I vidi in terra angelici costumi. (Sonn
m'est doux et pénible; ce que je vois ailleurs n'est pins que songe, ombre et fumée. J'ai vu pleurer ses deux beaux yeux qui ont fait mille fois envie au soleil, et j'ai entendu prononcer en soupirant des paroles qui feraient mouvoir les montagnes et arrêter les fleuves ; l'amour, la sagesse, le courage, la pitié, la douleur, formaient en pleurant un concert plus gracieux que ceux qu'on entend dans le monde; et le ciel était si attentif à cette divine harmonie, qu'on ne voyait sur aucun rameau s'agiter le feuillage; tout l'air et les vents en étaient devenus plus doux. Partout où je repose mes yeux fatigués', partout où je les tourne pour apaiser le désir qui m'enflamme, je trouve des images de la beauté que j'aime, qui rendent à mes yeux toute leur ardeur. 11 me semble que dans sa belle douleur respire une pitié noble qui est pour mon cœur la chaîne la plus forte. Ce n'est pas assez de la vue, elle y ajoute encore, pour charmer l'oreille, sa douce voix et ses soupirs, qui ont quelque chose de céleste. L'amour et la vérité furent d'accord avec moi pour dire que les beautés que j'avais vues étaient uniques dans l'univers; jamais rien de semblable sous le ciel ; jamais on