‹ Les coulisses du passéChapitre 34 sur 70 · L.iyiii^ca Uy GoOglc · texte numérisé non relu

L.iyiii^ca Uy GoOglc

144 i«is aouLissis du pabbé.

mise eu vers par Dorât. Voici quelques-unes des oppositions que recherche le Shakespeare jde contrebande :

ESTRILDK.

Dure est la chute de oeox qui d'im trôna d'or sont précipités dans uû ooéaa de détresse.

LOCBl.NE.

Dure est la servitude de c(mx qui, pour une boutade de Cupidonf ao&t roulés dans les va^ud» d'une anxiété sans fin.

Le tout finit par une flatterie aesee plate à radresee

d'Elisabeth et par des menaces farouches à ses euiioinis. L'auteur, ea saluant le public, semble ramasser la hache dans le sang de Marte Stuari #t la brandir en courtisan terroriste. On ne reconnaît pas là le grand William.

Le héros de la secuudc pièce pouvait défrayer un drame vigoureux. Il s'agit de Thomas Gromwell, qui aida Henri VIII dans sou schisme, conseilla au roi de s'approprier les biens du clergé, vida les monastères, dévalisa les cathédrales et les chapelles. Il fut oomblé d'honneurs par l'époux d'Anne de Bulem, aux prétentions de laquelle il avait su se montrer adi'oitement favorable, quand Henri VIII était épris de cette nouvelle reine. Dans sa prospérité, Thomas Gromwell fil preuve, il faut le dire, do titres plus dignes à l'estime de ses contemporains. Malheureusement encouragé par un antécédent d'un heureux, placement conjugal, il voulut procurer à l'Angleterre une souveraine de plus. Henri VIU avait le mariage bref et le veuvage impatient. Gromwell mit dans le lit do son implacable maître tout autre chose qu'une beauté et tout le contraire d'une primeur. Aune *de Gléves fut répudiée, — Gromwell décapité. (Quel en- "seignement eût tiré de ce chAtiment VUniveta^ s'il avait existé alors !) Gromwell avait asservi et dévasté impunément rjËgUse ; — il n'eut ptuv le dioit de s'abuj>cr stu^

THiàntB amuqub n ivRAM0XB. 145

une innuLence de seconde main. Le persécuteur glorifié expia une erreur de matrone inhabile.

Tout le o6té historique du rôle de Cromwell antérieur à sa disgrâce, même ee tspà pouvait être transporté sur la scène alors peu prude de l'Angleterre, est laissé dans l'ombro par l'auteur tlu drame, — d'aillcui's très-supérieur à Locrine. J 'y ai remarqué cette phrase énergique : « liS Yanitéy llnquisition et le jeftne, voilà le démon à trois tétos de l'Espagne. » Il y a eu d'ailleurs, eomme !• fait très-bien remarquer le studieux commentateur, autant de courage à flétrir la cruauté de Henri VIII sous le règne de sa ûlle, qu'il y avait eu peu de générosité à iik* snlter au billot de Marie Stuart pondant la domination de son bourreau.

Deux comédies complètent le volume, — le Prodigue de Ijotidres est plus que médioci e ; mais la dernière pièoe est très-curieuse au point de vue historique : la Puritaine est une réaotion dialoguée contre Tintolérance du puritanisme qui s'essayait à cleindi o les lumières de l'art en attendant le moment de noyer la royauté dans le sang« Ce sombre tyran faisait agenouiller humblement Ôhakes* peare demandant qu'on le protégeât» comme il devait plus tard faire courber la tôle à Charles I«^ sur son écharaud. La Piirilaiae a vengé spii-iluellement io poète avili et venge d'avance le roi immolé.

L'excellent traducteur» arrivé à la conclusion définitive de sa noble et heureuse tâche, se résume par ce vœu, auquel on ne peut (jue s'associer : c'est que l'Angleterre échappe à l'influence progressive du fanatisme huguenot pour redevenir la nation de Shakespeare.

Leasing, dont la librairie Didier nous a donné à la

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fois la Dramaiurgio de Hambourff et le Théâtre choisi, est en grand honneur chez nos voisins de l'Est, parce qu'il a aidé pulMamiMBi à délivrer l'AUomagne d'une prenière iBvtele», celle de notre littéraliire cliMlqiie, — le joug de la forme timide de notre théâtre, moine le génie des poètes. On conçoit la reconnaissance germanique pour la lutte courageoae de Tauteur de Nathan I0 Mage. Ofâee à loi» le Rhin eet redevenu nne lirontiére poét^ne, en même tempe que géographique. Il y a plnst bous de» vous, nous Français, également sous ce rapport, des remeretments à Leseing. £n rendant à la littérature de •en pays «en antonomie, il a mienx servi nos plaisirs» Il a eontribné à nous fàire nn s^Jel d*étiides bien autrement intéressant que si l'on avait continué chez ceux qui furent depuis les compatriotes de Gœthe et de Schiller, une pàle contrefaçon d*nn répertoire snranné, nn ridieuls ma<iuillage de piotre Melpomàne vieillie. Mais là doivent se borner nos remeretmenis, et, en traitant sans façon nos plus giaads esprits, en mettant Molière audessous de Destouches, en se piquant de refaire en les améliorant les piéeee de Corneille, Leasing nons donné le droit de parler de lui avec anssi pen de ménagement, et de ramènera uno plus juste mesure l'enthousiasme exagéré, où entre peut-être, de la part de l'Allemagne, pins de patriotisme que d'appréciation bien raisonnée.

La BrêaMiargh âé Hamhonrg est nne série de juge* ments littéraires dans lesquels on ne saurait méconnaître les qualités d'un véritable écrivain, mais qui cependant nons a fait nn peu l'effet d'nn recueil de feuilletons d'un Geoffroy de petite ville. Notre littérature dramatique entre, pour la majeure partie, dans le sujet do la polémique ; mais, chose l)izarre, le lliéàlre du second et du troisienie ordre est sou objectif presque perpétuel. — Des pièces incon-

THEATRE ANTIQUE ET ÉlliANOl^Tî

muoB 8o France sont louées par lui 9W un ion qui a*admei des réserves que quand il parle de CSomelUe,

Molière ou Voltaire. Il discute gravement Céuie de M"* de Graffiguy. — A*t-il des aïeux? de Lafiichard, a son admiraiion* U nous donne tout au long une tirade rekouvéSi ^ ie veux dire exhumée» — d'une détestable eomédie de Gampislron, qui n'est eannu que oomme m déplorable tragique. L'inlér(}t d'une poétique écrite a uu point de vue aussi exceptionuel est doue très-relatif. U y a oependaat, dans la Drêmiurgie^ quelques détails eurieux« J'y trouve noiamnieat« dans une note du traduetsur, qu'en 1737, le personnage d'Arlequin avait obtenu une t(illo faveur, qu'il avait succède ])our ainsi dire à tout le

UléÂire aileoiand» On voit que la Gernianie avait aussi ■en « opérette» • L'indignation 'oontre Arlequin devint telle, que le professeur Gottsched s'entendit avee la

Neuber, femme d'un grand cuuiage, qui dirigeait une troupe dramatique d'où étaient sortis tous les grands comédiens de rAllemagne au dix^fauitiéme siéole. Au mois d'ootobre 1737, une représentation iUt préparée à Leipzig. On fit sur la scène le procès d'Arlequin. Il fut condamné au bannissement et brûlé sur le bûcher en efilgie* Uette eérémenie, oomposée par la Neidier eUe<méme, fut , dit Leasing c la plus grande des arlequinades* » U ns sufiisait pas, ea effet, de brûler un mannequin, si l'on ne réussissait pas ù réformer le goût du public. La Neuber AI les ellorts les plus courageux poui* retenir les speolsleurs avee des dramei^réguliera ; elle sueoomba à la peine et mourut pauvre' oubliée.

I^essing a été on ne peut plus surfait comme dramaiurge, 4e fais la part do la dépréciation produite par la traduetion, mais Naihw ie S^e ne me parait aullment ménia? k liMte favanr daat il jouit en AUsmagne* 4'ap-

um aoDusns du passé.

plaudis de tout mon cœur aux idées de tolérance et de saine philosophie dout s'est inspiré l'auteur; mais à part oe mériks qui n'a pas sauvé la tragédie encyclopédique de Voltaire» ^e cherche vainement là des hommes et n'y vois que des idées. A tous les personnages qui, au temps des Croisades, parlent le langage de Diderot et de d'Alembert combien je préfère le Melvil de Marie Sfuart qui^ catholique fervent dans les siècles de l'orthodoxie fanati-

que, apporte comme suprême consolation è Marie Stnart

au pied de l'échafaud l'hostie consacrée qui, pour elle, va sauver sa vie éternelle au moment où la vie mortelle va finir 1 Leasing, avec un grand talent de forme, fait de Baladin et de son templier les instruments d'un 3 propagande fort louable, sans doute, mais parfaitement déplacée sous le turban ou la dahnatiijue, et ne laisse jamais parler que l'auteur. Schiller, par un trait de génie, slnoame complètement dans les figures de l'époque où il a pris son personnage.

Le traducteur cite dans la préface de Nathan le Sacfe un passage de M. Gherbulicz, où cet écrivain ne reconnaît à Nathan qu'un parent dans la grande famille dramatique» le Philosophe sans le savoir. Mais, bien que Sedaine occupe une moins grande place dans notre littérature que Lessing dans la pléiade gernianii|ue, l'avantage au point de vue dramatique est à coup sûr du cété de Sedainel; car, ches l'auteur français, la philosophie ressort forcément des situations et des passions des personnages, tous vrais, vivants, et ne s'impose jamais à eux.

Minna de Bariheim, agréable pièce peut-être, est un marivaudage raisonné. Car Lessing raisonne toujours, même dans Emilie Gelotti, son drame le plus poignant, à coup sur (puistiue c'est le sujet de Virginius qui a tenté tant de poètes) et animé par lui d'une horreur très-louable

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