COUTUMES DES AGRI DU SANW
noh le chefd'Aby. On aurait fait courir le bruit qu'elle devait être sacrifiée. Sachant maintenant qu'ils sont protégés par nous, au moment du décès, les captifs se sauvent. Elle a fait ainsi. J'ai fait venir l'héritier de Tanoh, Alexandre, concessionnaire à Assînie, et j'ai mis cette femme sous sa protection.
Si elle disparaît il sera considéré comme le meurtrier.
Mais maintenant, elle restera bien vivante, parce que c'est au moment de l'inhumation seulement que se font les sacrifices, sur désignation d'un féticheur quelconque, et en présence de l'excitation de la foule, qui y assiste toujours sous l'influence de vieux préjugés et de nombreuses libations.
Une raison pour laquelle les sacrifices doivent s'éteindre d'eux-mêmes, c'est qu'il n'existe plus beaucoup de captifs dans le Sanwi. Les maîtres les ont libérés en partie. Ce sont maintenant plutôt de vrais domestiques que des esclaves, qui entrent peu à peu dans la famille du maître.
Je connais pas mal de familles dont la femme principale était une esclave achetée toute petite, et que le martre a épousée. Ses enfants sont libres.
Amon Azemia, fils d'Akassimadou, qui a de l'influence à Krinjabo, est fils d'une esclave.
Les funérailles accomplies, les libations écoulées, les successions sont réglées par le chef de village ou par le roi, suivant l'importance.
Le deuil se porte en mettant des pagnes de peu de prix, de couleur peu estimée, mélangés de jaune et de noir, par exemple; de vieux pagnes noirs qu'on ne lave pas pendant longtemps. On ne se peigne pas — on ne fait pas de toilette — on reste modeste.
Le deuil se quitte aussitôt les funérailles finies.
Tout individu peut donnera qui il veut et ce qu'il veut. Les héritiers n'ont rien à réclamer.
S'il donne à un héritier, il n'a rien à représenter à la succession.
On ne connaît pas les testaments.
Le chef du village ou le roi seuls règlent les successions.
SECTION VII, — DES CONTRATS
Les contrats verbaux sont les seuls usités dans le pays.
Ils se font devant témoins et devant le chef de village, qui sanctionne
le contrat de son autorité, et jugera plus lard tonte contestation s'il y a lieu.
Depuis quelque temps cependant, les commerçants indigènes ont tendance à faire tous leurs engagements par écrit.
Ils ont à cet effet des commis de la Côte d'Or qui dressent le contrat d'engagement d'un travailleur ou employé quelconque. Il est signé de deux témoins et fait foi entre eux.
Les preuves testimoniales et l'aveu de la partie sont les seules preuves pour les contrats verbaux.
La vente, l'échange et le louage existent suivant toutes les coutumes appliquées en Europe.
Étant en relations depuis très longtemps avec les bateaux et factoreries, la vente est soumise à toutes les conditions des conventions et contrats. Elle présente les mêmes caractères qu'en France. Toutes les ventes presque se font au comptant. De cette façon les contestations sont bien moindres.
Tout le monde peut acheter ou vendre, sauf les enfantset lescaptifs.
Toute chose peut être vendue, sauf le terrain qui appartient au roi, et ne peut être vendu qu'avec son consentement.
Les indigènes se soumettent à toutes les obligations de l'achat et de la vente comme en Europe, leur principal commerce se faisant avec les Européens.
Ils reçoivent en échange de leurs bois (principal commerce) des marchandises des factoreries, et depuis quelque temps surtout de l'or (livres s te ri ings envoyées en bottes chargées d'Angleterre).
La monnaie est connue depuis longtemps.
La monnaie divisionnaire française commence à être acceptée maintenant partout, mais la petite monnaie courante est toujours la monnaie anglaise.
Beaucoup de ventes se paient dans l'intérieur en poudre d'or ou en pépites.
La coutume indigène admet qu'un chef de famille puisse louer un de ses parents pour éteindre une dette avec le consentement de ce dernier toutefois, età un prix fixé par an ou par mois.
La personne louée devient domestique du créancier et non captif.
La condition actuelle des captifs est plutôt celte des domestiques travaillant pour la nourriture seulement. Peu à peu, ils se libèrent en allant vivre ailleurs et se mettre en condition chez des Européens.