COLLIOURE
Les dominicains dès le xrre siècle avaient un couvent à Collioure. En 1275, Puig d'Orfila leur donna la maison du port d'Avall et ils vinrent s'y établir. Les ruines confirment cette date; on voit sur la facade de l’Église, des ogives qui semblent la rappeler. On voit surtout, à droite, le beau cloître dans une galerie subsiste presque entièrement et qui offre un type excellent de l'architecture gothique en Roussillon. Nous avons pu rétablir ces édifices grâce aux relevés et aux photographies de M. Joseph Soulier. Les colonnes de ces cloîtres sont accouplées dans le sens de la profondeur, les chapiteaux presque tous feuillagés sont variés et portent quelques ornements et animaux ; la galerie se retournait carrément, M. Soulier a retrouvé dans l’autre sens un reste d'arcade qui permet d'établir ses dimensions (28® sur 31,50.
Le 16 juillet 1452 est rappelé comme la date d’une consécration qui ne dut pas être la
première et qui accuse une importante restauration. En 1728, l’Église fut encore restaurée,
agrandie d’une travée. Le document qui signale ce fait nous apprend aussi que le Maître Autel était dédié à S. Dominique, qu'il y avait six chapelles : $S. Pierre, S. Thomas d'Aquin, la Se Vierge, S. Pierre Martyr, S. Vincent Ferrier, S. Sépulcre. — Cette Église est changée aujourd'hui en un magasin d'artillerie.
La sacristie de l'Église paroissiale possède quelques belles pièces d'orfèvrerie qui provien-
nent de l'Eglise des dominicains.
€ BRUTAILS, L'Art religieux en Roussillon.
« FALGUÈRE, Collioure, notice historique, 8. 1898 (L. K7 31374). « Abbé Jean SarrètTE, Notice sur Pierre Cerda.
« Abbé CoLr, curé de Collioure, Lettre du 19 juillet 1901.
Joseph SouLier, Relevés, photographies, documents, fournis avec une extrème obligeance.
COLMAR
Monastère d'Unterlinden.
(S. Jean-Baptiste)
L'année même de la canonisation de S. Dominique (1232), deux pieuses veuves, Agnès de Mittemheim et Agnès de Herkenheim, voulurent fonder un monastère et sentendirent avec des femmes du voisinage : elles cédèrent les biens qu'elles avaient à Colmar, puis, avec leur famille, se retirèrent dans un faubourg, au lieu dit sous les tilleuls (unterlinden). C'était le lieu prédestiné ; toutefois la communauté naissante ne tarda pas à se rendre au lieu dit Uffmülin, près d’une chapelle S. Jean-Baptiste. La translation se fit en 1232, l'année où les sœurs prirent l'habit de S. Dominique que leur donna F. Walther, prieur de Strasbourg.
Le couvent définitif fut fondé en 1283. L'Église subsiste encore et donne une haute estime
du talent comme architecte du frère Volmar ; les religieuses expriment leur reconnaissance dans
le livre de leurs anniversaires, sous cette épigraphe : Le frère Volmar convers qui construisit notre cloître. Le xve siècle fut témoin de plusieurs reconstructions, notamment de celle du cloître. Ce cloître offre dans ses galeries des arcatures d’une grande légèreté, il avait jadis au centre un puits avec colonnes torses et ornements qui appartiennent au xvre siècle et qu'a remplacé la statue de Schænganer.
L'Eglise profanée en 1793, changée en magasin, est revenue en 1892 aux filles de S. Domi-
nique, le cloître est transformé en musée.
BIBLIOGRAPHIE
«€ SCHŒPFLIN, Alsatia illustrata, 1751, 2 vol. 4° (L. K7 5€ « Dr Prrra, Lettre au Père Lacordaire, 1846.
« KraAUS, Art et antiquités d'Alsace, 3 vol. 40 (L. j5 232)
€ Charles Gran; Le musée des Unterlinden. (La revue nouvelle d'Alsace, 1886). L. 9 G. 10. 27. « Abbé IxGozp, Notice sur le couvent d'Unterlinden.
« Père BERTHIER, Dessins, plans, photographies.
« GŒRRES, Christiche mystise. 11. 2.
a Mss. de la bibl. de Colmar : « De inchoatione et fondatione monasterii de Subtilia.
SE
Ancien Puits dans le cloitre d’Unterlinden, Photographie du P. Berthicr.
COLMAR
Couvent des Dominicains.
(Ste Vierge).
Les sœurs d'Unterlinden avaient préparé la voie. En 1278, l'évêque de Bâle ménagea aux dominicains un accord avec le chapitre de Colmar, et il vint consacrer leur chapelle provisoire, cérémonie à laquelle assista Albert-le-Grand.
Le 2% mai 1283, on fonda l'Église définitive; Rodolphe de Habsbourg posa la première pierre du chœur, assisté de l’évêque de Passau qui chanta la messe et bénit quinze pierres, on a supposé que le Frère Volmar, architecte d'Unterlinden l'était aussi de nouveau couvent, à cause des analogies dans le style.
Les dominicains fidèles au pape furent violemment expulsés par Louis de Bavière qui transforma leur Église en écurie; ils reprirent à sa mort, la paix et la possession de leur couvent.
L'Église est encore debout ; deux portes y donnaient accès ; la principale est d’un travail remarquable et bien conservé. — L’autel primitif fut renouvelé au xve siècle et orné d’un retable
avec seize tableaux que conservent les sœurs d'Unterlinden. Une fresque au-dessus de
l'entrée de la sacristie représente un erucifiement et différents saints. De belles verrières, la [
plupart du xve siècle, brillaient aux fenêtres; en 1465, la famille Van Ulm donna une somme
de 400 florins pour les exécuter:
De l'Église on passait dans le cloître qui fut incendié en 1458 et fut restauré aussitôt. Ces
travaux eurent lieu sous la direction de Rodolphe Fuchs, frère convers. Urban der Moler le
décora de peintures dont il nous reste quelques fragments.
La bibliothèque construite avec l'argent de Marguerite Hôfer fut enveloppée dans cet incendie, mais on en put sauver les livres.
Sous les hérétiques, les Frères eurent beaucoup à souffrir, mais au commencement du xvie siècle la paix leur fut rendue. Au xvrrre siècle, on cacha les ogives, sous des ornements de plâtre. On éleva une tribune au bas de l’Église. En 1733, le couvent dut être remanié selon le nouveau goût et on remplaça le maître autel (1749).
Le couvent, comme il arriva si souvent, abrita les élections des états généraux. En 1807, la ville l’acheta pour en faire une halle au blé. Enfin en 1852, le conseil municipal en décida
la restauration et la restitution au cul
BIBLIOGRAPHIE
« RÉGnAG, p. 708.
« Voyez les indications de la précédente monographie.
Annales Colmarienses minores.
« GérarD et LILUN, Les annales et la chronique des dominicains de Colmar, 1854, &. « Abbé INGoLp, Notice sur l’Église et le couvent des dominicains de Colmar, 1894, 199.
« Année dominicaine, 1898. p. 42.
COLMAR
Monastère des Catherinettes.
Les dominicains qui avaient reçu service de leurs sœurs d'Unterlinden rendirent service à
leur tour aux catherinettes aussi filles de S. Dominique et favorisèrent leur arrivée. Celles-ci
fixées d’abord à Hatzenthal puis à Ammerschwys, obtinrent la permission de s'établir à Colmar.
en 1314. On les appelait Catherinettes parce que leur église d'Ammerschw
s avait été inaugurée
le jour de St Catherine. Arrivés à Colmar, en 1310, elles demeurèrent d’abord dans de petites
maisons et n’achevèrent qu’en 1319 leurs constructions définitives.
L'Église est profanée, changée en salle de concert, les bâtiments claustraux, les jardins sont
modernes, toutefois l'aspect du moyen àge reparait encore entre les contreforts ; nous avons
pu dans notre restauration le lui rendre facilement. La flèche subsiste, elle est plus riche que
ne l'indique notre dessin.
Le Père Berthier nous a fourni des plans manuscrits complets des bâtiments qui ont rem-
placé le couvent,
BIBLIOGRAPHIE
Voir les précédentes indications.
P. BERTHIER, Plan et corresp. mss. de 182
Photographie de Max VErriG.
Des
n de BALKE, avant la restauration.