‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 63 sur 72 · LAVAL · texte numérisé non relu

LAVAL

Les dominicains furent appelés à Laval (1485) par Guy XV en exécution des dernières volontés d'Isabeau de Bretagne, sa mère, qui en avait fait exprimer le vœu sur son tombeau des Jacobins de Nantes. Le père Mallet posa la première pierre du couvent de la Trinquerie, nom qui fut changé en celui de N. D. de bonne rencontre. Charles VIIT autorisa cette fondation par lettre patente du mois de janvier 1488 et l'année suivante, le comte de Laval posa la première pierre de l’Église, dont, selon la c ironique, la reine de Sicile sœur du comte,

« fit construire ce beau portail

« où est l’armoirie de Lava & assis devant S. Vénérand € qui leur fust grand avancement.

Les dons affluërent et firent oublier aux religieux leurs modestes débuts, où un poirier leur servait de campanile. Un riche marchand Jean Courte, donna 6.000 livres pour l’achèvevement du chœur; Antoine de Coulonneau, maître d'hôtel du comte, construisit une grande chapelle voûtée où il fut enterré (1506). Robin Touillon, seigneur du Ifs légua 700 livres pour parfaire la nef et sa veuve Jeanne Roussard paya la grande verrière du pignon et le pavage de la nel. Le réfectoire, les cloîtres sont du prieur Liger. Notre chronique rimée exprime ainsi la beauté du prédicatoire :

« Leur prédicatoire nouveau € qui du peuple fut trouvé beau.

Un riche prêtre, appelé Jean Talbot, contribua à la construction d’une chapelle du côté du cimetière, celles de droite furent dues à la famille Lemercier.

En 1573, un incendie allumé par la foudre consuma le clocher et menaça tout le couvent. En 1670, de belles verrières qui portaient les armoiries et les portraits des bienfaiteurs furent détériorées par la grêle. Le jubé passait pour un chef d'œuvre d'art et de richesse.

Au moment de la révolution, le couvent n'avait plus que # profès et un père. Après avoir servi au directoire, après avoir été transformé en atelier de salpètre, l'Église fut démolie et on éleva la préfecture sur ses fondations.

Si ces édifices ont disparu, ils nous ont laissé un précieux et rare souvenir des plans et coupes tracées avant la démolition à grande échelle ; nous en devons communication à M. le Cie de Waresquiel et à M. l'abbé Brouard, curé de S. Germain-le-Fouilloux, qui nous en a

procuré un calque soigné.

BIBLIOGRAPHIE

« Abbé BrouARD, Plans des archives départementales.

« Abbé AxGôr, Dictionnaire hist. et topographique de la Mayenne (L. K4 2420).

« Le Père CHAPOTIN, nous a communiqué de curieux documents manuscrits parmi lesquels une chronique rimée de GUILLAUME-LE-DOYEN, annales et chronique du pays de Laval. “ales G. fo 410 — K. 436.

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