Le Geyt, t IV, p
« le Vicomte doit faire toutes les impenses requises pour le bâtiment et la réparation du Prétoire, qu’on appelle ordinairement la Cohue Royale, comme aussi de la prison‘ et des lieux patibulaires, de quoy il donne un memoire signé, pour estre payé par le Receveur... C’est au Vicomte aussi à faire apprester le dîner de la Justice, lorsqu'elle s’assemble pour les affaires du Roy et que le repas est deu selon la coûtume »*°. Ainsi le 14 octobre 1630 la cour ordonna au vicomte « de faire bâtir deux pilliers de la potence, n'y en restant plus que deux, et dy faire mettre quatre poutres », etc.%. Au xvn* siècle, un juré nouvellement reçu ayant refusé de donner à ses confrères le diver de bienvenue que la coutume exigeait alors, « il y fut condamné par la Cour. Le Vicomte fist apprester le repas, et, sur le refus que le Juré fist de payer, ses biens furent saisis et vendus sur le carreau »‘. — Enfin le vicomte a été souvent chargé de faire des publications ou proclamations sur la place publique, par exemple d'annoncer l’avénement des rois®.
2° Le vicomte assiste la cour dans l'opération de la vue ou visite des chemins, qui se fait quatre fois par an. La cour, se transportant de paroisse en paroisse, parcourt avec une délégation des habitants de chaque paroisse les divers chemins, pour s'assurer s'ils sont en bon état; le vicomte marche devant et tient dressée une verge ou perche d’une longueur déterminée : si quelqu'un des propriétaires riverains a laissé pousser les branches de ses arbres sur le chemin plus que les règlements ne le lui permettaient, la verge arrêtée par les branches décèle la contravention $.
1. En ce qui regarde le soin de la prison, le vicomte en a été déchargé en grande partie dans notre siècle par la création d’un comité spécial des États (First report, n° 1539; Le Quesne, p. 517-518).