ARRAS
ÇS. Laurent).
Asso, évêque d'Arras (1231), résolut d'y appeler les dominicains pour combattre les hérétiques et il écrivit à Hugues de $S. Cher. Les premiers Frères Prècheurs arrivèrent le 9 octobre 1233. En attendant que leur couvent fut construit, il les installa au château de Belle- Motte, devenu plus tard l’abbaye d’Avesne. Tout le monde rivalisa de générosité, le prévôt et les chanoines donnèrent le cimetière de S. Laurent, le comte d'Arras se chargea de l'érection du couvent. Les religieux trouvèrent là une antique chapelle de la Ste-Vierge, communément appelée Notre-Dame de bonne-nouvelle, et ils purent comprendre ce sanctuaire dans le plan de l'Église ; ils prirent cette patronne et placèrent son image au frontispice. Cinq ans après leur arrivée, ils s'installèrent ; un plan de 1590 nous donne encore idée de leur demeure en dehors de la porte S. Nicolas, il nous montre la nef et la tour qui la domine.
Quelques sceaux rappellent le souvenir du moyen âge, celui qui représente S. Laurent + Sigillum conventus fratrum predicatorum atrebatensium (invent. Demay, nos 2807, 2808 et 2809. Guesnon, sigillographie d'Arras, pl XIV arch. du Pas-de-Calais, À. 398.25), un autre de 14321 qui appartint au prieur Gauthier, un autre de 1440 dont se servit un autre prieur Pierre Lesbloussart.
Un incendie (1260) dévora presque tout le faubourg et épargna la maison des Religieux qui semblait avoir été miraculeusement préservée par leur madone.
En 1316, l'évêque Gérard Pigalotti se fit enterrer dans leur cimetière ; dix ans plus tard, 200 Religieux purent se réunir en chapitre général dans la vaste enceinte. Edouard HI, roi d'Angleterre, interrompit cruellement cette prospérité (1370) en incendiant le couvent. Les Religieux sans asile sabritaient alors sous des cabanes, puis les derniers restes disparurent (141%) au siège de Charles VI. Les Pères se réfugièrent alors en ville jusqu'en 1460, époque où ils reprirent leur ancienne résidence et où ils se mirent à construire de nouveau.
Louis XIII, devenu maître d'Arras, consomma la troisième destruction du couvent. Alors les Religieux achetèrent l'hôtel d'Hannescamp, ils ÿ construisirent une Église, la virent s’écrouler (1687) et la relevèrent (1689). Cette Église, dont les murs subsistent jusqu’à la naissance des croisées, était vaste et possédait une tour avec une flèche, un caveau au centre recevait le corps des Religieux, il était fermé par une dalle où on lisait : Hoc est ultima domus Predicatorum atrebatensium.
L'enclos du couvent fut mesuré, avant la révolution, par un jeune arpenteur appelé Salon, lequel se dit à marier, clerc séculier du village de St-Laurent-les-Arras (archives du Pas-de-
Calais, no 4898, c. 2). Les dominicains confiérent à cette époque les changements qu'ils
voulaient apporter à leur demeure, à l'architecte Posteau. Les dates que l’on observe sur les murs de la cour (1778-1779), semblent correspondre à ces travaux. Un plan manuscrit de 1777, dont le Frère Amable a eu la bonté de nous prendre copie aux archives du Pas-de-Calais nous le
rappelle. Ces murs n'appartiennent plus au moyen âge, mais du moins, élevés dans le
même but, ils en ont abrité les pieux souvenirs.
Les bâtiments sont occupés aujourd’hui par une école communale de garçons.
Posteau, architecte, 1777. 2 feuilles (n°
dicat. conventus crea annum 1706 conscripla et hodie asservata in archivio generali ordinis, libro.
BIBLIOGRAPHIE
« L'année dominicaine, 1863, IV. p. 339.
« LECESNE, Notice sur la ville d'Arras, 1872. « LEGENTIL, Le vieil Arras, 18717.
DEMAY, /nventaire des sceaux de Flandre.
“= . « , 22 , 10 « GUESNON, Sigillographie de la ville d'Arras, 1865. (s L j 50)
« P. CnaporiN, Histoire des Dominicains de la province de France. p. 198, 1898.
« Archives du Pas-de-Calais. — Documents communiqués par M. Ghavanon, archiviste Sceaux 1321. F. Gautier prieur, A. 398 95.
— 1358. Jean Muche prieur, A. 685 33.
— 1440. Pierre Lesbloussart, prieur, GG. Fondation d'un obit par la dame Ghistelle
Plan des distributions du rez-de-chaussée des bâtiments à reconstruire pour les R. P. Dominicains par
Mesurage de l’enclos des Pères Dominicains contenant 6% verges et un tiers par Salon, 1760 (n° 1898. c. ©
« Archives générales, communiquées par le P. MorHox, historia conventus atrebatensis mss-ab alumno pre-