‹ Les cours royales des îles normandesChapitre 104 sur 198 · Second report, p. 123, 1. 4 à · texte numérisé non relu

Second report, p. 123, 1. 4 à

fait de la négligence ou du mauvais vouloir du gouvernement royal, sans l’ordre duquel les assises ne pouvaient être tenues, Plusieurs causes pouvaient faire hésiter à ordonner ces plaids extraordinaires. Le gouvernement avait pris, comme on va le voir, l'habitude de les faire tenir toujours par des justiciers itinérants : ces justiciers étaient sans doute mal vus du gardien Othon de Granson (1275-1328) qui gouverna longtemps les îles en maître absolu et ne désirait pas y voir une juridiction supérieure, capable de mettre obstacle à ses exactions?. Le gouvernement, d'autre part, devait s’effrayer des difficultés soulevées, à chaque nouvel envoi de justiciers, par l'interminable procès sur les coutumes des îles : les dernières assises, celles de 1331, furent signalées, à l’occasion de ce procès, par des troubles dont le gouvernement devait éviter le renouvellement à tout prix®. Enfin, peu après 1331, la guerre de cent ans, éclatant définitivement, en même temps qu’elle pouvait détourner l'attention du gouvernement des soins de l'administration judiciaire, lui faisait une loi plus impérieuse que jamais d'éviter toute occasion de conflit entre les représentants de son autorité et la population des îles. D'ailleurs, des plaids qui ne revenaient que tous les trois ans ne devaient pas être, en pratique, une institution fort commode ; dans la Normandie continentale ils étaient depuis longtemps tombès en désuétude. Il n’est donc pas étonnant que ces plaids aient entièrement disparu au xrv° siècle #.

Pendant la période où elles ont été en usage, les assises n’ont pas toujours été présidées par les mêmes personnages. Avant que les îles ne fussent séparées de la Normandie continentale, c'était, d’après le grand coutumier, le sénéchal de Normandie qui tenait

1. Le roi a « sassise de trois anz en trois ans, e par son brief tenue» (Pièces, E, 2). Comparez Série chronol., pièce II : « Cum ego .… ballivus in insulis ex parle domini H. Regis Anglie, de mandato suo, litteris suis directis atestantibus, in insulis assi[s}as tenerem.. ».

2. Série chronol., p. 202-20, et pièce XI1 (note) ; Second report, p. 295 ; ete.

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