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LES STEEPLE-CHASES. 2DQ

d'Encouragement. Elle a joliment grandi et joliment prospéré depuis sa naissance, la sœur cadette. Son budget atteint aujourd'hui 1 102 900 francs, répartis entre quarante-deux journées, dont dix-huit au printemps, huit en été et seize en automne.

L'initiative prise en 1889, par le Comité des Steeple-Chases, de porter le Grand Steeple-Chase de Paris à 120000 francs et la grande course de haies à Soooo francs, a été l'événement hippique de l'année 1889.

Il eût été facile à une société riche et puissante comme la Société des Steeple-Chases de rester stationnaire et d'augmenter ses réserves. Elle a compris que sa mission était tout autre et qu'il fallait, en dépit de la prospérité apparente du turf, développer les encouragements et favoriser l'écoulement des chevaux à des prix de plus en plus rémunérateurs.

On a vu de quelle façon s'était terminée la campagne d'obstacles de 1888. Plus d'un homme de guerre lui avait attribué une très grande part dans la perfection qu'ont montrée récemment nos officiers.

L'équitation militaire ne ressemble plus à ce qu'elle était il y a vingt ans et, dernièrement encore, un général très écouté dans les conseils de cavalerie me disait :

« C'est curieux de voir nos officiers sur les obstacles. Ils peuvent rivaliser avec les premiers cavaliers du monde, Autrichiens ou Anglais. »

Un autre général écrivait au prince de Sagan :

« La Société des Steeple-Chases a rendu tant de services à la cavalerie, que je ne saurais trop vous dire les progrès que je constate. Vous avez vu à Auteuil la crème de nos cavaliers; mais je vous assure que moi, qui les vois dans de petites réunions où ils sont peu nombreux, je suis émerveillé! »

Il est certain que les Contades, les Vésian, les La Boutetière ne sont plus une exception : ils forment une légion sur laquelle nous pourrions compter, le cas échéant, et j'avoue que ce n'est pas sans un véritable orgueil où se mêle une pointe d'émotion patrio-

tique, que j'entends la foule les acclamer .toutes les fois qu'ils paraissent devant elle.

Parlons du nouveau Comité d'Auteuil.

A tout Sagan tout honneur! Le prince régnant de la Société des Steeple-Chases est le conservateur de la grande existence. Il marche droit devant lui sans s'inquiéter du ministère qui passe, sans souci des crises politiques et financières. Il fait du luxe par patriotisme, pour que les étrangers trouvent toujours la France en belle humeur.

Le prince a son quartier général au petit Club. Il occupe, dans le Cercle même, un splendide appartement, dont les fenêtres donnent sur la place de la Concorde. Il a vue sur le Palais Législatif.

Il semble que du Palais Bourbon le prince de Sagan a reçu du gouvernement, fort malin en cette circonstance, la mission secrète de former une espèce de cour, très utile à un pays qui ne saurait vivre sans conserver ses traditions de bonne humeur et d'élégance. La politique le laisse froid, mais le sport le passionne. C'est lui qui a créé Auteuil, c'est lui qui a ressuscité la Croix de Berny, c'est lui qui a inventé les fêtes de Marly. Il fera ce qu'il voudra, où il le voudra, comme il le voudra; le monde, le vrai monde, ne demande qu'à suivre son panache.

C'est lui qui a fait Auteuil, soigné, peigné, entretenu comme un parc anglais. L'entretien seul de la piste ne coûte pas moins

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