‹ Les cours d'amourChapitre 31 sur 65 · Cette charte ou convention est de 12ir. : le prieur des · texte numérisé non relu

Cette charte ou convention est de 12ir. : le prieur des

tous les autres ; leur bannière flottait en tête de toutes dans les processions municipales.

Alors commence dans la maison d'Anjou cette rage, cette folie de la couronne de Xaples; les terres de l'Italie, si belles, si chaudes, réveillaient leur imagination. Tel est le fatal privilège de la beauté : Naples et la Sicile surexcitèrent la glorieuse ambition de tous les hommes de force et de bataille. Pays moitié italien, moitié grec, et un peu arabe, la Sicile avait été conquise, au dixième siècle, par quarante chevaliers normands, et ce haut fait d'armes restait dans la mémoire des Angevins comme un titre légitime.

En vertu de leur droit d'investiture, les papes considéraient la couronne de Naples et de Sicile comme une dépendance du patrimoine de Saint- Pierre qu'ils concédaient en fief aux comtes d'Anjou et du Maine. Dès ce moment la Provence ne fut plus pour ses nouveaux comtes qu'une terre grasse et riche qu'ils épuisaient en hommes d'armes et en argent pour servir leur glorieuse fantaisie de la conquête de Naples et de la Sicile.

drapiers, qui signa le traité, se nommait Roolin ou Roulin. Tout le quartier municipal se renfermait alors entre les Accoules, la place de Linche et les hauteurs appelées les Moulins. Le peuple entier délibérait par acclamation, rejetait ou approuvait les traités, ainsi que dans les républiques d'Italie.

La comtesse titulaire de Provence ('■tait Réalrix, de la maison catalane, toujours si aimée; et c'est elle qui transporta ses droits h Charles d'Anjou et du Maine." Les deux suzerains ne restèrent pas un seul jour en Provence ; Charles, qui combattit vaillamment en Sicile, ne fut point heureux: vainqueur impitoyable de Conradin, il fut îi son tour renversé par une révolution'. Béatrix mourut à Nocera ; par son testament elle instituait Charles, son fils, l'héritier de son comté ; enfant chétif et un peu infirme, il boitait du pied gauche ; il avait été créé prince de Salerne, comte de Syracuse et terres adjacentes ; et une curieuse charte nous donne les formes de l'investiture féodale : comme prince, le roi Charles lui ceignit un cercle ou couronne d'or (au front) ; comme comte, il lui mit dans les mains son étendard; comme seigneur des terres adjacentes, il reçut un simple anneau au doigt*. Charles

1. Il serait impossible de justifier Charles d'Anjou de l'inflexible juj:ement qui prononça la peine de mort contre Conradin; ce jeune et valeureux prince avait menacé, en effet, le pouvoir des rois de la famille angevine, à Naples: son nom était un danger incessant; on ne peut expliquer tant de cruautés que par la haine implacable que se portaient les Guelfes et les Gibelins. On avait cruellement posé ce dilemme : Mors Coradini, vita Caroli; vita Coradini, mors Caroli

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