DRAGUIGNAN
(N. D. de la Consolation).
Draguignan était une ville royale, chef-lieu depuis le commencement du x siècle, et
posséda, selon certains documents une colonie de Frères Prêcheurs dès cette époque ; il est question d’une vaste salle qui put réunir, en 1287, une assemblée importante dans leur couvent, la date de 1310 ne serait done que celle d’une seconde construction. Le chapitre provincial de Condom, ordonna aux prieurs de Montpellier, d'Arles, de Grasse, d'aller visiter le lieu de Draguignan ; le roi de Sicile, Charles IT, leur avait concédé le local appartenant aux Saccati: le chapitre de Marvejols l'accepta et désigna comme premier prieur, Frère Bernard Avcellin, d'Orange.
Le couvent eut besoin de graves réparations en 1381, à la suite des désordres causés par les
routiers, mais ce fut surtout à la fin du xve ou au commencement du xvie siècle que les édifices durent être reconstruits. Des restes notables subsistent de cette époque, telle que l’abside et les grandes lignes de l’Église. Les anciens caveaux funéraires profanés à la révolution furent changés en cellier. Les bâtiments claustraux ont totalement disparu ; en 1590, ils furent démolis pour les besoins de la défense, traversés par la ligne des nouveaux remparts qui les sépare de l’Église et laissés dans l’intérieur de l'enceinte. Alors le couvent fut reconstruit : à l'Est, les chapelles qui s'y trouvaient furent abattues, régularisées et transformées en une nef du rosaire.
À défaut de ruines, il nous est resté un document très curieux de 1627 qu'a découvert
M. Mireur dans ses savantes recherches, un devis estimatif dressé par deux maçons sur la demande des Pères, et qui contient dans le menu détail toutes les mesures nécessaires pour relever le plan. L’accomplissement de ce tracé exigeait une grande entente, une patience infatigable et un homme assez dévoué aux antiquités pour s'y adonner; M. Mireur eut le bonheur de le rencontrer dans M. Azam.
BLIOGRAPHIE
« BERNARD Gur (Martène). p. 535.
« RécHac, Histoire des fondations I « Devis estimatif du 1er Juillet 16 Pierre Veyan et César Ferran, massons, ont arpenté le couvent du consentement de la communauté et des RR. Pères, pour rapporter ce qu’il peut valoir en l’estat qu'il est à présent. é à la fin du XVIIIe
procès des eaux d'arrosage.
« Croquis dre:
ècle pour indiquer les agrandissements successifs et produit dans le
« Plan de Draguignan vers 1791.
€ M. le chanoine LAUGIER, Correspondance.
€ M. MIREUR, at
hiviste du Var, Notice sur le couvent des do minicains. Nous devons à ce savant les plus vifs remerciements, pour la libéralité, l’érudition, et l’infatigable obligeance qu'il a mises à notre disposition et qui nous ont permis de rédiger cette monographie,
« MM. Azam, père et fils, ingénieurs civils. Pelevé des ruines, restauration du plan d'après les mesures du devis.
ÉVREU
(S. Louis).
Philippe de Chaource, à peine élevé au siège épiscopal d'Évreux, appela les dominicains dans cette ville ; il intéressa à cette œuvre S. Louis qui lui ouvrit provisoirement une chapelle dédiée aux SS. apôtres Pierre et Paul attenant au château. Avant de partir pour la croisade, il laissa probablement une somme d'argent aux religieux pour leur permettre d'acheter les
maisons et les terrains qui leur seraient nécessaires pour le couvent définitif. Enfin, le 25
janvier 1279, Philippe put installer ses clients dans leur résidence. Deux ans plus tard, il
mourut, et alla reposer au milieu des religieux qu'il avait tant aimés. Gaignières nous à conservé le dessin de sa tombe recouverte de cuivre jaune, et qui, par un privilège assez rare, nous conserve le nom de son auteur, Guillaume de Plalli me fecit.
Philippe ne fut pas le dernier des évêques d'Évreux favorable aux Frères Prêcheurs ;
Gaignières a relevé aussi dans leur Église, trois effigies épiscopales, dont l’une d’Ambroise le Veneur de Tillières (+ 1531), se voyait près de la chapelle du rosaire à gauche dans la nef.
La révolution en passant sur ce couvent ne nous à même pas laissé de ruines, ni aucun
plan certain. L'ingénieur Chouard dressa en 1790 un plan géométrique de la ville dans lequel on observe un long bâtiment teinté de bleu qui doit être notre Église. M. Bonnin, a dans une savante étude topographique, restitué la ville d'Évreux en 1735, mais nous avons surtout cherché les anciennes lignes dans le plan de la mendicité qu'on transféra en 1813 chez les
dominicains, qui ne nous offre plus que deux grands corps de logis, munis de portiques et selon
l'estimation d'alors, en très mauvais état. Il est facile, dans ces deux portiques, de reconnaître
les galeries de l’ancien cloître: nous avons rétabli le quadrilatère de ce cloître, en le fermant du côté du midi par un portique et au nord par l'Eglise elle-même qui se trouve replacée dans son orientation.
Ces bâtiments eux-mêmes ont fait place à l’hospice actuel 1822. M. Bourbon, archiviste
de l'Eure, qui nous a secouru si obligeamment dans cette étude approuve les conclusions que
nous en tirons.
BIBLIOGRAPHIE
Collection aux estampes nationales. P. e. 1 d. — Latin 17.034. f» 99.
& D’ACHÉRY, & GAIGNIÉ ; « Plan de CHouarp, 1790.
« Plan de BGNxIX, 1850
« BourBon, Documents, correspondance.
« P. CuaporiN, Histoire des dominicains 592.
FIGEAC (Lot)
(Ste Vierge).
Bernard Gui nous dit que les dominicains se présentèrent à Figeac en 1951, et y cherchérent le lieu d’un établissement (venerunt apud Figiacum ut acciperent ibi locum ordinis ad manendum) Rodulfe de Bonicia, Sénéchal du Querci, et l'abbé d’Aurillac leur firent bon accueil. On leur accorda un lecal spacieux au-delà du Célé et permission d'emprunter l’eau d’une fontaine au-delà du pont, un peu plus tard autorisation de construire un pont de bois pour se mettre en communication plus facile avec la ville (1291).
Au xrve siècle, les religieux furent tenus à démolir une voûte qui pouvait faciliter les escalades de l'ennemi.
Au xve siècle, l'Église primitive dut être reconstruite et fortement remaniée, restauration qui fit juger nécessaire une nouvelle consécration (1454). Mathurin de Cardailhae, seigneur de Montbrun, patron du couvent, demanda à Jean de Castelnau, évêque de Cahors, de présider à cette cérémonie ; mais le prélat ne pouvant venir lui-même, envoya son vicaire général.
Au xvæe siècle, les protestants chassèrent les dominicains qui revinrent quarante-six ans après et furent obligés de construire un nouveau couvent.
A Ja révolution, les édifices furent vendus, transformés en maisons particulières ; on installa une fabrique de rubans.
En 1815, les carmélites s'y établirent et viennent de refaire le couvent par les soins de M. Théron (1900).
Il est difficile sur les ruines de restaurer l'ancien plan. M. l'abbé Massabie très versé dans l'archéologie de Figeac nous dit qu'on voyait en À une colonne et une portion de chapiteau faisant saillie sur le mur. On à mis à jour pendant la démolition deux portails qui paraissent remonter au xve siècle et dont on avait profité pour orner la chapelle. On à prétendu que les
dominicains en revenant à Figeac, les avaient déplacés ; cette hypothèse n’est pas soutenable,
car ils correspondaient intérieurement à deux travées de la chape le. Cette translation difficile pour des sculptures si délicates, fn'eut certainement pas été tentée dans un temps où le gothique était si impopulaire, elle reste aussi formellement contraire aux constructions adjacentes avec lesquelles elles se raccordent. Nous étant assuré de l’immobilité de ces portails
nous avons cherché à les employer dans la restauration que nous avons essayée.
BIBLIOGRAPHIE
« BERNARD Gui, Histoire des fondations.
« DEB «€ CHAMPEV
NS
Annales de Figeac 1829, p. 240 (L. K7 2.775).
L, Figeac et ses institutions religieuses 1898 L. K7 31.556). Cet auteur cite parmi les manusc. de la bibl. natle, le 425 volume de la collection de Doar. 4° La lettre de Rodolphe de Bonicia pour accueillir les dominicains : 2 l'acte de Guillaume de Ladirac qui leur permet de prendre l’eau d’une fontaine ; 3° Permission de bâtir un pont sur le Célé.
« THÉRON, Documents, photographie des ruines.
« Abbé MAasSABie, Correspondance.
FONTENAY-LE-COMTE (Vendée)
(Notre - Dame).
L'origine du couvent de Fontenay-le-Comte est incertaine ; Jean Babin, auteur d’une petite chronique prétend que ce couvent fut fondé par Savary de Mauléon, seigneur de Fontenay et que les religieux auraient été installés par Philippe, évêque de Poitiers ; on cite parmi ses premiers bienfaiteurs, Alphonse de Poitiers, frère de S. Louis, et le roi Philippe le Hardi, (1226) mais le rang de ses prieurs aux chapitres provinciaux nous éloigne d’une si grande ancienneté.
On croit que les Prêcheurs résidèrent d’abord de l’autre côté de la rivière, sur un côteau regardant Fontenay. Le couvent fut reconstruit en 1317 sur les plans de Hugues Voussart, sousprieur. Ce Frère était qualifié de « doctor et judex regius » sur une épitaphe qui existait encore avant la révolution. Il fut détruit par un incendie en 4370 et ruiné de nouveau pendant les guerres de religion. Dans le mémoire de Claude Mahé, receveur des tailles (4517) il restait encore une partie du cloître, une chapelle assez vaste, un cimetière garni de tombeaux. Un combat se livra non loin de ses murs en 1585.
On chercha à réparer les dégats (1606). 11 fut vendu en 1791. Dans l'état des lieux de cette époque, on parle d’une vaste et très ancienne chapelle dédiée à N. D. de Pitié.
M. Ferré qui habite le voisinage immédiat des ruines et que nous avons questionné nous à
ainsi répondu : € Il ne reste plus vestige de la primitive Église : il Va ans, On à fait un
« lotissement et percé des rues pour faciliter la vente. Une de ces rues a passé au milieu de « l’ancien clocher qui s'élevait encore à 5 mêtres de hauteur, et dont les murs épais de un « mètre étaient soutenus aux angles par des contreforts. Ce clocher, large de 8 mètres carrés, € était construit en pierres de taille. Il y avait aussi attenant au clocher un mur de l'ancienne
« verte de fortes ardoises de 2 cm. d'épaisseur. La chapelle a été réduite et mutilée. Il ne reste
se qui rejoignait la nouvelle Église à environ 45 m. du clocher. L'Eglise devait être cou-
& plus qu'une portion du mur du fond et de celui du nord, où l’on observe deux grandes baies € avec trois où quatre absides et leurs moulures. Il n°y a plus trace du couvent. Je me r'ap- « pelle dans ma jeunesse avoir vu auprès de la facade principale, une porte ronde et deux « chambres qui paraissaient très anciennes et qui devaient jadis servir de porterie. Il y avait € aussi à l'angle de la rue Catinat et de la rue des Jacobins un grand porche cintré avec cham-
« bres au-dessus, mais tout cela a disparu. Le cimetière du couvent se trouvait le long du mur
« des chapelles à partir du clocher et de la petite place des Jacobins.
Lorsque nous avons bai:
« le sol où se trouve actuellement notre atelier, nous avons trouvé une quantité d’ossements € humains ».
BIBLIOGRAPHIE
« FILLON, Recherches historiques sur Fontenay-le-Comte, 1846.
€ JEAN BABIN, dominicain, Petite chronique manus. 1546 Gallia Christ. 11. col. 1184.
« RENÉ VALETTE, dir!
‘ur de la revue du Bas-Poitou, Petites pages d'histoire Vendéenne, 4887 (L K7 25773).
« — Correspondance, plan des archives.
& P. CHAPOTIN, Histoire des dominicains. p. 640.