PREFACE. III
est condamné à un travail en prose d'académicien. Ah! si c'était de la prose ordinaire, cela irait tout seul; sous un pseudonyme cela ne serait rien. On pourrait avoir de l'esprit, de la gaieté, écrire bon enfant. Mais ce n'est pas cela qu'a demandé l'éditeur.
« Sayez-vous une chose? » dis-je à mon illustre confrère, pour lui faire une peur horrible et lui donner une secousse : souvent une secousse guérit d'une grande douleur. « Mon cher ami, je vais pubUer un livre. »
Il eut un tremblement nerveux.
« Rassurez-vous; je n'en veux pas de votre préface. Je ne veux pas que votre style précède le mien : je souffrirais trop de la comparaison. Voyez-vous un amphitryon qui servirait les grands crus après le potage et les vins de petite marque au dessert! »
Ceci me décide à présenter moi-même ce livre au lecteur, qui n'aura pas à subir des différences de dégustation.
Je suis né pour ainsi dire dans le monde des courses, où mon père s'était fait une situation en dirigeant plusieurs feuilles hippiques et en créant le journal le Sport. On trouvera donc dans mon livre le résumé de trente années d'observation sur un sujet qui a l'air fort simple, mais qui exige une étude approfondie.
J'ai commencé par un historique du turf, aussi rapide que possible, pour passer à l'élevage, au dressage et à l'entraînement. J'ai consacré les chapitres suivants aux courses plates et aux steeple-chases, à des portraits de propriétaires, d'entraîneurs et de jockeys, aux courses de province. J'ai décrit la grande semaine à Chantilly et la