SCENE V
M“ e GIBRALTAR , FLOR1GNY, suivi de plusieurs comparses^ LE RÉGISSEUR.
Us eutrentco riant aux éclats.
le régisseur, près de la coulisse.
Chut! taisez-vous donc.
M® e Gibraltar, jc disposant à sortir.
Qu’cst-ce qu’ils ont donc à ricaner comme ça, en me regardant?
flobignt, avec une onction comique retenant la portière par la main*.
Arrêtez, mère infortunée! ne courez pas au-devant de ce déplorable tableau. (Riant.) Ah t que c’est nature ; ab ! ah ! ah !
Ici le tyran sort de scène, et se dirige vers la toilette à gauche. Le costumier lui fait son travestissement sur le 3 m * plan à gauche.
* Florigny, M«**« Gibraltar, les antres personnages sur le 'Z 1 *** plan.
MAGASIN THEATRAL
M“« GIBRALTAR
Monsieur Florigny, quelle est la signification de cette plaisanterie, s'il vous plaît?
florigny, reprenant son sérieux.
Ilêlas ! comment vous apprendre, a vous, déesse de Papbos ! car vous avez donné le jour à l'Amour ! car vous êtes Vénus enfin t
M nc GIBRALTAR.
Mais on sc flatte de l’avoir pas trop mal représentée! Où voulez-vous en venir avec toutes vos renarrées?
FLORIGNY
Apprenez donc que l’Auiour, Cupidon, ou Coco, à votre choix, qui est la dans le foyer... ( Riant eux éclats. } Ah ! ah 1 ah ! pauvre Amour!
M mc GIBRALTAR.
Bon Dieu du ciel ! je tremble de deviner la chose ! Coco aura commis quelque inconséquence!
FLORIGNY
Une inconséquence, oui, je vous en réponds... au point que tout le monde en a pris la fuite !
M® e GIBRALTAR.
Le malheureux! il aura compromis son costume! (f Ici le tyran , dont le travestissement est terminé, se dirige vers la coulisse.) C'est les prunes, je l’aurais gagé... c’est les prunes!
A|» : C’est dit, pour te plaire (Les Enfant du Délire).
Ali! roatheurcus* mère !
Hélas, comment faire ?
Quell' vexation,
l^uell' tacli’ sur mon nom!
C’f enfanl-îîi, je le parie,
Par sa conduite plein' d'horreur,
Me Pra mourir d'apoplexie,
Aussi vrai que j'ai d' l'honneur.
Peul-an faire d* pareil 1' choses !
Dir' qu’il doit dans un moment Sortir d'une corheill’ de roses I J’ vous d’mand* si c’csl conséquent !
Le chaur rit.
iE tyran or mélodrame , sortant de la coulisse.
Taisez-vous donc, vous m’cmpéchez d'entendre ma réplique.
Il rentre en scène.
ENSEMBLE
LE choeur, reprend à demi- voix.
Ah ! malheureux* mère !
Hélas! comment faire?
Quell' vexation !
Quel!’ lach' sur j ^ j nom !
3/m* Gibraltar sort vivement.
FLORICNT.
fei rirai long-temps! Maintenant, voyons où <tt est mon rival. (// regarde dans la coulisse.) Jtan, bon! gesticule, mon garçon, fais le moulin ;l vent, égosille-toi ; tu peux débuter à présent dans tous mes rôles, si cela te fait plaisir! je ne nsi* plus inquiet! (// revient à gauche.) Ah! mon cher directeur, vous me tenez la dragée
haute... je vous rendrai la pareille. 11 me faudra maintenant dix francs de feux, deux mois de congé et une représentation à bénéfice.
le régisseur, paraissant et s'adressant aux comparses.
A vous, messieurs... Les cris du peuple 1 Attention û la réplique! chut.
Il écoute.
M roc saint-Félix, sur le théâtre.
h Grâce, grâce, monseigneur, je suis innocente ! » le régisseur , au chœur.
Allez! (Il crie en piétinant.) «Ouh! ouh ! ouh! ouh ! »
les comparses, groupés, même jeu.
« Ouh! ouh! ouh! ouh! »
J li s'arrêtent à un geste du Régisseur.
Antoine, du théâtre, très- fort, u Vous l'entendez! le peuple est pour moi... il fait retentir l’air de ses cris! »
le régisseur, à dcmi-toix.
Encore... une bonne explosion.
tocs , plus fort.
a Ouh ! ouh ! ouh ! ouh ! »
Antoine, ouvrant tout-à-coup la fenêtre de droite et regardant dans la coulisse en bas , comme s'il était à un premier étage.
« 11 m’appelle... J’aperçois la fleur de nos valeureux guerriers; je cours me jeter dans leurs j rangs. ( Il disparaît de la fenêtre, et on i entend encore.) Elmora, je te sauverai! ou je périrai avec toi ! «
! Applaudissement dans la salle. Les acteurs entrent dan* la coulisse, K"* Suint-Fclix donne le liras au père-noble j et cause avec lui en entrant au foyer; dès l'entrée d’Antoine, plusieurs acteurs surtout de scèue cl *e promènent sur le théâtre au fond.