‹ Les créanciers: œuvre de vengeanceChapitre 6 sur 7 · LES N0UVEQ4UX DJINNS · texte numérisé non relu

LES N0UVEQ4UX DJINNS

Cest V essaim des Djinns qui passe.

Victor Huoo. Orientales.

MabUle!

Ten sorsj Tranquille De corps.

Je sonne:

Ma bonne Raisonne...

. Je dors.

Quelqv?an grogne j Cest^ croit^on^ Un ivrogne De planton.

C'est la plainte Presque éteinte

34 L£s Créanciers.

De V absinthe, — Un feston!

La voix moins frêle Semble un galop; Dans ma cervelle Ai-Je un grelot?

Ainsi s'élance Et recommence Une romance Dans un goulot.

La rumeur approche; L'écho la redit :

Est-ce Rigolhoche Que Von applaudit?

Est-ce sous un porche (Sax tenant la torche) Wagner qtion écorche Avec du Verdi?

Dieux ? la horde grimpante Des créanciers! — Quel trac!

Fuyons dans la soupente Où je mets mon cognac !

Les Nouveaux Djinns. 35

Leur fourher'u insigne A forcé la consigne • Chei mon concierge indigne. —

Ah ! portier de Jarnac !

Ciel! la porte et la fenêtre Ont cédé sous leur effort^ Et le premier qui pénètre Cherche en vain mon coffre-fort.

Avant que Je la verrouille j Dans l'armoire à glace il fouille j

Pour découvrir la grenouille Dont jamais le chant ne sort.

Le bottier dix : — Hends-moi mes hottes !

Le tailleur dit : — Rends-moi mon frac !

Tous répètent : — Voici nos notes!

Tous demandent : — As-tu le sac?

Seul^ dans son farouche délire j Le traiteur J étouffant son ire :

— C'est pourtant moij semhle-t-il dircj Qui l'ai fait gros comme Balzac!

Pendant ce choeur^ saissisant mes lunettes^ Qui reposaient à côté de mon lit.

Jt reconnais leurs atroces binettes :

Un créancier ne fut jamais joli.

Deux créanciers forment un couple blême ^

Trois créanciers sont la laideur extrême;

Mais cinqj mais diXj mais vingt ^ — c'est l'enfer même !

Or^ f écoutais leur langage impoli :

— Ouij c'est un libertin! — Sa conduite est infâme!

— // refuse- sa porte et se lève à midi!

— // court les Casinos ! — Il a plus d'une femme!

— Monsieur fait pince-ne^! Monsieur joue au dandy!

— // rit de nos sueurs et n'en prend qu'à ses aises!

— // faut à son diner de l^ai sur les fraises!

— Au café du Helder^ je l'ai vuj sur deux chaises^ Ecorchant une glace à l'air du soir tiédi.

Je suis né bon y foi la mansuétude y

Et volontiers je me laisse raser.

De ces refrains ^ d' ailleurs ^ j'ai l'habitude;

Rien ne saurait plus me mécaniser^.

Mais cependant y Jlairant l'impertinence

De ces butors enivrés de finance ^

I. Mécaniser, raser, expressions parisiennes qui attendent un tour d'entrée à la porte du Dictionnaire de l'Académie.

Les Nouveaux Djinns. y^

Je secouai le joug de ma créance :

Sur mon séant on mè vit me poser,

— Qui m'a fait ces poUchipeiles!

Aî'écriai-Je^ en sentant monter Un litre rouge à mes prunelles Que le courroux vintâHatep, Est-ce donc, ici la coutume D'entrer j à l'heure où l'on s'enrhume ^ Chei les modestes gens de plume j Comme s'ils' venaient d'hériter!

Alors ^ d^ime voix qui tançe^ Je dis à ce groupe amer :

— Remporte^ votre quittance!

Vous voyei ce revolver :

Le premier qui me tutoie^ Sous mon talon je le broie ^ Et je le jette avec joie Par-dessus mon helvéder.

Partis! Bruhns du sucre ^ Et dissipons ainsi L'horrible odeur de lucre Qu'ils ont laissée ici !

3^ Les Cr:éanci£Rs.

Ce n^est pat sain encore; Mais, quand luira l'aurore^ J'irai chercher du chlore.

Merci j nîon Dieu! merci!

ly étranges syllabes M' arrivent e/tcor; Ces maùdks Arabes ^ ITun commun accord, Om^ sur ma maraiUe Que leur doigt ér aille, Mis ce mot qui raille :

« Gorltrainte par corps ! »

Larves funèbres !

Laids pâtissiers !

Dans les ténèbres, Mes créanciers Me font comprendre — Surcroît d'esclandre!

Qu'ils vont se rendre Che^ les huissiers.

Moi, bon nègre, Pas vouloir

Les Nouveaux Djinns. 39

Qu'homme maigre Et tout noir Expertise^ Verbalise j Dévalise Mon manoir.

Pas bête :

Demain J'arrête Un train Et file Pour Lille Ou l'île Saint-Ouen !

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