme du père Letellier» semble

(f ) 13m«W9 à is mu StM-OtoeA.

faÏFe pulpiter de .son anlonr i'ortiiodoxio «'lircliennc du rôle de Polyeucle. La passion épurée» ïù sentimeAi acadé* miqae de ces instituts de salon eontemporains Tonés au culte du rendre, élèvent et frensfij^'ureiit, (!an8 entre* tieas de Sévère 6i de PauUue, leurs deiicateâtteâi uu peu maniérées.

En tenant compte des nnances indiquées tont naturellement dans la confession des persécutés, il semble que le chef-d'œuvre de Coroeiliej si profondément empreint du double eqirit de son temps, s'aocommoderaitcompléla* tement de la définition dt oe sons-titre : Port-Royal et

Rambouillet.

Aussi la pièce lue par Corneille au célèbre hôtel y déplut précisément par ces cétés qui ne s'en inspiraient pas. On y applaudit bien autant que la bienséance el la grande réputation de l'auteur Pexigcaient; mais, quelques Jours après. Voiture vint trouver l'écrivain pour le mettre en garde contre les illusions de ce courtois accueil» at lui avoua que le christianisme dans la pièce avait extrêmement déplu. La religion Ho ces précieuses do qualité s clait effarou^ée. Ghes Guyon i'iUuminéai dans la au» jet, c'est le sentimnt qui awpait dHKttté.

De là le désespoir de ("orneille peut-être, d'îiprès ce que nous savons de lui, plus alarmé encore oomme chrôfienqna samme poète, dala oondamnation qaa lai même il lança eonlre sa pièee, at qu'il ne révoqua que sur l'a^

d'un obscur comédien dont le nom n'est pas môme conservé d'une façon sûre. Se ûgure-t-on les oraoles de ce Temple du goût cassés dans un ^iaoda du fiêmikm 9Êmd* fuef

Il était écrit que Poiyoucle serait toujours l'objet ou roeoaaton de soandales ou de persécutions* Comeilie a em deireir, par sanipule ou prudanoa» an lahaaalMr qua*

LSë GOVLISSBft VU PâSSÀ.

tre vers que l'administration du Théâtre-Français devrait biea nous rendre aujourd'hui :

Peut-être qu'après tout ces croyances publiques Ne sont qu'iaventions de sages politiques Pour contenir un peuple ou bien pour rémonveir St deseus fa Ibiblesse affermir leur pouvoir.

Parmi les chefs-d'œuvre, on écoute toujours avec vu

intérêt particulier ce Polyeuctc que l'auteur écrivit Vannée de son mariage, comme pour persoanifier daas Pauline les chastes infidélités de son cœur, ignorées oii pardonnées de la ménagère. M"^ Corneille était aimée en prose — ce lui sufiisait.

Aujourd'huii Corneille n'aurait plus, sur la scènei à craindre les arrêts de l'hétel Rambouillet, mais la concurrence de Fhétel Bréda.

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