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fut peintre, machiniste, ohtf d'orchestre, et ce qu^on appelle aujourd'hui maître de ballets.
Schlcgel juge autrement Ksehyle que ne le lait Laharpe, et se gai'de bien do trouver le sujet de Prométhéo c monstrueux », comme l'écrit naïvement Tauteur du Lycée. Si c'est là renfaae» de r«rt, avouons du moins que nous entendons des vagissements de géant.
11 n'y a pas à séparer, d'ailleurs, chez Esehylc, le pooto du soldat. Plusieurs de ses pièces sont des hymnes où
Tpiéti dialogue. Qe ftont ses blesfttires qui lui sauveront la vie, lorsque, accusé d'avoir violé les mystères de Gérés,
son frère Amini as évoquera plutôt les souvenirs de Platée que le succès d'Agamemnon , et montrera le bras cicatrisé de Taccusé. Eschyle était de plus le frère de Gynégyre, — le mutilé triomphant , — autant au moins que le prédécesseur de Sophocle.
Les Perses sont une détestable tragédie qui ne supporte pas plus l'analyse que rexamcn. Dès la seconde scène, on apprend le seul événement de la pièce, et tout le surplus de la représentation se passe à le déplorer. Mais c'est un monument magnitique à la gloire d'Athènes et de la Grèce; c'est l'histoire fixée par le génie; une colonne commémorative élevée avec des strophes*
Quant à Prometbeas eocbatné, c'est peui-ètre la composition la plus émouvante d'Eschyle que cette grande protostation de rintelligence contre l'omnipotence brutale 0i l'absolutisme divin. Rien de plus lugubre que cette première scène où les deux bourreaux envoyés par Jupiter, l'un sans remords, l'autre hésitant, gaiTOttent et rivent Prométhéo dans les chaînes sans que celui-ci ait dit un mot. Si c'est la rù^jlo traditionnelle permettant au plus de faire parler deux acteurs à la fois, qui motive le silence terrible de Prométhée, celte fois les conventions restric-
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tives de l'art, contre l'habitude, oat servi le poète. Quand l'humanité entière abandonne le condamné» les éléments se soulèvent pour lui. Les vagues ont des voix pour le plaindre, les ilols prennent \n forme de nymphes Océanides, toute la mer n'est qu'un pleur immense.
Le livre suffit à faire comprendre combien Racine s'éloignait des sujets de Fantlque lorsc^aô, en fttàUmi des sujets contemporains de ceux éerœutre d'Eschyle, il fait parcourir à l'amour toutes les notes, depuis celle de la galanterie en perruque massive, jusqu'aux fureurs de la jalousie. L'amour est à peu près inconnu cbes Eschyle, n a pas à coup sûr, â se plaindre, même en reconnaissant l'abus, que Racine ait fait vibrer tant de cordes tendres et passionnées^ inconnues chez l'auteur de la trilogie de iOreatie, mais il suffit d'un simple passage de VÂgtanemnon pour faire comprendre toute la diversité des deux génies : c fit le père, « dit Glytemnestre parlant d'Iphigénie t ordonna aux: sacrificateurs, après l'invocation, d'étendre sa jeune fille sur l'autel, comme une chèvre, enveloppée de ses vêtements, et la téte 'pendante, afin d'étouffer sfNi im^éostioiui taiMits mvàm m
mille. »
Nous voilà loin de la douce résignatiou de la fille d'Agamemnon dans la tragédie de Racine :
FM-étra auez d*hoaneurs environnaient ma vie Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût raTîe.
Mais il suffit de cette phrase pour faire comprendre l'implacable ressentiment de Glytemnestre. Le meurtre d'Agamemnon devient concevable pour les spectateurs,
et le grandiose sauvage touche cette fois à l'habileté.
Voici dans la nouvelle ti adiu'tion de M. Leconte do Lisle la scène de la mort de Glytemnestre. Remarquons t^ue