LES TROUBLES DU MÉTABOLISME GÉNÉRAL
Chez les opérés il existe des troubles des grands métabolismes.
La soif est très fréquente ; au moment même de l'intervention ou dans les jours qui suivent, il n’est pas rare que les malades s’en plaignent.
Il est très difficile de juger du débit urinaire, les malades se mouillent sans cesse. Avoir une courbe d’urine est à peu près . impossible et nécessiterait un matériel et un personnel que l’on n'a pas toujours à sa disposition.
De même la glycosurie, la glycémie pourraient donner des renseisnements intéressants sur le métabolisme des Dose de carbone mais n’ont guère été étudiées.
Les troubles du métabolisme général sont certainement très importants et il existe des faits cliniques qui méritent d’être rappelés. Dans certains cas, les opérés, au bout de quelques jours, sortent du coma ou du sommeil dans lequel ils étaient plongés. La conscience semble se rétablir plus ou moins lentement, on peut espérer la guérison, quand, progressivement, on voit les malades maigrir, fondre à vue d’œil. La peau est pâle, elle devient fine ; des rougeurs bientôt suivie de phlyctènes apparaissent aux points de pression, aux fesses, dans le dos. Ces phlyctènes apparaissent pour une pression minime, le poids des draps suffit à déterminer une plaque rouge sur la peau. La peau a perdu toute
résistance; elle s’ulcère. En quelques jours ces phlyctènes, qui n’ont jamais rien de comparable aux escarres de décubitus, entraînent la mort de ces opérés qui semblaient guérir et qui meurent de cachexie et de lésions cutanées.
Nous nous excusons de rappeler ici l’observation d’une malade non atteinte de craniopharyngiome qui fut opérée dans le service de la Pitié.
Il s’agissait d’une tumeur d J’aqueduc de Sylvius s’étendant
en avant dans la partie postérieure du troisième ventricule
«comme un clou dont la tête aurait été dans le troisième ». Clovis ViNcEnT intervint après ventriculographie par voie postérieure, et pour avoir la partie antérieure de la tumeur fut obligé de tirer à travers l’aqueduc cette «tête de clou antérieure ».
La malade, après l'intervention, présenta des troubles de la conscience. Elle était complètement inconsciente et l’on fut obligé de la nourrir à la sonde. La température, le pouls, la respiration restaient normaux. Pendant 10 jours le seul trouble fut un sommeil profond. Au 10e jour, la malade commença à maigrir et en quelques jours, malgré une alimentation journalière suffsante, elle fondit littéralement à vue d’œil, la peau s’amincit, des phlyctènes apparurent et elle mourut rapidement « comme si elle avait pendant 10 jours vécu sur des réserves nutritives et qu’elle fut incapable, après son intervention, d’accomplir les échanges nécessaires à la nutrition »..
Il s'agissait d’une intervention par voie postérieure, différente, certes des interventions pour craniopharyngiomes. L’as-
pect des suites opératoires fut un peu particulier. Il est possible
que les troubles des grands métabolismes soient plutôt en rapport avec des lésions postérieures de l’infundibulum. Il est bien difficile de faire une « carte topographique » exacte des centres du troisième ventricule et nous avons dit combien il était illusoire de compter pour cela sur la méthode anatomo-clinique.