SCENE xir
CHARLOTTE, puis FLORIGNY, puis ROSINE, puis LE MARQUIS DE BEL-Œ1L, qui arrivent successivement.
CHARLOTTE
Ma foi, j’aurais cru que c’était plus difficile de figurer dans un ballet, et j'espère m’en tirer tout aussi bien que M . Amoineî... Malgré moi, je grille de le voir... Ah! mon Dieu! il me semble avoir entendu un coup de sifflet I
Elle regarde è la coulisse.
florigry, entrant par le foyer.
J’ai réussi à m'échapper du foyer!... Bravo ! la petite est encore là ! (4 Charlotte.) Que regardezvous, ravissante Charlotte?... M. Antoine, sans doute? "
* Charlotte, Fiurigtiy.
MAGASIN THEATRAL
CHARLOTTE
Moi? non, monsieur... je regardais le spectacle, voilà tout.
florigny, avec chaleur.
En vérité, vous méritez mieux que ce garçonlà... Vous avez bien fait de rompre avec lui... et moi, je veux tout cutreprendrc pour obtenir la place qu’il occupait dans votre cœur : je veux vous jurer de vous aimer toujours... de faire toutes vos volontés.
Il lui prend la main.
charlotte, cherchant à dégager sa main.
Monsieur... je vous en prie, laisscz-moi !
FLORIGNY
Que de cruauté !... Voyons! soyons moins méchante!
Il lui bai» la main.
Rosine, entrant par le fond, suivie du marquis.
Bravo! monsieur! bravo! ne vous gênez pas ! *
FLORIGNY
Rosine!... Diavolo! comme elle arrive mall ROsüir, à Florigny.
C’est comme cela que monsieur tient les scrmens qu’il fait... et qu’on a la faiblesse d'écouter?... on s’en souviendra I
le marquis, à Rosine, s'oubliant toui-à-fait.
Ah ! oui, madame... vous pouvez eu être sûre... on s’en souviendra !
Il s'éloigne brusquement en faisaut des potes.
Rosine, Étonnée.
Le diable a parlé ! cette voix, celle tournure... oui... oui... c’est le marquis!
FLORIGNY
Le marquisl... se peut-il!
ROSINE
Florigny... je suis perdue!... Détournez les soupçons.
FLORIGNY
Que faire?... Ab! j’y suis! (Il passe brusque vient à la droite de Rosine, et bouscule le marquis , qui prend l'extrême droite du théâtre.) Eh bien! oui, ma chère Rosine, vous avez deviné... Et pourquoi le cacherais-je plus long-temps?... Oui, je e déclare hautement... celle dont je vous parlais en secret, celle que j’aime, que j’adore... c’est la gentille Charlotte qui est devant vous!
CUARLOITE.
Comment, monsieur!...
LE MARQUIS
Qu’est-ce qu’il dit? .. les oreilles m'ont donc corné ?
FLORIGNY
Oui, Charlotte, oui... je voulais entourer cet amour de mystère ; mais maintenant il faut qu'il éclate au grand jour! il faut que je vous dise que je vous aime... que je veux vous adorer toujours, et que j’en fais le serinent à vos pieds **!
Il tombe aui pieds de Charlotte.
cuarlot te , se débattant un peu.
Mais, monsieur... je vous en prie... relevezvous !
Charlotte, le Marquis, Ronur, Florigny.
» ** Charlotte Florigny, Rosine, le Marquis.
LE MARQUIS
Ab ! je suis bien moins géné dans ma peau !
le régisseur, sortant de la coulisse.
Silence 1
Antoine paraît toul-Wnup à la fenêtre gothique, qu’il pousse arec violence. Le ballant de la fenêtre fait presque culbuter le Marquis, qui se jette sur le Régisseur qui le bouscule aussi, et, en passant, il reçoit uu coup de pied de Rosine, qui fait des baltcniens.
antoine, déclamant son rôle.
« Ah ! l’échafaud est dressé sur la place pu- » bliquel » (Apercevant Florigny prés de Charlotte.) Que vois-je?... un homme aux genoux de Charlotte!... Ah! c’est ignoble!
le régisseur.
Eh bien ! ch bien! que dites-vous donc?
florigny, se relevant , en riant.
Mon rival !.. Ah ! comme c’est nature !
ANTOINE
Ab ! oui , je m’oublie t ( Déclamant. ) « Cet » homme habillé de rouge, c’est le bourreau!... » dans sa main, c’est une hache !... A côté de lui, »c’est le billot!...» Et devant moi, Charlotte qui s’en fait conter par un autre 1... Ah! Charlotte, je vous déteste, je vous méprise ! ( Quittant la fenêtre.) « Grâce, grâce, mon père! grâce » pour Etmora ! »
le RÈGissEUE, fermant la fenêtre.
A-t-on l’exemple d’une pareille folie !
Rosine , riant.
Ma foi, c’est trop drôle !... Je vais en amuser le foyer.
Elle rentre »u foyer.
le marquis, à part.
Et moi, je te suis, 6 ma sylphide fidèle 1
Il rentre derrière Rosine.
florigny, rentrant au foyer.
Enfoncé le marquis !
le régisseur.
Silence!.. .voilà l’inforiunée Elmora qui marche au supplice !