Les scels sont généralement attachés aux chartes de
La transition du règne des ducs, des marquis de Provence de la race catalane, aragonaise, aux comtes de la race angevine, se fit sans secousses, bien que les nouveaux seigneurs de race franque ne fussent pas aimés, Charles d'Anjou et Béatrix de Provence régnèrent simultanément avec une certaine vigueur, car il leur fallut dompter presque toutes les grandes cités du comté de Provence: Aix, Arles, d'abord, qui s'étaient révoltées; ces villes firent leur soumission en échange de privilèges municipaux. La résistance de Marseille fut plus longue : depuis le dixième siècle librement constituée, elle avait acheté en bons florins d'or tous les droits de juridiction haute et basse; la cité n'obéissait plus qu'à elle-même, à ses consuls et prud'hommes ; elle espérait se séparer de la souveraineté des comtes de Provence et conserver l'étendard marseillais, si simple, si beau, d'argent à la croix d'azur, comme Aix portait d'or à quatre pals de gueules, Arles d'Azur au lion d'or assis et léopardé. Marseille n'avait plus à lutter que contre son évêque, seigneur
concession à Fabbaye de Saint-Victor, dont le précieux cartulaîre a été publié; le modeste et savant Ruffi les a gravés dans son excellente histoire; Papon, dans son travail un peu prétentieux et déclamatoire , est cependant curieux pour la partie numismatique.
d'une partie haute de la cité, et contre la juridiction douteuse et contestée du monastère de Saint-Victor'.
Cette liberté heureuse, ce gouvernement de la corporation municipale dura peu ; bientôt accoururent sous les murs de Marseille, les batailles de lances et d'archers du comte d'Anjou et du Maine. Le nouveau comte de Provence, à son retour d'Egypte, où il avait accompagné saint Louis, son frère, marcha sur Marseille, bientôt obligée de subir le jougl II se fit une transaction par laquelle la cité libre renonça, en faveur des nouveaux comtes de Provence, à tous les droits de souveraineté qu'elle avait acquis de ses vicomtes ; les dignes citoyens (cives), assemblés à la place des Accoules, délibérèrent longtemps avant d'accepter le joug des Franciots (les Français). Le négociateur qu'ils envoyèrent sous la tente de Charles d'Anjou pour traiter de la paix fut le prieur de la corporation des drapiers, la première delà cité^ A l'imitation de Florence et de Pise, les marchands de draps et de laines tenaient à Marseille le haut rang parmi
< Les évêques de Marseille possédaient la seigneurie de la partie haute de la ville; le monastère de Saint-Victor avait ce qu'on appelait la justice moyenne.