‹ Les crépuscules du matin;Chapitre 11 sur 60 · DANS LA TEMPETE · texte numérisé non relu

DANS LA TEMPETE

A André Beaumont.

Uent, tu peux m'enrouler dans ta robe sauvage

* Et d'un vol ébloui

Me dévoiler des océans et des rivages Sous les rafales — ■ oui !

Tu peux, visant le ciel, comme un soleil sonore Que casque le courroux, M'entraîner parla main, au plus haut, dans l'aurore, En riant, n'importe où.

N'es-tu pas, ô guerrier, l'Ange aux ailes de neige,

Lyre où de l'or frémit, Dont la buccine a dans l'azur dardé l'arpège

Des triomphes promis?

Allons vers le bonheur ensoleillé des îles,

Ces perles des confins, Vers les nuages d'or où je crois voir des villes

Qui s'élèvent sans fin ;

Buvons la volupté des cimes rutilantes,

Invincibles vaisseaux De l'univers, contre lesquels l'eau des tourmentes

Se brise en vains assauts .

Voguons très haut dans la splendeur, près des étoiles, Près du regard des dieux,

Puis, déchirant l'azur dominé comme un voile, Triomphants, glorieux,

Descendons sur la terre ainsi qu'un rayon rose,

Cueillir comme une fleur La Vierge qui surpasse en beauté toute chose,

Pour qui vibre mon cœur.

Viens, ô Vent, large vague à l'étreinte puissante !

Je t'attends sans effroi.

Partons I Fauchons les blés, l'arbre, pillons les tentes,

Ebranlons les beffrois !

Je te suis, me drapant d'ivresse : ainsi la voile

Se gonfle sur la mer, Ainsi l'aigle s'éploie et cède à la rafale, Noire épave des airs.

Vent rieur, Ange altier qui nous parles de gloire,

Barde-moi de soleil, Montre-moi le chemin des plus nobles victoires, A nous les cieux vermeils !

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