SCÈNE VI 9 Les MÈMEs, VICTOR
Vicror Monsieur le député.
LARIVÉ
| Qu'y a-t-1l ?
Une masse énorme de monde arrive par la rue
? \ de la station...
LARIVÉ Je crois bien que le ministre est arrivé.
| 2 + LE MAIRE Le ministre !
LARIVÉ Le ministre. Il aura pris le train express. Mais | il arrive une heure trop tôt... vite. pardon, monsieur le maire, je vais passer mon habit et ajouter | deux lignes à mon discours... | LE MAIRE Faites, faites. Je vous attends ici. (Larivé sort suivi de Victor.) | | SCÈNE IX 4 s Le MAIRE, LANJONNARD, NARCISSE, LABROCHE,
JÉROME, FRÉMICHOT, AVEC LEURS ORJETS
LE MAIRE
Quel bruit! (Bruit de pas, de rires et de paroles.) Toute la ville monte donc ici! (Lantonnard, Narcisse, Labroche, Frémichot, Jérôme entrent ensemble en donnant de grandes marques de joie.)
cas IR
Ah! voilà une réception triomphale !
FRÉMIcHOT
On nous a reconnu cette fois pour ce que nous sommes.
LABROCHE
Pour un peu, ils me prenaient pour le ministre, le gros joufflu! Il tapait là-bas sur son tambour comme pour défoncer une porte.
LANTONNARD
Et le tambour major avec son casque à plumes!
FRÉMIcHoT
C’est .égal, j'aime mieux être ici qu’à Montréal. Avons-nous eu de la chance de nous en tirer, hein!
LABROCHE
C'est le grand en robe noire qui a parlé le dernier, quiest cause de cela.
Le cousin y est bien aussi pour quelque chose.
LABROCHE
Pour sûr.
LANTONNARD (au maire)
Figurez-vous, monsieur, que le cousin a vu le
LL gg —
ministre, et le ministre a écrit par télégraphe à celui qui est en robe noire derrière une table avec une bavette blanche, de nous renvoyer à Laurierville, et nous v'là.
LABROCHE
Sans compter que je voudrais bien tenir l’autre en robe noire aussi, qui voulait qu’on nous fasse mourir. |
LE MAIRE
Mais, je ne comprends rien à tout ce que vous me dites.
Ils ne savent pas s'expliquer, monsieur. Mai, je vais vous mettre au courant. C’est à la suite de la partie de dominos, que Larntonnard a voulu. nous emmener comme qui dirait à une grande procession où il y avait du monde comme du monde.
Alors il y a eu de la bousculade, et comme le père Labroche, qui est suisse, bedeau et sacristain de son état, n’a pas pu mettre l’ordre. alors, vous comprenez... Continuez donc, monsieur Lantonnard.
LANTONNARD
Et qu'on n'est pas bien nourri, ni bien couché
dans la grande maison où demeurent les police-
è men. Nous avons resté là-dedans une nuit, un jour et encore une nuit, jusqu’à ce matin... Et mon pauvre pot de fleurs qui en est tout desséché d'émotion. que je l’arrose un peu. (Z! prend la bouteille dans le panier de Labrosse et prend un coup.)
LABROCHE Une idée !
Tous (sauf le maire, se promenant au fond du théâtre)
# Quoi donc ?
\ / LABROCHE |
Si on cassait une croûte ?
Tous Ca, c'est une idée, une bonne idée.
LaNToNNARD
Ça nous fera patienter en attendant le cousin.
(Au maire.) Il doit être allé au-devant du ministre n'est-ce pas? (Le maire ne répond pas.) Ils ne parlent que quand ils veulent dans ce pays-ci. Jérôme, passe-moi donc une beurrée de beurre.
JÉRÔME (buvant) Y ena pu. A votre santé, monsieur Frémichot.
FRÉMICHOT Merci bien.
LANTONNARD (riant)
Voilà un pot de fleurs qui en a vu des aventures. Il faudra que j’en prenne une bouture. A À
Tu ferais bien d'en envoyer à Montréal, à la
LABROCHE Ÿ grande robe noire qui a parlé pour nous. be
À l'avocat ?
LABROCHE
Oui, l'avocat. Leur a-t-il bien collé ça tout de même ! Aussi quand ils ont vu ça, ils se sont en allés tous les deux sans demander leur reste... Y a-t-il encore du fromage ?.…