LE JUGE
C'est le fonctionnaire chargé de proclamer le vainqueur. Il lui faut avoir bon pied, bon œil, bon œil surtout. Placé en face du poteau d'arrivée, il saisit les chevaux juste au moment où les premières têtes s'y présentent pour la lutte finale, et désigne ainsi le gagnant, le second et le troisième. C'est à la suite de son jugement, rendu aussi promptement que possible, que le numéro du lauréat est affiché sur le poteau indicateur et porté à la connaissance du public. Il ne manque plus qu'une formalité pour rendre la victoire définitive : c'est que le jockey ait son poids en rentrant dans les balances et qu'il n'y ait pas de réclamation admise par les commissaires. C'est seulement depuis environ quatre ans que le juge est appointé à la Société d'Encouragement ef depuis trois ans à Auteuil. Auparavant
c'était un des commissaires qui remplissait gratuitement ces fonctions.
J'ai vu dans la guérite du juge, à Longchamp, le baron de la Rochette, le comte Henri Greffulhe, M. Reiset, M. de Noailles, le comte Hocquart, le comte de Kergorlay, et tous faisaient partie du Comité des courses. A Auteuil, c'est M. Demourgue qui est juge, et personne ne s'en plaint; le juge de la Société Sportive d'Encouragement, M. Le Blois, n'a pas moins l'oreille du public. M. Corrent de Labadie opère pour la Société d'Encouragement.
Quand le juge voit deux ou trois têtes se présenter ensemble sur le poteau, sans qu'il puisse établir de différence entre elles, il prononce dead heat, c'est-à-dire tête à tête, et l'épreuve est à recommencer entre ces chevaux ex œquo, à moins que leurs propriétaires ne préfèrent partager le prix. En steeple-chase, le partage est obligatoire. Le juge surveille aussi le pesage des jockeys.