‹ Les coulisses du passéChapitre 18 sur 70 · LES RIVAUX D£8 GRANDS HOMMES · texte numérisé non relu

LES RIVAUX D£8 GRANDS HOMMES

toiliaft Im nombreuses aiialo|;ies qfù preueat Pradon en flftgrftnt délit de pla^t.

Per un eentiinenl de réaelion inévitable, on a applaudi avec enthousiasme, «à la Gaîté, ce récit très-inférieur comme ampliûcation de rbétoriquOt à celui de Hacine (les deoxnoreeenx ne sont |mw autre ohoae). Celui de Predon a fonrtant une cfirtaine brutalité ^ ne man^pi* f«e d'effet.

Les ressemblances se multiplient, so pressent^ et toutes, il iani le dire, an désavantage de ce dernier, sanf dans se vevn fai tend aveo une expression mâle une idée de Thénés un peu dtttqfé^ dans Raeine :

tt (Bi|ipolyte) pfttiul uû coBur Iiuiiiaiii four me Mtoaorer.

IéS sort fut sans pitié pour Pradon, — il donna un auooés à eette rapsodie et le droit à l'auteur de s'en enor*

gueillii'. Ce dornier eut la honte des intrigues elTrontees ^ le protégèrcut, et la respousabiiilé du silence fatal saqpiel RaeinOi écœuré et découragé, se condamna i^rés son «uvre la plus liardie et la plus émouvante. La tragédie de Pradon fait ressortir la Phèdre, justement consacrée , par ses défaillances perpétuelles; — elle châtie Racine par les ressemblances de mauvais goût qui tiennent aux influences du temps dont un grand talent n'a pas su ' MSés s# défnadro #t fse Ptaden siAAI «vesls docilité de la médiocrité.

Les mômes fadeurs s'y retrouvent ; la Divine princesse de Raeine csl même quekpie part dans le bouquin de Pradon, où les préfaces, par parenthèse, sont assez curieuses. Celle de Phèdre et Hippolyte est une pièce essentielle du procès; et dans une autre, celle de Tamerlan (où Pradon se loue comiquement d'avoir fait de l'exterminateur tarière un i honnête homme »), l'allusion à un illustre rival.

au professeur de la Ghampmeslé, est évidente : t Peut-être elle (cette tragédie) vivra-l-elle autant sur le papier qae certains ouvrages qui ne tirent leur succès que de la déclamation dont Um auteurs sont les maîtres et qui ne

réussit que pour eux. »

Pradon, tout eu enflant la gloire de ses triomphes, attribue naïvement» tantôt a l'envie» tantôt à la maladie d'un de ses acteurs, les insuccès dont il est victime. D est è

remar(|uer que ses préfaces constatent qu'il a recouru aux sources historiques ou tragiques. Elles contiennent des citations latines et ont môme une affectation d'érudition qui pourrait bien faire douter de Tauthenticité de la réputaliou (l'ignorance qu'on lui a faite. A coté de bien des illusions puériles, de récriminations gratuites, il signale certaines acrimonies, se plaint môme d'obstacles matériels mis à la publicité de ses pièces et qui prouveraient que, dans ses querelles avec Racine et Despréaux, tous les torts ne furent pas de sun côté. En définitive, si les trop rares qualités de Pradon ne peuvent obtenir grâce pour ses défauts, il n'a peut-être pas mérité que son nom devint ^ ce qu'il est encore :

Dans lei raoes fittiiras.

Au plua oniela riMeart une craolla iqjara.

L'oubli pour Pradon n'eût pas été peut-être une trop criante injustice , mais il n'avait pas m^ité la rigueur de

l'immortalité 1

THÉATBE ANTIQUE ET ÉTBANGER

Eschyle, Aristophane, Sénéque le tragique, Lope de Vfga, Alarcon, Caldbron, Shakespeare, Lessing, Kotzeuie. — Lq Si ruemee, de Michel Beeb. — La comédie italienae. — Théâtre indien. — Histoire uniperselle Ailiétffrv,pftrA.R076r. — aimt HcmcsoDjufiemoiK mr Shiketpem «i iM drwntCiirgw firançais.

M. Tjeoonte de Lisle vient de publier une tradaetion

saisissante d'Eschyle dont M. Bouillet nous avait offert déjà une versioa iutéressaate autant par le mérite de la reproduction française que par les études dont il Ta accompagnée. M. Leconte de Lisle a donné son travail sans note, sans préface. On dirait qu'il a voulu nous présenter Eschyle sans vêtement, et la vigueur musculeuse de sa naturalisation du tragique grec donne raison à la simplicité du procédé.

Eschyle ne se discute pas, et Ton sourit lorsqu'on voit Laharpe condamner les Suppliantes ou les Chefs devant Tbèbes, au nom de la règle classique qui veut un développement régulier — et modéré — > de Taction, lorsqu'il applique à cet Homère du théfttre le cordeau avec lequel il jauge Campistron et Lagranj^^e-Chanccl.

Un seul acteur avait droit de paraître sur la scène antique, lorsque Eschyle poussa la licence du génie jusqu'à en faire parler deux à la fois. De plus, Eschyle eut tout à créer au point de vue de la mise en scène. Il

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