‹ Les couvents de St. Dominique au moyen âgeChapitre 9 sur 72 · ANGERS · texte numérisé non relu

ANGERS

CS Marie de Recouverte).

À l'angle de la rue de S. Evroul, à peu de distance de la cathédrale, s'élevait jadis la maison des. jacobins d'Angers. Appelés par l’évêque Guillaume de Beaumont (1236), ces religieux, en attendant que leur couvent fut achevé de bâtir, recurent la chapelle de Recouverte (Ecclesia de Recooperta) l'évêque passe pour être le fondateur de la chapelle Ste-Madeleine, où il fit peindre l'histoire de Ste-Catherine de Sienne. Nous avons trois chapiteaux qui en proviennent et qui ont été transportés au musée de $S. Jean.

Guillaume prévenu par la mort (1240) laissa le soin d'achever et le titre de fondateur à son successeur Michel de Villoiseau (1240 + 1260). L'époque de l'installation, sans doute antérieure au x1ve siècle, est oubliée, l'édifice lui-même a totalement disparu nous avons du moins dans le plan des archives nationales et le dessin de Ballaire des souvenirs qui nous ont

permis de le restaurer. L?

se composait d’une nef de 50 m. sur 12 m. îlle était coupée par un jubé, démoli en 1718 (Gaignières Pe 19. f. 203), éclairée par un large vitrail qui subsista jusqu'en 1818 et qui servit à restaurer les verrières de la cathédrale. Elle était

surmontée d’une charpente ogivale, d'un beffroi pour les cloches. La nef du côté de

’évangile

était flanquée de chapelles que le plan nous montre réunies, mais que la perspective de Ballaire présente séparées dans le haut et indépendantes l’une de l’autre.

À l'opposé des chapelles, sur l’autre flanc de l’église, les bâtiments conventuels renfermaient

oirs. On

le cloître, le chapitre, le réfectoire, divers services, et au premier étage les dor

jugera par nos planches la restauration de l'édifice que nous avons es ayée pour le xrve siècle,

en écartant les changements subits aux xve et xvue siècles, édifice encore debout et pres-

qu'entier au xvuit. En 1768, sous le prieur Faitot, l'état de vétusté, surtout le goût du nouveau style fit condamner ces vieux bâtiments trop tristes, trop pauvres, trop irréguliers. Les changements ne furent pas profonds; on les recrépit et sous des enduits, on cacha le moyen €

on ajouta des pilastres complets, laissant subsister à côté des fenêtres ogivales et des contre-

forts, témoins oubliés du mauvais goût moderne.

La révolution intervint au milieu de ces frivoles changements, au lieu des religieux, on

y mit des gendarmes, et on transforma l’église en un magasin à fourrage. Les travaux de la fin

du xvune siècle avaient si peu consolidé que les murs, en certains points, surplombaient de plus de un mètre et durent être démolis (1832).

Le pieux évêque Villoiseau, avait son tombeau au milieu du chœur ; Gaignières nous a

conservé sa magnifique construction ; en 1725, on jugea ce riche monument gothique indigne

de la place, on le vendit et on le remplaça par deux dalles de marbre. En 1892, au moment des dernières démolitions, on retrouva le corps de l'évêque, un anneau d'or, une crosse, un calice et une patène.

On voyait aussi à droite, dans le chœur, la sépulture de Bauveau (+ 1421) et de sa femme (5 1429). Une vitre funéraire rappelant le cardinal Torre Cremata (ÿ 1468). (Cette vitrine a été rapportée par mégarde, au couvent de Rouen) (pe 19. f. 203) agenouillée devant la madone : Dans la chapelle du rosaire reposait Hau doin Fresneau, conseiller du roi de Sicile (T 1448), au Chapitre Jean Jehantinet (+ 1461). On voyait enfin sept tombes placées sous des arcades

renaissance, appartenant à des chevaliers et à leurs femmes qu'on y à figurés à genoux.

Si nous ne craignions de pénétrer dans la renaissance, nous ne pourrions manquer de citer le beau sarcophage de Pierre Donadieu, chevalier de l'Ordre du roi, dont la statue est au musée. Parmi les vitraux les plus curieux, n'oublions pas celui qui représentait Louis IE et sa

femme Yolande.

BIBLIOGRAPHIE

& PÉAN DE LA TUILLERIE, Description de la ville d'Angers. « DE Fancy, Revue de l'art chrétien 1886, chromo des tapisseries « P. Ducoupray, Ancien couvent des Frères Prècheurs à Angers, revue de l'Anjou 1885. € GAIGNIÈRES, Calques d'Oxford P.'e. 4. e. — P. e. 1. g:f. 92 et 208. — P.e. 4. f:— P. 1. g: hf: 144. PReAGA AO;

€ BALLAIRE

Manus., dessins calqués par M. l'Abbé Urseau, 867, p. 306. Archives d'Angers. € THoRoDE, Manus. publié par M. l'abbé Lengin. — Revue de l'Anjou 1895, p. 247. « Archives nationales, Maine-et-Loire ur. Classe n0 13, deux plans

&« Archives générales de l'Ordre

« Lettres particulières de MM. de Farcy, de Port, URSEAU etc.

Page 1