ARLES
(Notre-Dame de Confort Es
En 1295, les Arlésiens demandèrent au Provincial des dominicains de fonder une maison dans leur ville, ce qui leur fut accordé. Un citoyen, Pierre Amant, donna au frère Raymond prieur, une grande vigne près de la porte Agnel, ou, selon d’autres, près de la porte de la cavalerie, pour y bâtir une église et un couvent ; il signa l'acte, en présence de l'archevêque d'Arles et d'un grand nombre de hauts personnages. Les dominicains restèrent dans cette résidence jusqu'au milieu du xrve siècle.
Les Espagnols pendant les guerres (1359) ayant renversé le couvent, les religieux rentrérent dans la ville et s’établirent aux bords du Rhône dans les édifices que nous voyons encore ruinés. En 1361, le Seigneur Guigne de Filhan leur légua une grande maison rue Barrali, sur la place
S. Vincent martyr, à la suite d'un échange (1:
, on jeta les fondements d’un immense couvent, mais les travaux n’eurent leur principale exécution qu'au xve siècle, ainsi que le certéfient les documents qui nous en sont restés, tels que la construction d’une grue (1459) ; le marché (1474)
passé avec Thomas Grabusset pour les vitraux colorés. Le Pére Mothon nous communique
une description manuscrite de l’église qui nous en donne une noble idée : « Notre Eglise est € un beau vaisseau que plusieurs personnes de qualité contribuèrent à élever, MM. de Beaujeu, « de Beine, de Grille. La voûte est un chef d'œuvre, surtout celle de la grande nef, dans le
« genre gothique. Cette nef a 19 toises 9 pieds de longueur, 6 toises 8 pieds de largeur, non
« compris le sanctuaire et les chapelles, elle a 9 toise
3 pieds 9 pouces de hauteur, Elle est « accompagnée d’un fort beau clocher, qui est une tour carrée de 15 toises 3 pieds 9 pouces de
« hauteur et de 14 toises 3 pieds 6 pouces de circonférence, 3 toises 3 pieds de plateforme, Elle
€ avait plusieurs chapelles : celles de N. D. du Rosaire, S. Dominique, S. Sébastien, Ste Rose,
€ 5. Charles, Ste Catherine et des tombeaux très notables (description de 4707 par le P. de € Beaumont). »
En 1497, une crue terrible du Rhône donna aux dominicains l'occasion d'exercer leur
dévouement pour les inondés ; le P. Morat montra un héroïsme dont le souvenir fut rappelé dans les peintures du cloître.
A la révolution, le couvent, ses meubles, ses ornements furent vendus, les bâtiments claustraux attribués à divers acquéreurs ; l'Église, sauf le clocher existe encore. M. Véran, à l’obliseance duquel nous en devons le plan, chargé d'y installer une usine hydraulique, en a préalablement pris une photographie qui serait impossible aujourd'hui, et qu’il a eu la bonté de nous
communiquer. Le Père Lacordaire avait pensé y établir une de ses maisons.
« Abbé TricuauD, Histoire de la Ste Église d'Arles, 1859.
« VERAN, Photographies anciennes, plans, documents divers
« Arch. générales Ord. Præd., livre IL h. h. p. 347, notes manuscrites ajoutées après coup, probablement pour servir de supplément au document latin ; les notes sont anonymes, mais d’une autre main et sans doute de la même date, 1707. FR
« Le P. Mornon auquel nous devons cette excellente communication nous envoie aussi la description du P. de lesiæ Prædicatorum Arelatensis a R. P. Fr. JoANNE THOMAS DE BEAUMONT,
Beaumont : Descriptio ms. conventus et E Priore dicti conventus die 25 septembre 1707 conscripta, asservata in archivio generali Ord.