‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 20 sur 72 · AUXERRE · texte numérisé non relu

AUXERRE

La fondation d'Auxerre se rattache à un nom cher à tous les dominicains, celui de la

Comtesse de Joigny, Amicie de Montfort. Dès 1240, elle s’'adressa au Chapitre général, puis elle chercha un terrain convenable au nouvel établissement de religieux. Près de la portes. Julien, aujourd’hui porte Chantepinot, la Comtesse acquit une maison du Chapitre. L'acte de vente est du mois de juin 1241. En même temps, Bernard de Soillac, évêque d'Auxerre, autorise la

fondation.

Le sol s'élargit à mesure que s'élèvent les constructions et que s'accroît le nombre des

religieux. — Les voisins agrandirent l'enclos par leurs donations et leurs propriétés. — Mathilde «

Courtenay eût la pensée de confier l'éducation de la jeunesse aux dominicains ; sous les mur

du château des comtes, à quelques pas du couvent, s'étendait l’ancien cimetière des Juifs, elle en attribua l'usage aux écoliers.

Au temps de la fondation, un chanoine d'Auxerre, considérable par son influence et sa fortune, Guillaume de Noé, demanda d'entrer dans l'Ordre ; il put rétablir l'abondance parmi ses nouveaux frères, il mourut en 1286 et son épitaphe contient une allusion délicate à ses bienfaits. Parmi les souvenirs du moyen-âge, nous avons recueilli un sceau du xrve siècle (arch.

nat. no 9797

») qui représente une ordination et cette légende : Sigilluim Prioris fratrum predicatorum autissiodorensium, un autre de 1398 qui représente un roi, peut-être S. Louis, donnant

la croix à des religieux agenouillés : Sigillum conventus fratrum Autissiodorensium.

L'Église n'avait qu'une nef (50m >< 10m) coupée par un jubé, flanquée au midi par un cloître, etles bâtiments conventuels, surmontée d’une flèche et environnée de jardins. Elle fut restaurée le 2 juillet 1356, ce qui suppose une reconstruction ou du moins une restauration importante.

Le couvent prospéra jusqu'aux huguenots et à leur dévastation. Le Père Roch Mamerot (Tr 1579), confesseur de Marie Stuart, le répara. Une nouvelle restauration est signalée au xvue siècle et cependant à la fin du xvine siècle on songeait à une restauration générale, la dépense devait s'élever à 24000 livres ; des difficultés survinrent et la révolution éclata avant

qu'on ait pu mettre la main à l'œuvre.

BIBLIOGRAPHIE

« Plan de BELLE-FOREST, cosmographie universelle, 1575.

Plan du XVIe siècle.

Plan de 4750 communiqué par M. l'archiviste.

Père CHaAPormiN, Le couvent dominicain d'Auxerre, 1892 8. (LK7 279. 4 37). « » Histoire de la province de France, 1898, 4, p. 348.

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AVIGNON (Notre-Dame de la Gonsolatlion).

On fait remonter la fondation de ce couvent à S. Dominique et à son passage à Avignon, on a du moins la certitude que l'Ordre y était établi au milieu du xirre siècle. Des acquisitions pour loger les religieux sont signalées de 1248 à 1266, mais le plan d'ensemble parait dû au cardinal Guillaume de Godin (1312 + 1336) Frère Prêcheur, qui construisit l'Église. Mahuet nous a laissé de cette église et du couvent une description assez précise pour que nous ayons pu la prendre pour base d’une restauration et dont nous rapportons les passages les plus importants. € Notre temple, dit-il, a trois portes : une à l'occident, par laquelle on entre dans « le cloître, une au midi, ornée extérieurement de figures très anciennes, la madone entre « deux saints, une troisième à lorient devant un jardin de muriers. —...... Cette Église est « partagée en trois nefs par deux rangées de colonnes de pierre, la nef centrale dominant les « deux autres. Les colonnes sont surmontées d’arcades au-dessus desquelles sont percées cinq « fenêtres. La charpente est formée de dix fermes données par le cardinal Jean de la Grange, « évêque d'Amiens. Les deux petites nefs sont couvertes à l'aide du même artifice. Neuf cha- « pelles en cul de four sont voûtées en pierre (Duo alæ inferiores eodem opere et artificio « concameratæ, 9 hinc inde sacellis, arcubus et fornicibus lapideis instructis ornantur). Une « petite nef.a son pignon percé d'une rose avec une verrière colorée. — L'abside de l'Église « est circulaire et percée de cinq fenêtres, le chœur garni de 120 stalles de chêne ».

Au nord de l'Église s'élevait un grand clocher de pierre qui devenait octogone à sa partie { f g

supérieure et que surmontait une pyramide de pierre, ornée de feuillages sur ses arêtes. — On

construisit le dortoir près de l'emplacement qu'on devait donner au cloître. Guillaume de

Laudun, religieux du couvent d'Avignon et qu'il avait plusieurs fois gouverné comme prieur, be

se chargea de la construction de ce cloître (1347) ; disposant de sommes importantes, il fit un

chef-d'œuvre. Il environna le préau de portiques partagés en 22 travées et ornés de 160 colonnettes accouplées en travers ; ces colonnettes étaient cylindriques, octogones, surmontées de frises à sculptures variées. Le couvent de Fontfroide, nous donne encore idée de la dispo-

sition du grand arc comprenant les plus petits (qualibet sua capitella et coronides habentes

sub arcu majori qualibus, et elevatiori, tres arcus minores figurarum mira varietate et artificio

speciali elegantissima ferunt). On voyait figurées sur les frises des scènes de la genèse et de l'exode, l'histoire des rois, Tobie, Judith, Job, les miracles du Sauveur depuis le désert jusqu’à la résurrection.

Dans l'angle sud-est du cloître, un oratoire de la Ste-Vierge attirait une grande affluence de fidèles ; Philippe, archevêque de Bordeaux, y fit construire une grande chapelle à la mère de Dieu, où il choisit sa sépulture (1362) (hoc sacellum B. Mariæ de Angelo est locus sepulturæ

Patrum et fratrum hujus conventus).

Comme toujours dans les Églises dominicaines les sépultures occupaient ici une large place. Plus de trente chapeaux cardinalices se balançaient suspendus au sommet et rappelaient les prélats qui avaient choisi chez les Frères Prêcheurs leurs dernières demeures (qui in hoc templo vel in claustro sepulti fuerunt). Le musée Calvet possède un des monuments funéraires, le tombeau de Brancas (1417), qui donne une haute idée du luxe qu’on y déployait. Nous Pavons

restauré d'après des fragments et une aquarelle prise avant son déplacement.

La chapelle construite en 1489 par Dominique Panicia contenait la sépulture d'Agricole Panicia, évêque d’Apt, elle était voûtée, richement ornée et pourvue de vitraux sur ses sept fenêtres.

Le seul reste du couvent est la salle de S. Thomas d'Aquin où ce saint fut canonisé par le pape Jean XXII (1316 — 1334). Elle fut plus tard réparée, ornée de peinture, et d'une porte nouvelle.

Le P. Laudun suppose l'Église sous le vocable de N. D. des anges ; mais ce doit être une

erreur, puisque Mahuet cite une inscription rappelant la dédicace en 1510 et le vocable de

SteMarie de la consolation.

BIBLIOGRAPHIE

« P. LAUDUN, Sanctuaires de la Ste-Vierge, mss 1448 de la bibliothèque d'Avignon, avant 1663. — f° 6,

«€ MAHUET, Predicalorium avenionense 16 « Plan de 1613. }

Communiqué par M. Labande.

« Plan cadastral. ÿ qe?

« Père GorraAnp, de Carpentras, Correspondance. « Arch. gen. ord. Præd, M. 587. — PP. 92.

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