‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 7 sur 72 · ALBI · texte numérisé non relu

ALBI

Lorsque les dominicains s’établirent à Albi, en 1275, ils se logèrent dans les remparts ; trois ans plus tard, Bernard de Castanet leur donna le terrain sur lequel ils se fixèrent, et qui s'étendait en dehors de la porte Ronel.

M. le baron de Rivières a publié un manuscrit de Bernard Gui, conservé dans la bibliothèque de Toulouse (n° 490), qui nous fournit d'intéressants détails. La fondation fut acceptée par le chapitre général de Pise (1276) (fuit concessa domus nominatim ponenda in civitate Albiensi). Le premier prieur, frère Bernard de Bociac exécuta une grande partie du dortoir(1280).

Bernard Gauthier commença et acheva presque le beau réfectoire (refectorium pulchrum et bonum), Guillaume de Montclair, l'hospice avec ses logements et son cellier ; Rémond Bletger de Castres termina le chapitre dont on vante l'ornementation (1293). Enfin Guillaume Bernard de Gaillac eut la gloire de fonder l'Église (1293). Le célèbre évêque Bernard de Castanet en posa solennellement la première pierre. Bernard Gui, témoin oculaire de ces travaux

et septième prieur assistait à la cérémonie.

L'entreprise se poursuivit après lui. Falcon de S. Georges éleva la grande maison entre le

chapitre et le dortoir et la librairie voûtée qui est au-dessous (Magna domus quæ est inter capi-

tum et dormitorium eum libraria testitudinata quæ est desubtus). Il semble que la salle capitu-

laire ait été surélevée (inaltatum). On acheva alors la sacristie déjà commencée et on y mit de

beaux ornements. Un citoyen d'Albi, Jean de Solemnac, donna cent livres pour cette décoration

qui fut magnifique. Les murailles de F

lise égalaient alors en hauteur le toit du cloître et le cloître lui-même s'acheva dans la partie du chapitre.

Les Albigeois fomentèrent des troubles dans la ville, les inquisiteurs furent empêchés de remplir leurs fonctions, l'évêque injurié et maltraité. En 1302, les Frères Prêcheurs subirent

de mauvais traitements, ils se virent chassés des Eglises, privés des aumônes. Sur la porte

urbaine voisine de leur couvent, on vovait le Sauveur crucifié et à ses côtés les images de

S. Dominique et de S. Pierre martyr; les hérétiques les firent effacer. — Ces troubles durent

retarder l'achèvement des constructions qu'on reprit ensuite. Le chevet et les chapelles étaient voûtés, quoique l'Église n'eut pas encore de toit.

Le cloître, brûlé en 1363 par les hérétiques fut rétabli un siècle plus tard à l’aide des libéralités d'un habitant de Pampelune. Un inventaire de 1790, nous apprend les épreuves révolutionnaires que le couvent eut à souffrir. Les bâtiments sont occupés par les sœurs

dominicaines.

BIBLIOGRAPHIE

« Baron de RIVIÈRES, Le couvent des Frères Précheurs d'Albi, 4900.

« Revue du Tarn 1893, plan d'Albi — 1899 BERNARD Gur.

« JEAN-MARIE DE RÉGHAG, Fondations des couvents dominicains du royaume de France, p. 791-793. — 1647. Histoire du couvent des Frères Précheurs d'Albi, rédigée par un Religieux dudit couvent en 1706, manus-

crit conservé aux archives générales de l'Ordre, liber. $. p. 882. « Chroniques du Languedoc, 1878. Inventaire de 1790 « Bullartum Ord. Præd. NT. p. 67 « Lettres particulières de MM. de Rivières, de PorraL, Abbé Forr.

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