‹ Les cours royales des îles normandesChapitre 145 sur 198 · Pièces, XVII · texte numérisé non relu

Pièces, XVII

- n’est parvenu jusqu’à nous. Les rôles de justiciers itinérants qui se sont conservés à Westminster et qui sont aujourd'hui au Public Record Office de Londres sont sans doute de ceux que les justiciers avaient emportés avec eux, et qu'ils avaient dû ensuite communiquer, à raison de diverses affaires, au parlement et aux cours du roi.

Quant aux cours ordinaires des deux îles, leurs registres, conservés dans leurs greffes respectifs, ne commencent que dans la première moitié du xvi° siècle. On a inventé, pour rendre compte de l'absence des registres antérieurs, diverses explications ; les uns ont parlé d'incendie, les autres de soustraction. Un incendie ou une soustraction simultanés des registres des deux îles est chose peu vraisemblable. D’ailleurs le greffe de Guernesey a conservé des documents bien antérieurs à cette prétenduedisparition de ses archives, tels qu’une charte de Richard II de 1394. Il est plus naturel de croire, et c’est l'opinion admise par les personnes les plus compétentes dans les îles mêmes, que jusqu’au xvr° siècle la cour n’a point fait tenir de registres réguliers. En 1495 Henri VII croyait devoir ordonner expressément l'enregistrement des actes de la cour royale de Jersey; cela indique que ces actes n'étaient point encore habituellement enregistrés de son temps : il n’y a rien de téméraire à supposer que son ordonnance ne fut pas exécutée aussitôt qu’elle fut rendue.

Pendant les trois premiers quarts du xm° siècle, les cours royales de Jersey et de Guernesey n'eurent pas de sceau. On dressait néanmoins quelquefois des actes de ce qui s'était passé en cour? : mais il n’y avait, pour authentiquer ces actes, que le sceau personnel du gardien ?. Ce fut Édouard I: qui, le premier, donna aux îles un sceau public. Les lettres avec lesquelles il l'envoya sont datées du {5novembre, la 7° année du règne (1279), et sont adressées aux officiers royaux des deux îles, « Ballivis Insularum de Jersey et Guernesey » 4. Il déclare que le sceau qu'il envoie est un sceau royal, « quoddam sigillum nostrum »,

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