R. L. P., p. 75, col
Philippe dans l’île de Jersey, qu'Hasculf de Suligny « a eue en garde », et il lui confie désormais la même île à garder?. Celui qui recevait cette garde avait le double titre de gardien, custos, et de bailli, ballivus*’; ces deux. noms désignaient alors le même fonctionnaire : « gardien » exprimait le pouvoir qu’il exerçait sur les îles, « baïlli » la délégation qu'il tenait du roi.
Telle fut l'origine de la charge de gardien des îles, qui avec diverses modifications et sous les noms divers de gardien, bailli, capitaine, gouverneur, a duré jusqu’à nos jours. Pour exposer ce qui concerne cette charge, je dirai d’abord comment et à quelles conditions on a pu, aux diverses époques, y arriver, la garder et la quitter, ensuite quels effets ont été attachés, pour ceux qui en ont été chargés, à la possession de cet office, quels ont été, selon les temps, leur titre, leurs émoluments, leurs charges, enfin leurs attributions. Cet ordre est aussi celui que je suivrai pour tous les autres offices dont j'aurai à parler au cours de ce travail. |
Jusqu'au règne d'Edouard IV, la garde de toutes les îles fut habituellement confiée à la même personne. Depuis ce temps, au contraire, le gouvernement de Jersey et celui de Guernesey ont été constamment séparés.
La nomination des gardiens, capitaines ou gouverneurs, soit des îles en général, soit de Jersey ou de Guernesey séparément, appartient au roi. Cette règle a été suivie de tout temps.
D ne suffit pas d'être nommé. Depuis le xv° siècle au moins, une double formalité a été exigée des nouveaux gouverneurs avant qu'ils pussent entrer en fonctions : elle consiste à présenter, à la cour royale de l’île dont ils sont nommés gouverneurs, leur commission, c’est-à-dire les lettres royales de leur nomination,