CHEZ LE SUJET AGÉ
Les craniopharyngiomes, sans être exceptionnels, deviennent plus rares, et devant un syndrome chiasmatique, on pense plus volontiers à un méningiome supra-sellaire.
Ces méningiomes apparaissent surtout après la quarantaine, plus souvent chez les femmes. Ils donnent un syndrome chiasmatique avec atrophie optique primitive.
Ce sont des tumeurs histologiquement bénignes, détachées des îlots arachnoïdiens aberrants, disséminés dans la dure-mère au voisinage de la selle turcique. Ils s’insèrent sur le tubercule de la selle, le jugum sphénoïdal, les clinoïdes antérieures.
Les méningiomes du tubercule de la selle donnent un syndrome chiasmatique très pur avec selle intacte. Parfois sur les stéréoradiographies, on voit des altérations du tubercule de la selle et des clinoïdes antérieures déprimées ou épaissies par une tumeur sous-jacente. Ils peuvent donner un syndrome hypophysaire, ceci est en fonction de l’âge. Ces méningiomes sont d’un bon pronostic vital, mais ils nécessitent une intervention précoce pour espérer sauver la vue du malade. |
Les méningiomes du jugum compriment le chiasma de hauten bas. Parfois, ils ont un volume important. Ils donnent souvent une compression isolée d’un nerf optique. Ils peuvent donner des signes d’hypertension intra-cranienne et des troubles morphologiques. Les signes radiologiques sont discrets. L’ostéome du jugum ou de l’apophyse crista galh est rare. Ces méningiomes du jugum, volumineux, comportent de gros risques opératoires.
Nous avons vu quels sont les diagnostics les plus importants qui peuvent se poser avec les craniopharyngiomes. Les erreurs
ne sont pas rares. CusmiNG en 1929 donnait la statistique suivante :
Le diagnostic de craniopharyngiome fut posé dans 67 cas et vérifié dans 45 cas, dont 38 vérifiés histologiquement.
Dans 22 cas, erronés, il y avait :
8 gliomes du chiasma,
10 adénomes,
2 méningiomes supra-sellaire, 2 arachnoïdites.
De plus, 9 cas avaient été méconnus,
3 pris pour adénome, 6 pour méningiome supra-sellaire.
Il reste un certain nombre de tumeurs dont le diagnostic est à peu près impossible à poser avant l’intervention.