‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 62 sur 72 · LANGRES · texte numérisé non relu

LANGRES

(Assomption.)

Les Dominicains furent appelés à Langres en 1231 par l'Évêque Hugues de Montréal, date certifiée par un acte de donation; mis par ce prélat en possession de maisons et de jardins, ils trouvèrent, dans la charité de Langrais, un secours pour leurs constructions et une puissante recommandation dans une bulle d’Innocent IV. Après s'être attachés à l'Église S. Michel, ils bâtirent une nouvelle église dans la deuxième moitié du xrme siècle qu'ils dédièrent à l'Assomption.

En 1350, ils firent la précieuse acquisition du doigt de $S. Thomas.

Le xve siècle est signalé par l'érection de leur grande tour carrée qui devait, pour eux, être l’occasion de tant d’ennuis (finie en 1495). On démolit, à cause de leur humidité, les chapelles des Saints-Couronnés et du S. Sépulere, on démolit le grand cloître, on dégagea l'Église enfoncée dans le sol extérieur, on construisit un nouveau cloître de 69 pieds carrés, formé par l'Église au nord, par la sacristie, le chapitre, les dortoirs au-dessus, du côté de l'est, la bibliothèque à l’ouest, au midi par le réfectoire long de 120 pieds, et garni de chambres sur les côtés. Ces chambres, au nombre de quarante, prenaient leur jour sur le cloître et sur la grande cour.

Dans la suite, vers 1600, on bâtit encore un corps de logis, près de la porte cochère, au nord.

Ces édifices menaçaient ruine en 1751; on éleva un bâtiment à la place du grand dortoir, long de 151 pieds de large sur 30.

La révolution vendit et ruina ces édifices. — Le mémoire de Richardot nous en donne quelques souvenirs : La maison des dominicains consistait en un bâtiment exposé au midi, précédé d'une petite cour ; l'Église était au levant, et le cloître entre les maisons et l'Église. Le jardin était soutenu au nord par un mur en terrasse, au pied duquel s’étendait une plantation de gros arbres formant avenue devant l'Église, au nord et au midi on trouvait les écuries et la basse-cour. Richardot abandonna les pierres à un entrepreneur en mettant à part celles qui

provenaient des voûtes et des arceaux.

L'Église dont il ne reste plus le moindre vestige, s'élevait dans le jardin actuel de l'évêché ; les débris du couvent devinrent la propriété de M. de Chalancey où fut transféré (1848) l'évêché. Le Père Jacquier nous a fourni les plans et les documents qui nous ont puissamment aidé à reconstituer l'Église ; nous avons aussi, dans le plan de Gaignières, trouvé de curieux rensei-

gnements sur l’aspect général et sur la tour.

BIBLIOGRAPHIE

« GAIGNIÈRES, Duvierr, Coll. de la bibl. nat.

« RicHarDpor, La pratique de l’agriculture, 1806.

« Divers plans manuscrits.

« RoussEeLz, Diocèse de Langres, p. 348-370 (L. KS 988).

H. hh. 551-559, mémoire par le P. JEANTET, prieur. « P. CHAPOTIN, Histoire des dominicains, p. 192.

« Archives générales, Res

« Magasin pittoresque, 1848, p. 340.

LAUSAN

(Ste Madeleine).

Les dominicains arrivés à Lausanne en 1234 construisirent un couvent en dehors de la ville, dans un lieu nommé Perabot; Jourdain de Saxe dirigea la première installation avec Reyner, docteur en théologie de Lausanne. Ils eurent d'abord des difficultés avec les chanoines qui leur reprochaient de s’être installés sur un terrain dont ils n'étaient pas propriétaires et d'avoir blessé les droits du chapitre. Les religieux eurent au contraire grandement à se louer du comte de Savoie. Pierre de Savoie (1268) leur fit des legs généreux, Louis de Savoie, seigneur de Wande (1361) se montra magnifique.

Nos pères avaient sous leur direction les dominicains d'Eschinie, près de Lausanne, dont le

couvent fut établi en 1316.

Les calvinistes arrivés au pouvoir dispersèrent les dominicains. En 1836, le couvent fut cédé à la ville qui transforma en halle les bâtiments claustraux.

M. Naëf, un archéologue distingué avec lequel le P. Berthier nous a mis en relation, à pratiqué

des fouilles (1895) sur l'emplacement choisi pour élever l’université, mais il nous dit qu’elles n’ont pas réalisé ses espérances ; néanmoins parmi les restes découverts, nous signalons des

bases de pilastres qui semblent nous reporter à deux époques diverses aux XIe et XVe siècles.

BIBLIOGRAPHIE

« Louis LERADE, Dictionnaire du canton de Vaud, p. 167, Lausanne, 1824 80: « ROMANDE, Cartulaire du chapitre de N.-D. de Lausanne, — Mémoires et documents de la Suisse NTI. G11.

Lausanne 1851.

« GRémAUD, Monuments de Fribourg, T. 11 et vr, 1851. « MuuinEN, Helvetia sacra.

«€ VUILLERMET, Le vieux Lausanne.

« Mémoires et documents publiés par la société Savoisienne, T. VIT, communiqués par le P. CHAPOTIx.

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