‹ Les cours d'amourChapitre 58 sur 65 · René était âgé de soixante-treize ans · texte numérisé non relu

René était âgé de soixante-treize ans

2. La ville d'Aix a élevé une statue au roi René sur le Cours, mais notre belle et antique Pwvence n'existe plus que de nom : elle a été divisée, partagée en départements.

dres volontés du comte, très-souflrant et à qui le médecin du roi, Goytier, ne donnait pas une année de vie. Le sénéchal Forbin venait d'être revêtu de la seigneurie de Solliers, fief considérable, et de plus hautesrécompensesl'attendaient encore, s'il servait les intérêts du roi Louis XI, le plus patient, le plus habile des princes. L'héritage des comtes de Provence lui paraissait si bien acquis, une chose si bien à lui, que lorsque le duc de Lorraine dirigea toute une-armée de chevaliers pour disputer l'héritage du roi René ', Louis XI se hâta d'envoyer en Provence un corps de vieux archers et de solides hommes d'armes qui délivrèrent Charles III de toute crainte. Le roi de France travaillait alors pour lui-même, car l'affaire de succession était réglée -, et à la mort de Charles, le roi de France fut reconnu comme légitime héritier de René d'Anjou, sans rencontrer le moindre obstacle. Par lettres patentes données le 19 décembre 1481, Palamède de Forbin, seigneur de Solliers, vicomte de .Mar-

1. Le duc de Lorraine était alors René III, petit-fils de René par Yolande sa mère : la loi salique n'existant pas pour les fiefs, il était le légitime héritier.

2. Charles II avait désigné Louis XI pour son successeur par testament du 11 décembre 1481; ce qu'il y a de curieux, c'est que le comte de Provence mourut le lendemain à Marseille.

tigues, fut désigné au nom du roi pour le gouvernement de la Provence \ titre fort tristement acquis, car il avait livré notre patrie aux Fravciots si détestas.

La Provence, à cette période, ne fut point encore réunie à la couronne, ni confondue dans la souveraineté de la France. Louis XI, héritier du comte Charles III par testament public , lui succéda en droit sans qu'il touchât encore un seul des privilèges de la nationalité provençale. Au reste, la race d'Anjou, à laquelle il succédait, avait été brillante et glorieuse; nobles et braves chevaliers, les comtes s'étaient tous épris de l'Italie et du royaume de Naples. II reste encore quelques empreintes de la martiale figure de Charles d'Anjou, comte de Provence, à cheval, l'épée à la main, le casque en tète avec visière baissée ; son bouclier allongé a pour blason les fleurs de lis d'or de France avec lambel de cadet de race ; il porte un vêtement écourté sur son cheval de bataille, caparaçonné également de fleurs de Hs*.

Palamède de Forbin, sire de Forcalquier et de

1. Forbin eut le privilège de nommer à toutes les dignités . à toutes les places ; il nomma son gendre grand sénéchal , et son fils juge maje.

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