‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 2 sur 72 · CARTE DE LA FRANCE DOMINICAINE · texte numérisé non relu

CARTE DE LA FRANCE DOMINICAINE

Le Père Chapotin, lillustre historien des Frères Prècheurs, a eu la bonté de préparer en faveur de notre mémoire, une carte qui rappelle leurs demeures en France ; nous la mettons dès le début de cette étude sous les yeux des lecteurs, ils admireront leur multitude, véritable constellation, foyer ardent de science, de vertu, de pureté; dans cette simple carte, ils ne verront pas seulement un sommaire, un résumé du travail, ils la considéreront non seulement comme un savant tracé géographique,

mais devant ces couvents souvent si rapprochés par la

distance et la date de fondation, ils y verront une des

gloires les plus extraordinaires du moyen âge.

Ils y salueront les souvenirs de S. Dominique, ils se

les rappelleront Prouille, son passage à Toulouse, sa première pensée de conversion des héré- F {

tiques, et la fondation de ce monastère de jeunes vierges élevé contre eux comme une citadelle ;

Limoux, possession de Prouille, Castres, sa grotte, les extases. Toulouse est plein du patriarche, depuis les hautes tours seigneuriales, sa première demeure, depuis l’'humble couvent de S. Romain, jusqu’à l’immortel édifice, châsse de Thomas d'Aquin. Marseille, la patrie de Bertrand de Garrigues, se fonde, pendant qu'à l'autre bout de la France, Guerrie,

jette la première pierre du couvent de Metz.

Dominique, malgré le petit nombre de ses disciples, les disperse, il les envoie, sans argent, sans ressources, et les charge de conquérir le monde. En 1218, Lyon cède à ces singuliers

conquérants, Paris les reçoit et les acclame ; l'année suivante, ils entrent triomphants à Reims,

Orléans, Poitiers, Clermont. Paris qui leur valut le surnom de Jacobins si populaire au moyen

âge, rayonne au loin, Dominique envoie de là Cellani à Limoges, en 1220, il apprend l'entrée de cette milice sacrée à Narbonne, Montpellier, Avignon, Chälons-sur-Marne, avant de mourir en 1221, il peut apprendre le même succès à S. Quentin, La Réole, Gand, Dinan, Le Puy, c’est-à-dire sur des points éloignés qui permettent de constater la conquête de la France entière.

On pouvait craindre que cette marche victorieuse fut arrêtée par la mort du Saint > réalisa merveil-

Général, mais il avait promis de plus grands succès après lui; sa promesse s eusement entre les mains de Jourdain de Saxe, d'Albert le Grand, de S. Thomas d'Aquin, de lumbert de Romans et de S. Louis. Le pieux roi surtout, donna aux Prêcheurs un développement admirable ; il les aimait, les recevait à sa cour et à sa table, se rangeait parmi leurs élèves. Il fonda, répara leurs demeures, les agrandit, les entoura de privilèges, et dans une réoccupation paternelle, songeait au moindre détail de la vie des religieux, même au soin de eur fournir des tuniques. (Année dominicaine 1902).

Pendant tout le xine siècle, vivant ou mort, il les protégea; rien de plus vrai ni de plus

ouchant que son effigie du sceau de Poissy, où il est représenté debout, couronné, soulevant

de ses bras les plis d’un large manteau, sous lequel viennent se réfugier et prier les sœurs du monastère.

Après le xrre siècle, il semble que ces plis tutélaires aient été déchirés et emportés par le

vent des révolutions. — Ce siècle que le Père Chapotin appelle justement le siècle des fonda-

tions, vit dans ses soixante-trois dernières années s’accomplir soixante-six fondations domini-

caines, désormais, elles ne s’échelonneront qu'à

produit à peine une douzaine.

de longs intervalles et le xrve siècle en

Il faut suivre ces étonnantes variations sur une liste chrono-

logique. — Les dates ont ici une importance insigne; au lieu d’être une carte muette

notre

d'histoire.

XIIIe siècle.

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