BÉZIERS
Béziers, l'ancien foyer de l'hérésie Albigeoïise, était désigné pour avoir un poste de domini-
cains ; la fondation d'un couvent eut lieu vers 1247, selon Bernard Gui, et fut hautement
approuvé par les papes, comme le constatent les bulles d'Alexandre IV (1257) et de Clément IV (1267). Arnauld, seigneur de Puisserguier élut son domicile funéraire dans le chœur des Jacobins dont il fut le bienfaiteur.
Pendant les guerres anglaises, les consuls décidèrent que le couvent gênait les nouveaux
remparts, et ils ordonnèrent d'en démolir une partie. Les religieux recoururent à l'archevêque
d'Auch, G
reconstruc
et même la
uillaume de Flavacours (1324-1356) qui en ordonna la restauration
ion. — Ils trouvèrent aussi chez les rois de France la plus bienveillante protection.
Le comte d’Armagnac, lieutenant du roi en Languedoc (1357) se posa comme leur défenseur. Le duc d’A qui avaien
Philippe V
d'une forge
njou enjoignit au juge de Béziers de faire relever par les consuls les murs de l'Eglise
été démolis pour louverture d'une rue. La sollicitude royale était si grande que
défendit la vente des cuirs dans leur voisinage et que Jean ordonna la démolition
es fortifications
qui incommodait ses protégés. Les démolitions, occasionnées par
laissent supposer des remaniements considérables ; mais un siècle plus tard, la consécration
de l'Eglise par l’évêque de Nicée semble rappeler implicitement une reconstruction.
Le xvie siècle réservait aux Prêcheurs de grandes épreuves. En 1562, les Huguenots se es moyens de réparer les ruines,
saisirent du couvent et le saccagèrent, les religieux dépourvus «
aliénèrent une partie du couvent. — Ils nous ont laissé le souvenir de cette misère dans un acte passé avec Rascas, auquel dans l'abandon qu'ils faisaient était joint la défense d'ouvrir des fenêtres de leur côté (1567).
Le due de Montmorency voulant élever une citadelle sur la place du couvent dut l'expro-
prier. L'indemnité fut fixée à 50.000 écus ; à la suite d’un différend, le parlement de Toulouse
; alors
condamna les consuls à payer aux religieux la somme nécessaire pour les établir ailleurs
leur refaire
on leur acheta au bourg de Lespignan, une maison et un jardin, et on s'engagea ue 1€
transformée ei
sidence équivalente.
à citadelle qui avait provoqué ce changement fut elle-même rasée en 1632, et sa place
1 esplanade ; sur cette place une portion de l'ancien couvent était encore debout, récheurs d'y rentrer, ce qu'ils refusèrent par un désintéressement patriotique,
on offrit aux
pour ne pas priver les habitants d’une utile promenade.
Mon ami, bastion de les promenade pu
de l’ancien co
M. Noguier, témoin des dernières démolitions, nous écrit qu’il a vu encore le construit au xvir siècle et démoli peu de temps après (1830) pour régulariser la lique. Dans le nivellement on ne trouva que quelques substructions insignifiantes
uvent. Il ne reste aucun document, ni aucun plan qui puisse donner idée des
constructions
chapelet, le cl
tomba dans les
L'histoire par S. Louis, déplacé et rec
détruit au XVI
sin d'une statuette dont le costume, le 1793,
rimitives. Il neus à communiqué le de
en laisseraient supposer l'effigie de Dominique. Le couvent, en s mains de divers propriétaires.
du pittoresque sommet de Béziers peut se résumer ainsi : château royal construit érection d’un couvent à demi détruit une première fois pour des fortifications, nstruit au xvie siècle, démantelé dans les guerres religieuses, relevé et à moitié
ie, abandonné pour la promenade.
BIBLIOGRAPHIE
BERNARD Gui, Fondations.
LAMOIGNON DE BAvILLE, Mémoire sur le Languedoc. Gallia christiana, NI. inst. 156.
MARTÈNE, anect. I. 1399.
SONCAILLE, État monastique de Béziers avant 1789. 80. 1829 (LK7 26700).
Bibliot. de Béziers. Fonds Doat. vol. 66.