‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 28 sur 72 · BESANCON · texte numérisé non relu

BESANCON

La fondation du couvent de Besançon remonte à Jourdain de Saxe. Celui-ci revenant d'Italie

tomba malade dans cette ville, et fut soigné par l'archevèque Gérard de Rougemont (1221-1995). Ses souffrances, sa patience intéres

rent les habitants et favorisèrent l'établissement des dominicains. Les chanoines de S. Jean se mirent à la tête du mouvement, et donnèrent un terrain. À leur suite, les aumônes affluérent et permirent de commencer de vastes construcüons ; l'archevêque confirma officiellement la formation de ce nouveau couvent (1224).

M. l'abbé Suchet nous écrit que ce couvent avait le quatrième rang dans la province de France ; il a donné deux généraux de l'Ordre aux xime et xrve siècles et reçut la glorieuse visite de Vincent Ferrier au xve. Les anciens édifices paraissent de cette dernière date et appartienuent encore au style gothique. L'Église avait une nef, une abside, des fenêtres ogivales, des contreforts, une seconde nef plus }

sse vers le midi, au nord un clocher. Ce clocher, je ne sais à quelle occasion fut démoli et relevé en bois dans la partie supérieure ; en 1607, un religieux Dominique Lambert le restaura en pierre à ses frais, souvenir qu'on retrouva dans cette inseription au milieu des ruines :

Hæc turris campanaria facies quaternas ex ligneis lapideas suis sumptibus effeci curavit fr. Dominicus Lambert sacræ theologiæ doctor hujus conventus religiosus professus Et hereticæ pravilalis inquisilor Laus d anno 1607 de Deo Le changement de bois en pierre ne dut s'appliquer qu'au dernier étage, les étages inférieurs étaient garnis de contreforts qui marquent l’antériorité sur le xvire siècle. Le cloître et les bâtiments du nord ont été reconstruits et servent maintenant au service de l'artillerie. En 1580, une statue de la Ste-Vierge fut donnée aux Frères Prêcheurs et entourée d’une pieuse vénération que le temps n’a pas affaiblie.

En 1752, la partie antérieure de l’Église s'effondra. Le P. Rose

publia à cette occasion une

brochure dont tous les exemplaires sont perdus. En 1794, le représentant Lejeune a rendu

impossible l'histoire du couvent en brûlant ses archives.

Une dernière catastrophe l’atteignit en 1870, époque où il fut encore brûlé: cependant l'entrée fut respectée et nous offre un bon spécimen de style flamboyant; nous avons restauré les statuettes qui devaient surmonter les colonnes latérales. M. Coulon, des archives nationales,

nous disait qu'il avait observé, dans une des murailles, un reste d’ogive oubliée qui indique leur ancienneté et la permanence du plan primitif. Le quartier de Rivolte fut construit aux xve et

xvie siècles comme l’annoncent des croisées et des portes de ce temps.

BIBLIOGRAPHIE

Notice historique de N. D. des Jacobins, 1850 (LK? 97 4°). « GUÉNARD, Besançon, 16 (LK7 972).

Journal de l'union Franc-comtoise, 3 oct. 1870. « Casran, Notice sur Besançon.

« M. le Chanoine

ICHET, Correspondance et documents.

« P. CHaAPoriN, Histoire des dominicains. p. 54. 1898.

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