‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 5 sur 72 · AIX-EN-PROVENCE · texte numérisé non relu

AIX-EN-PROVENCE

{S. Dominique)

D'après les recherches les plus sûres qu'accepte M. le Chanoine Davin, la fondation du couvent d'Aix remonte à 1272. Celle du monastère des Sœurs de S. Barthelemy ne serait que de 1286, Hugues Bony et sa femme Aurimunda achetèrent pour elles un terrain voisin des frères et Charles IT les fit rentrer dans la ville et les fixa près de S. Barthelemy.

Les frères prêcheurs se logèrent à l'extrémité orientale de la place qui porte encore aujourd'hui leur nom; les premiers qui arrivèrent à Aïx furent installés dans une maison du quartier Fontètes, où grâce aux libéralités du Cte Berenguier, ils commencèrent à ériger une église et un couvent près des remparts de la ville. Ce couvent achevé en 1277 avait deux grands cloîtres. Ils n’en jouirent que pendant un siècle, jusqu'en 1383, époque où un incendie les leur déroba ; ils ne reconstruisirent qu'un des cloîtres, celui contigu à la façade septentrionale ; cette construction ne fut pas la dernière comme son style le prouve facilement. Cinquante ans plus tard,

un tremblement de terre l’ébranla, et entraîna de grandes réparations ; relevée et consacrée à

N. D. de Pitié, l'Eglise eut encore beaucoup à souffrir en 1285. On rétablit certaines parties en bois que Bouche déclare avoir vues.

Enfin (1691) elle fut rebâtie en style rococo et inaugurée quelques années plus tard (1703).

Les trois chapelles gothiques qui subsistent et le campanile, nous attestent que les dimensions

primitives n’ont pas été changées. Les derniers travaux datent de 1855 et se sont appliqués à l'érection de la façade actuelle.

Le couvent d'Aix possédait d'illustres sépultures : celle de Pierre Armand-Dalamanon, dominicain et évêque de Sisteron, celles de quatre archevèques d'Aix, de Jacques de Comoz (GE!

ce religieux lui-même cite 150 tombes avec leurs titulaires. M. le Chanoïine Davin, si compétent

)), de Louis Ferrat qui a laissé comme prieur un manuscrit intéressant sur le couvent;

dans l’histoire du couvent, alors que le sol était découvert, à constaté l'existence d’une multitude de caveaux, où étaient déposés des tombeaux que la révolution à profanés ; une des principales tombes, celle de la femme de Charles d’Anjou près de la porte du campanile, devait être plus tard transportée dans la première chapelle à droite en entrant dans l’église.

La plus vénérée des sépultures était celle du B. André Abellon (41450), qui, selon Pitton, touchait aux balustres du Maître-Autel du côté de l'Évangile ; on lisait autour de la dalle cette inscription que le frottement des pieds a fait en partie disparaître : Mie jacelt corpus beati Andree Abellonis ordinis nostri fratrum predicatorum qui magnis claruil miraculis obiilque in anno Domini 1450 XV mai. hoc opus fecil facere magister Guillelmus Slephani. Honoré Bouche dit que di

is sa jeunesse il vit au Maitre Autel des peintures où le Bienheureux était figuré. La béatification de ce pieux religieux à été proclamée en 1902.

M. Heckenroth qui, sur la recommandation de M. Davin, à bien voulu s'associer à notre restauration, nous à communiqué un plan de l’état actuel des lieux ; le cloître, la vaste salle du réfectoire, quoique refaite au xvie siècle, portent un caractère médieval qui laisse supposer une restauration plutôt qu'un changement de place. Le grand cloïitre démoli est devenu un

jardin. L'église complètement transformée au xvine siècle se ses trois nefs et son transept moderne. Les dimension chapelles gothiques, à l'est par la chapelle de Peirese et

rechercher l'ancien plan. Dans la restauration nous som

: retrouve plus difficilement avec

s déterminées à l’ouest par deux

e Campanile, nous ont permis de

mes revenus à la nef unique en

remplaçant les piliers par un mur continu, et en supprimant le transept, au milieu duquel, maintenant encore, un contrefort rappelle une double chapelle.

Des fenêtres gothiques subsistent sur la façade latérale, mais l'ancienne façade ruinée par

les travaux de 1855 a totalement disparu ; nous avons réuni diverses représentations qui peuvent la relever sous les yeux des lecteurs, notamment un tableau de Reinaud (1820) qui figure le pignon, la grande rosace, les contreforts, les croisées ogivales ; on y verra de plus autour de la porte des colonnes doriques, souvenir d'un commencement de reconstruction à laquelle les parties supérieures avaient échappé. Nous tenons la plupart de ces documents de M. le Chanoine Davin, nous le remercions de son infatigable obligeance et surtout de l'approbation si

précieuse qu'il a donnée à notre travail.

BIBLIOGRAPHIE

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Prrron, Annales de la Sainte Eglise d'Air, p. 139, 1618

« Honoré Boucne, Histoire chronologique de Provence, 1664, IL. 462 fo « Prerre-Josepn HarrzE, Manuscrit de la bibliothèque Méjanes à Air, 1720. Dictionnaire de la Provence et du comté Venuissin, I, p. 9, 1786. « Roux ALPHÉRAN, Notice sur André Abellon, 1845. « La Tour KEYRIÉ, Promenade d'un étranger à Air. « Père Cormier, Le B. André Abellon, 8. 1900. æ Chanoine DaviNx, Documents divers el correspondance, Notre-Dame de Gräce, 1901.

« HECKkENROTH, Jelevé du plan, 1902. « ALPHONSE TARDIF, Photographie.

« P. Mornox, Extrait des monuments du couvent d'Aix, envoyé au Maître Général par les religieux de ce

couvent au commencement du XVire siècle (Archives générales lib. K. 209).

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