‹ Les coulisses du passéChapitre 33 sur 70 · L.iyiii^ca Uy GoOglc · texte numérisé non relu

L.iyiii^ca Uy GoOglc

mais qu'importe I le pays où 80 joue le drame, c'est THumanité), Lear se voil abreuvé d*outrageB et de dégoûts par ses filles à qui il a tout donné. C'est là qu'éclate cette

malédiction suhiimo jetée sur la proiiut're des deux, ingrates. Que souhaite- t-il à la créature denatui'ée ? La déchéance de son pouvoir, l'exil, l'esclavage, la moi*t? Non, coupable envers la famille, c'est dans les instincts

de famille qu'elle doit être frappée. J'emprunte cette malédictiou à Téio queute traduction de M. Jules Lacroix :

LEAR, les yeux au ciel.

Entends la voix d'un père, KDtends ma Voix, Naturel ù divinité chèrel Si tu la destinais à la maternité, Arrête 1... Dans suu sein mets la stérilité 1 Do la prodneiion desftehe 1m organes!

QuA Junaii na enfont, né de les llaoet praTanet, Ne rhOBorel... Ou. t*U fiittt qa*eUe conçoive un joor, Forme son nourrtoion de haine, et non d'amour I Pour vivre le toiimiOnt de sa mère, qu'il naiss^ Qu'il impnino la ride à ce front do jeunesse, Et la trame à plaisir de nuillieur.s en niallieursl... Dénaturé, pervers, sous le lorrent dus pleurs. Comme im champ dévasté, qu'il lui creuse la joue; Dm sanglotf d'une mdre en larmes, qu'U se joue, El tourne ses bienfaits en mépris douloureux, Pour qtt*elle apprenne enfin combien est plus afEreuzy Plus déchirant encor qu'une dent do vipère, Ue mal, enfant ingrat» que tu fus à ton père.

(.1 êa êuUe,) Partons.

Mais rimpiété ratleud partout. La secoude ilUe do Lear met sou envoyé aux fers et chasse ses serviteurs. Alors Lear fuit seul, affolé, dans la lande, sous Torage et la pluie. Alors, la plus effrayante scène qui ait jamais remué une usseiublée d'êtres civilisés. Le roi, la tète uue, seul, acoom{>agné seulement d'un pauvre bouffon qui compose toute sa cour, — grelot £ôlé qui peud a cette pourpre en

TU£ATH£ ANTIQUE I^T ÉTRANOli^H.

laoïbeaux, — lève sa iôte ruisselante de pluie et ses yeux gimflés de larmes vers ee eiel indéoieat» mais jnstat qui punit son aveuglement.

Gronde, vida sur moi taê gonfflrM ptoliis, ortg« 1

Plnto al vaat» Jiilliuez ; élémenu, frapfw toof;

le ne vous taxe pes d*iiigf»tiuide, vous l

Tonnerres, ouragan, monstrueuses familles,

Pluio »;t fuu, vents, frappez 1 vous n'ôtes point mes lUief*

Vous qui me torturez dans vos jeux tnomphiUiU

Je ne vous avaii* point appelés mes enfants.

Je ne vous ai donné ni sceptre ni couronne,

▼oof ae m» dem rien» Frappez.

Mais ce n*est pas assez de risolement dans la nature,

du froid qui le glace, de la lenipète qui le soufQète, de la pluie qui le noie, de la faim qui le dévore ; peut-être un qpectade plus effrayant doit igouter aux horreurs de oatte apoealyp&e, — c'est la tempête morale , c'est l'isolement intellectuel de riiomme, privé de raison. Un misérable ti demi iiu apparaît, qui ne conserve pluâ que rinutinet de k mendicité, — un prodigue déehu, un Alcibiade qui n'est môme plus Diogène. Cet homme est jeune encore» et L«ar, dans sa colère nioiiomaue, lui demande si ses iiUes l'ont ruiné. Il retrouve partout, Jusque dans le désert» l'ingratitude de deux monstres.ll n'y a pas de pierre sous laquelle il ne voie ramper ces deux vipères. Mais la contagion de cette insanité allciut le vieux roi à bout de force. — Ses rires insensés répondent aux sarcasmes eonvulsifs du pauvre Tom; la dernière décUéanoe s'opère poar Lear 1 Tombé de son trône, — chassé .de sa maison» il ne lui reste plus qu'à être détrôné de sa raison! Jamais la pitié, jamais Tépouvanto n'ont été poussées plus loin au théâtre.

^ Mais les destinées s'accomplissent, — Lear qui avait eu

trop peu de soin de la misère de son peuple, — toutes les

134 liËB GeULiSflBS DU PICSSÀ:

fgtÊké&ê Mé^tm MA ésm Shttk^SffcikM, a dû eoitiiiif ti^ mi-mêin* M iBiséM rd^tfiidoli.' It M cUtturé U ftëtlle flHe

qui raimât, méconnaissant sa tentlHfSsë! H lf9 fl(fit fs trouver que pour la voir muurir. Est-il une plus navrante légende, qae oe roi ai^ortasl dans sm teaa sa ûlle livide» épiant son haleine UMnIt; ëKèl^llitttt ttûtm tttk iHouvement sur ses lèvres Iroitiés, s'^criânf Svec rage : c Pourquoi un chieui un choval, un rat,- ont-ils la vie; cjuand tu n'as même plus lë ddUfllët émm j^^ Ihà éângloto de son eœnr qui remontetttf dMaandant an ailiea de ses lamentations désespérées, — quel admirable sentiment de Id fôaîité! — qu'bti M tféfas^è Vé bbufon qui lui étrangle la gorgé; et exj[<ir«nt ëilÛn, ~ dans un ra;^on de Id cléifteitêë ûmie; ^ 18 f6dtttt t 6a ftlltr. « L'étbitnidit; 6H nm; &tM (ftfll att «otrtfëH si ftfnt^ëMtiâ, if: tutJftfitif ix xtk: i H est iihposëiblfe de finir j^ar uit plùs bëKti trait. Il ëst impossible de blorb pàr Un dénoûment d'une riitii'alité pm mtibïe ët pittd évddgMiqùé i Itt îoiÈ ttttë (feiTM j^tts gràdlliOM ei plttd sdi^d^nte.

tlh hottltttfe dë talënt, doiit leé travaux honoi-a])les obt lutté, paibfoië ^tiM réstiitat, contrO dë^ ihfluëbces âlitiliiiémèa; Eflë Sdntâge; d tiahnë, &l 1844, ft l^Ôdëdd, Ifl fcdlfÀbtattoti a^ee M: Dùhontme; tih ttoi Lêàr, joué

par Rôîiviôre a^aît Bëlfndmip des qualllés qu'il fallait jj^ànt jouer l'insensé coijlronné. Leë principales scènoâ de Bti^këâpëâi^ ëtaleut rëtifddditéd ûm lé dl^ë aved lii- (ëtli^cë, ëf lë rôlë Ah fi>d sfitrîtiielteiilëlit dêvëloppé. J*y ai regretté rabsencc du prologue de Shakespeare, — SI nécëssaîfe poiir la elâiHé et la logique de l'actiori, — è1 la banalité A ilii dénoftment bëiirëM.* Il jf ë eb tfHëdi dit Bot Lear au Cirque (direction de M. Billion) joir^ t)af 'tHU lade. Je ne sbië rappelle pluâ le nom dë rairàiigeur ; iiiais

la tentative fal des plM ninlheufowiat, filte 641 êMpro-

mis Shakespeare, si la (4iose eût été possible.

A travers quelques lenteurs, malgré un peu de monotonie inhérent^ gL i'açtipq, c|, ^ pa|:'t pjQrti^iu^ rpgl^ du texte de ToBum primitive impeMibie, il laiU Tavover» à transporter intégralement sorla scène, la traduction libre de Jules Lacroix est d'un puissant effet.

Ail uasUr de cet écrasant spaciacle, j ai eu la curiosité, QB pan anipUa, da relira iê. tragédie éiluliM^réa da Rmtin, il f a bi^ dm le Mb à» LeacgiiaiqBe reaagayaairtoiatahi du pathétique dn tragique anglais. Qn y retrouve une imitation atténuée du terrible nnathème de Lear à Voluerilla (sic). Lear sa haaardfi même, r- quelle audaaa 1 m* à dise à Noralèla, le vortal pavvca al vartoan qui a oliart on aaila, aaaa 40a Laar ia aaaiM» à Goidelia,

i^urfii-tti donc apssi donn^ tout à tep filles? Mais qaéi grotesque travestisseinQa^ 4^

lUiBUl JQlm» \ Qnié^ éê^rifa ifaliRoiiA»; «lU réèigiéf danp nua caverne ro^^}é^, oA m pèi» la imi-

tr^uve. Voici eu quels ternies, louables comme seiUimiiA rar« oftïv^té dans la ^luns» ^Uo cxpriiof

w U fe« iddf» pMm !• ftoa iiite «liiuifT

SimMÂ aâ ÎMA^no^ fi

helhoum.

Ces bras qui t'ont reço, la caverne où noas somm^a, he mépris qui te cacho k )a fureur çlep bpiaiDqg« Ce di'plorublo lit, cùs roseaux, que du moiQ^ La pauvreté semible offrit à tes besoins. Ahr si par tos douleurs la raison t'^st ravie, ffef^ cpio^ ^ te wpfif je pcfif^fe if» yte.

{A% comfe), La Joar de la raim pent-il te rallnmert

iB «oim.

0 fii des Yéfétaax d^oè FaH aiH ai|||iaMi

LB8 G0ULI8SB8 DU PAB8K.

QMlqoM toef liteiilUstiitf dont la puUHÊêê mMm

■ILMOm.

Admirables présents» Tégétam: précieux.

Pour gaérir les mortels nés du soufOe des diem. Si vous pouvez m'entendre et sentir mes alarmes, Fleurissez pour mon père, et croiae» êoui msê iÊmeti

Voilà co qui pourrait s'appeler, il faut l'avouer, l'arrosoir de la sensibilité. Inutile de dire que « Helmonde » eei sauvée à la fin; elle époose Edmond» le fils du comte de Kent, — et anfa beaneoup d'enfants ; espérons qu'elle no fera pas, flu moins, d'enfants littéraires.

Disons vite, pour ne pas trop tout laissera l'Angleterre dans cette comparaison, qae si Doois ne s'élève pas audessus du médiocre dans la littérature, nul écrivain n'a plus honoré que lui les lettres par son caractère. Fidèle à ses convictions politiques, c'est do Louis XVIII seul qu'il voulut accepter, à quatre-vingts ans, le ruban de la Légion d'honneur et un peu d'aisance.

Il succéda à Voltaire, à l'Académie, le 4 avril 1779. La matière ne lui manqua pas, on le comprend, pour parler de.son prédécesseur; l'abbé de Hadonvilliers, qui lui répondity s'associa vivement à tout le côté littéraire de cet éloge et ne fit des résèrves qu'au point de vue auquel devait se placer naturellement le directeur ecclésiastique de l'Académie.

Nous voyons dans les lettres de Duois qu'il était fort préoccupé, aux répétitions du Boi Isar^ de Brisard, sur

qui reposaient les destinées du Roi Lear. Brizard était déjà vieux et perdait la mémoire. La préface de la tragédie est remplie de témoignages de reconnaissance du poète tragique pour l'acteur. Il est reconnaissant même, il faut le dire, envers Shakespeare ; — qu'il admirait tout en le défigurant. .

Dneis adorait aa mère qui avait bien toqIo se charger ,

de l'éducation de deux jeunes filles qu'avait laissées ù l'écrivain son veuvage. A ce sujet, la représentât ion du Roi Lear^ donnée pour la première foie à Versailles (1783), fîit Toceasion d'un incident tondiant et qoi fait grand honneur au duc de Luxembourg. Je le cite :

c Le jour de la représentation^ une loge fut mise A la di^osition de rauteor, pour loi et sa famille. U prit le parti de s'y enfermer aveo sa mère, reftunnt d'avoir tout antre qu'elle pour témoin de la vive agitation à laquelle il sentait bien qu'il ne pourrait échapper. Mais, en arrivant à Versailles, Brisard le supplia de venir loi fedre répéter son rôle et de ne point se séparer de lui qn'il ne fût entré en seène ; de sorte que M"* Dneis, qui comptait sur son fils pour l'accompagner au spectacle, fut obligée de s'y rendre seule et à pied.

« U parait que, troublée elle-même par les alarmes de son fils, elle avait donné peu de soins à sa toilette, ou que da moins ses ajustements avaient un air suranné qui devait sensiblement contraster avec l'éclat et le luxe des pirures qu'étalait, dans la salle du chéteau, la réunion d'une cour aussi somptueuse qu'élégante. Quelques jeu* nés pages, qui l'avaient rencontrée se rendant au spectacle ainsi vêtue, ne manquèrent point d'en taire la remarque, et, avec toute Tétourderie naturelle à leur âge, ils s'empressèrent de venir conter à leurs camarades ce qu'ils avaient vu, les engageant à se ranger sur le passage qui menait à la loge de M™® Ducis, et leur promettant un spectacle beaucoup plus divertissant que celui qu'ils^ étaient venus oheroher.

« M. le duo de Luxembourg, qui, tout en se promenant dan^ le même couloir, avait entendu, à travers les chuchotements de ces jeunes gens, le petit complot malicieux

iS8 un GomjssBS ou passé.

qu'ils projetaient» ne perdit pas un moment pour le faire échouer. Il sort aussitôt de la salle, oourt au-devant de |^B« Duels ^'il rencontre et reconnaît sans peine au sipaiement qu*il venait de recueillir, Paborde' avec le ton

le plus respectueux, lui offre son Ijras qu'elle accepte jusqu'à la lo^e» et là» en passant devant les jeunes gens ^ l^n 4écqntenanoé8 par sa présence : Measieun^ leur dit-iL je vous ai enteadoB toui à fheare exprimer le louable désir de connaître la mère de M, Dncis, pour lui offrir vos hommages, je vous préviens que c'est elle h qui f ai Tliontteur de donner la main.

« Aprôjs la représentation de la pièce à Versailles» qui eut un grand succès, les pages vinrent eux-mêmes demander pardon à Dik is, en lui ^vouant leui»s mauvaises intentions» si vite 4émenties.

Revenons au Roi Lear, L'assimilation de Jfnles Lacroix 3, au plus fiaut degré, le souffle de la conviction. Sa lijtte avec le grand Sh.ikcspeare rapi)cl]e celle que Jacob eut toute une nui^ cof^tre un archange, lutte (|ue Thomme soutifit yictorieu9emei).t cqjitre un esprit supérieur» mais gui, lorsque vinf le jour, le laissa, le nerf de la cuisse s3ch6 par l'attouchement surnaturel. — Qu'on ne s*é- (pnnq d.qnc ^|s de voir Jules Lacroix sortir de ce duel gigan|eq4ju^ qvef; craelqnes hémistiches qui» çà et là, semblent boiteux. J'en accuserais plutôt alors parfois la timidité que Taudace de l'imitation. Je n'en puis pas moins dire à mon vieil ami, à l'instar de l'appai ilion mif^ci^leu^ ^8 r^pn^S^Ç ' ~r Courage 1 Si vous ^vez été fort contre un Dieu, combien le serez-vous davantage contre les hommes I

La |)oésio échoveléc do Sliakespeare, comme un cheyal échappé, emporte avec elle son dompteur ; mais si celui-ci» attaché à ses naseaux fumants, perd quelquefois

terre, jamais il ne lâche le flamboyant coursier, et tons deux ont entraîné jusqu'au but le public haletant de ces grandes arènes.

On sait que VHamîet de Shakespeare a été traduit par Alexandre Dumas et Paul Meurice.

li paraît que lorsquq l'ouvraga fUt nnx ^médieu^ de la Gaîté par c6 dernior, rifppre^^ipn ^ut de^ plg^ (^idltfi.

quelle s*était ajoutée la valeur dei^ deiii^ esprits excellents

qui l'ont traduite V On alla jusqu'à désigner d'avance la

date précise fi ^FQphaine à laquelle iim^êi serait re^^ plsfié. On «^«seaMii lis «Niltiw Skuikf^poti» g^ l'^lftebf»; su n'osai! pas piésintar Al0xaiiAr« Pvpmis f^t Fapl Meurice au pulilic. Qn semblait dire : Nous sommes tombés en pleine hopA^t^té littéraire ; nmis 4«ua ft^Qiia c^Ur palilfls da déssQsa ot da poMa, «uns 99 psayoM» gpns donasr pou» I0 niMBsnt que le génie de SliakesiNNm* rrr mais soyez tBanqnUles, — cela ne nous arrivera plus.

Eh bien» cette pièce, — montée avec des décors du magasin» avec les costumes du mélodrame, aTOC un dair

de lune d'occasion, avec des armnres empruntées aux accessoires et un spectre cherché dans la troupe de ferblanc, apprise et jouée ù la hlite par des acteurs qui, pour la plupart, n'avaient foit auparavant que donner la réplique ft des |[)rotagoni8tes àe boulevard, — cette pièce, dis-je, a tenu attentive, charmée, passionnée, pendant cinq heures, la salle de la Gaîlé. 11 a pu y avoir quelques instants d'alanguissement de l'action, un appel un peu prolongé au travail sérieux de la pencRto, — mais jamais de dégoût, pas de nausées morales, — pas un moment réel d'ennui. Je ne parle pas ici des imbéciles

140 LM CSdULISSBS DU PAjBsA.

— ils n'étaient pas venus ; — Shakespeare pour eux : c'est reiàohe.

Quelle puiseaiioe prodigieuse, quelle variété inépuisable

de tableaux I Gomme chaque scène inexorablement vous prend aux entrailles I Et comme ce public, qui avait à expier les longues orgies, ou, pour mieux dire, les patiences de sa fantaisie, se montrait soumis aux effronteries sublimes de Shakespeare, respectueux devant ces monstruosités surhumaines. On eût dit qu'il ne se sentait plus juge, mais jugé. Le spectre bardé de fer a pu balbutier impunément, sans qu'on invoquât le traditionnel c casque à Mangin. » Les fossoyeurs ont roulé des crftnes sur la scène sans que rimju'ession pénible que l'on ressentait se traduisît autrement que par un prudent silence,

— interrompu ensuite par rentbousiasme, quand a éclaté la douleur d'Hamlet, inondant de baisers et de pleurs les joues livides d'Ophélie morte ! On n'a pu retenir un mouvement d'hilarité quand Hamlet a transpercé Glaudius I quatrième victime de Thécatombe finale. Mais comme un ehat universel a couvert ce rire intempestif I On sentait le besoin d'adorer Shakespeare jusque dans la barbarie de son temps auquel il a sacrifié, par les boucheries de ses dénoûments aussi bien que par les pantalonnades de ses clowns.

J'ai déjà fait apprécier ailleurs la prodigieuse intuition préventive du grand écrivain. Ne dirait-on pas qu'il a vu jouer la IfeJJo Hélène ou Orphée aux enfers, traduits dans le javanais du burlesque par les loustics qui se substituent aux auteurs ?

ff Et entendes-vous ? Que votre clown ne dise rien en « dehors de son rôle ; car il en est, — je puis vous le c dire, ^ qui se mettent à rire d'eux-mêmes, pour faire c rire un certain nombre de spectateurs stupides, — au

TRiàTRl AimQini BT érRàMOÊH, 141

c moment mdnie où il làiidrail observer qaelq[ae poinl

t essentiel de la pièce. »

Les deux esprits élevés auxquels nous devons la iradnction de Sliakeepeare ont eouvenl un peu embelli leur original. Ils ont mis trop de poudre de ris sur le

face du grand mort, le leur reproche leurs lourds bat" tants à la place des mâchoires de pierre du tombeau. Autre exemple sur mille : Hamlet adresse à l'ombre de son père, quand on l'entend parler sous terre, des paroles irrespectueuses, et l'appelle : vieille taupe. Ces excentricités d*un personnage où la folie, — ne dût-elle être que feinte, — prépara d^à son travail, sont discutables au point de vue du goùt« — mais on eût dû les reproduire. Dans cette imitation intelligente, mais un peu trop libre, les poètes français se sont môme permis • de très-beaux vers, dont le germe n'est dans aucun des deux Hamlet donnés en regard par M. F.-Viotor Hugo» dans le |Nremler volume de sa eolleotion. Il y a notamment ce vers-ci qui est admirable (c'est Hamlet qui le dit à Polonius, quand ce dernier a flatté toutes ses manies d'insensé) :

H est des courtisans même pour la folie t

On se demande si en présence de cette addition saisissante» mais indiscrète, on doit donner aux deux élèves de la classe de Shakespeare un mau'vais point — ou la eroix.

Il n'en est pas moins prouvé, — par le succès plus qfu'honorable qu'a obtenu cette reprise, — que si MM. les directeurs ne trouvent pas ches nos auteurs contemporains des drames, — qu'ils n'y oberchent guère, ^ il y

aurait profit et honneur pour eux à faire traduire quelques-uns de ces ouvrages gigantesques du théâtre aile-

UH OMItJMMB DO VAMk

mand ou anglais. Kn les montant avec des a( leurs hors ligue pour les priucipaux rôles, uu eiiseiublô ^aiisfaisant pôup le reste» vm grand iuxe de mise eq ecèse, île «nppléeraieni aTantagmuenieiil eux beMiilée ■mkninee qu'ils

nous donnent et renverraient leur public aussi énaerveillô par les yeux, mais moin^ écoouré au poiut de vue da l iaftettigeBoe*

If. Ilettriee ^fnlk tMM le iéaotaieni ta Qki^kaar peare, Dumas amrit réeiamé ea ftrveer d'un déaeûatmit bâtard qu'il avait imaginé. Jo n'aurais pas pris la plunio pour clire que je me joignais dans cette circonstauoe (aveo Je publie et a:vec ia evttifue) à If. Paul Meociee, ei qom j^adhérals à sa couelusion , qui est tout eimpleroent salle de Shakespeare, — si je n'avais eu à faire remarquer ce que personne n'a vu, — qu'Alexandre Dumas n'a iiièm§ rien Inventé. €le n'est point le Ritkêrd M de Sbakoepoei» qnHl à plagié, maie l'AmM de Duoie. 8on : 7W ictVxas i est évidemment une réminiscence de cette poésie à l'eau claire, de cette tragédie-limonade où Ton voit floUes comme des quartiers de eitron évidés quelques meroeam pAlis de Shakespeare. Voici les deux demieni vers de YHawIet fraA^^iij^ ;

je mi Mm T l^lW^ souffler, 10 saurai nvre eneor. Je Taii pins qne monrir.

Se renseiirpF avee fiusis, e^ept dur. M»i« 4)#9^9ft<lf«

Dumas n'avait cette fois (juo ce qu*il méritait !

Tvui cal bien qui tinit hieu est la piîemière a^filQita- Hon de le jolie tcaditiM de fîtlette dp NavbqiMMI- Si toute twam oM pas digne de l'antenr ^'SftmJMp 4'0-

ihelh et du Marchand de Venise, n'oublions pas» no]i^ Français, les nombreux essais plus que pâles et le 4écliu nébuleux de notre grand QooMiUfi. Shak^iap^wri .A^ftilr

lem ii*est pas un poeie ; c'eftt nm monde^ toute une création : la lande stérile s'y trouve à côté de la forêt touffue, le ruisseau bourbeux y fait contraste avec le fleuve mfgestueuxy la brame y est f)arfois longtemps épaisse avant être perche par le raybn StS Bbteîl.

L'intelligent traducteur de Shakespeare, F. -Victor Hugo, nous avait offert les louis d'or dans les quiuze volumes

contenant les (ëttihri^ boitsteréet- é» eel lne<irtfti«Me génie. Les dens pramieiv ternes des Apoçr^phes nous avaient donné les pièceô suisses de cet héritage. Un dernier tome ne rendra à ce pieux inventaire que les momeis. Les quatre tragédies on eomédies révélées dans ce sapfême appendieé n'en ont pm moins on véritable Mérêl.* fiHes ne pêavenl de 8lMkespeare, et, sons ce rapport,' je m'associe complètement ù l'anathème fulminé par Pope, appuyé par le sentiment du traducteur Ifiti & léniUé cveo un Mn tout partienlier le siècle flluMfé par Tauteor ^Hêmlet, Cependant le saonument que le laborieux écrivain vient d'élôver n'eût pu être cdtisidéré comme achevé si ou n'y eût donné asile ù IMMl itttirs l»âtafdes-^ môme apocryphes ô:Otà0ido, et de mm i^AU^tmf eflr ellm ifnt M m longtemps confondues dans Fimmortelle làmille, qu'il y a eu possession d'Etat.< Il fallait donc leur réserver au moment une chamhté. ; . â'amis4 U était permis de les mai loger, — - non de lee oÉitaM*

fJtHTinBy qui onvre le volume/ ëst une tragique histoire, qui rappelle un peu les horreurs de Titus Androiiicas. Elle se rattache aux origines troyenaes présumées é» l'ângletefM barlmro à ces pdétentione généalogîr iftKB émà It t«ine MMietti et Shakespeare lui-même ont partagé les faiblesses. Cette pièce terrible est écrite dims m pathos sotanné^ Qu'on se ligure la JoiU' H^le

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