LES STEEPLE-CHA8E
nions à Vincennes, le 6juin 1870, quelque temps avant la déclaration de guerre qui devait interrompre les courses en France pendant plus d'un an. Quand il fut possible de songer à la réorganisation des steeple-chases, l'hippodrome de Vincennes, mis à la disposition de la Société par la Ville de Paris, était redevenu champ de manœuvres. Faute d'un terrain qui pût lui convenir, la Société était restée
Auteuil. — Le pesage.
(D'après une photographie de M. Dellon.)
dans l'inaction, privant à regret de son puissant patronage l'institution des steeple-chases, qui, réduite à la province et aux meetings des environs de Paris, tels que la Marche, Porchefontaine, le Vésinet, menaçait de reperdre la situation conquise. Le nombre des chevaux n'avait pas d'abord sensiblement diminue, mais la qualité des sujets destinés à la spécialité avait baissé de plusieurs crans. Les propriéuires, calculant avec raison
que le budget qui leur était offert avait sensiblement diminué, trouvaient imprudent de mettre leurs chevaux au jeu pour se le partager. On chercha dans la classe des sellings-platers pour en faire des sauteurs et répondre à des programmes où les prix n'excédaient pas 3ooo francs.
Le Cercle de la rue Royale vit le dépérissement du Steeple- Chasing, et le prince de Sagan, président du Club, prit l'affaire en mains, secondé par les membres du Comité dont j'ai cité les noms. Il demanda au Conseil municipal un terrain situé dans le bois de Boulogne. M. Ranc fut nommé rapporteur et mit une extrême bonne grâce à seconder les projets de la nouvelle Société. L'emplacement de l'hippodrome fut tracé entre les portes de Passy et d'Auteuil. Il côtoyait le lac supérieur, touchait la butte Mortemart et descendait le long de la Pépinière, jusqu'à la route de Boulogne. La clôture naturelle était formée, du côté de Paris, par les fortifications. Les tribunes avaient été élevées sur la butte Mortemart, sous la direction de M. Destailleux. Cet architecte en apporta le plan, et l'on en a toujours apprécié la bonne distribution. La disposition des obstacles fut confiée à MM. de Turenne, Blount et de la Haye-Jousselin. On en créa quatorze : deux rivières, un mur en terre, un mur en maçonnerie, une banquette irlandaise, un bull-finch et des haies.
La première journée, donnée le i" novembre 1873, fut abominablement contrariée par le mauvais temps : la pluie tomba sans interruption du commencement à la fin; mais le second jour, 9 novembre, le soleil se montra et éclaira de ses rayons les plus lumineux la création brillante dont le sport était redevable à la collaboration de quelques éminents sportsmen.
On a appelé la Société d'Auteuil la sœur cadette de la Société
GROUPE d'officiers MONTANT EN COURSES.
I. M. Caillaux. — 2. M. Féline. — 3. M. de Porcaro. — 4. M. de Vésian. — 5. M. Chabaud. — 6. M. de Contades. — 7. M. Martinie. — 8. M. Blaque-Belair. — 9. M. Dilschneider. — 10. M. de la Serve.
Groupe d'officiers montant en courses.
Groupe d'officiers