‹ Les coulisses tableauvaudeville en deux actesChapitre 36 sur 43 · SAINT- FÉLIX · texte numérisé non relu

SAINT- FÉLIX

o Laissez- moi : je ne veux pas mourir. »

IU entrent en scène.

Charlotte , effrayée.

Ah ! mon Dieu, qu'est-ce que c’est que ça?

M œ * GIBRALTAR.

Ne fais pas attention, c’est le tyran qui entratue sa victime. Avant tout, il est nécessaire que tu toyes au fait du sujet et de la marche du ballet ousque tu dois figurer. Voilà l’histoire en deux mots.

CHARLOTTE

J'ecoutc.

M n * GIBRALTAR.

Flamella, la nymphe de l’enfer, qni est agréable et bien faite de sa per*onne, a été jetée sur le globe dans le but de séduire un jeune berger excessivement froid de caractère, et d'une ignorance complète sur les choses de l’amour. Il s’agit de perdre l’aine du jeune homme : c'est un caprice du dieu de l’enfer. Pour entortiller notre berger, Flamella se livre à un tas de manèges et de grimaces de femmes, tels que, attitudes vaporeuses, poses du corps et pirouettes redoublées, propres à faire perdre la tête au cceur du pâtre insensible. Tu saisis?..

CHARLOTTE

Parfaitement, ma marraine.

M mc CIRRALTAR.

Après un feu roulant de séductions, elle lui dit avec ses bras ( musique à l'orchestre chaque fois qu’elle mime et qu'elle simule les pa ^ ) comme cela : « Toi pauvre, moi riche! toi laisser là tes brebis, toi » me suivre, moi t’aimer, moi te le dire » Malgré cet aveu, mon gaillard tient bon, et lui répond toujours avec les bras : « Non, moi n’aime que » cabane, moi n’aime que petits moutons, le reste, » moi m’en fiche. » La nymphe est très-vexêe;

elle exprime sa contrariété par de continuels changemens de jambes, et elle cache son humiliation sous une foule «je petits pasen ayant l'air de dire: Je m’en moque pas mal! Mais comme au fond elle tient à réussir, elle appelle à son aide l'essaim folâtre de ses jeunes compagnes. Flamella fait psi à gauche, pst à droite (elle mime en disant cela), c’est ta réplique d’entrée... (Prenant son cabas.) Alors tu prends ta corbeille, tu pars de la coulisse à la troisième position, en pas débourrée, comme ceci, en tenant ta corbeille en l'air, comme cela .. Arrivée nu milieu, tu la déposes aux pieds du jeune pâtre, très-froid de caractère, en lui adressant ce geste : « Ces fleurs, pour vous, nous » venir de les cueillir. »

Charlotte, imitant.

« Ces fleurs, pour vous, nous venir de lescucil- ■ lir. •

GIBRALTAR

Pas mal, pas mal, continuons.

ENSEMBLE

Aïs de la nouvelle Cm lim ita (Je M. Iïormille).

S** GIBRALTAR

Oui, maintenant, tu comprends bien, ma chère :

Qu'un doux sourire étincelle en tes yeux,

Sois comme moi, gracieuse et légère,

Et.j 'en réponds, tout ira pour le mieux.

CHARLOTTE

Oui, maintenant, je puis vous saiiifaire Un doux sou ri r’ brillera Hans mes yeux,

Ainsi que vous, gracieuse et légère.

Oui, j’en réponds, je ferai pour le mieux.

l'a vi russe un, entrant par le foyer.

Madame Gibraltar, on vous attend !

Il sort.

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