DO
ÏI
Bois du vîn : le printemps rit à travers les branches, Le soleil mordoré orne les jardins verts, Des femmes, comme au vent la ramure se penche, T'offrent des fruits aux roses chairs.
Bois du vin : raille ainsi la mort et la tristesse. N'es-tu pas entouré des œillets de l'amour ? Crois-tu donc, ô chasseur d'espoir, que ta jeunesse T'aime, et sans te trahir, toujours ?
Quelle amertume éteint mes yeux, ma voix, mon âme,
Et presse ainsi mes pas Vers les bois où l'automne exulte, encore en flammes,
Je ne le dirai pas.
Chaque arbre — ainsi rutilerait la coupe, altière, D'un vin pourpre et doré — •
Plisse orgueilleusement sous la blonde lumière Son feuillage pourpré.
Mais demain, quand Novembre aimé du vent livide
Traversera les bois, Je les retrouverai plus froids qu'un palais vidç
J£t §Q|nljreÉ> plus que moi*
Tumulte rose et bras nacrés du vent de mer, Vous avez appuyé l'émoi de votre chair Contre mon flanc, quand j'aspirais de calmes rêves Le long des grèves.
O la tristesse errante où rit du souvenir, Le regard lourdement assombri, le soupir Qui traîne sans espoir sa langueur endeuillée Par les feuillées 1
-eo-
N'asservis plus ton être à la tâche inféconde,
L'effort est vanité.
Tu n'es qu'un grain perdu de l'océan du monde
Par sa houle agité.
La forme est le rocher que l'océan saccage,
Il suffit au vivant De répandre son cœur comme un arbre sauvage
Dans un souffle de vent.
Le poème est du fer incandescent qu'on tord, Qu'on retourne, qu'on forge.
Souvent l'œuvre est encore informe que l'ejfort Vous étreint à la gorge.
Hier, l'âtre s'éteignit, dont saignèrent mes doigts.
Maintenant il essaime, En floraison vitale et fugace à la fois,
Comme de pourpres gemmes.
Pourquoi te lamenter plus qu'une ville en fièvre
Et mourir dans le soir Et permettre que monte et s'ouvre ce cœur mièvre
Comme un fol encensoir ?
La langueur de la nuit, qui te cherche et t'esquive, Tu n'en dois pas souffrir :
Ta bouche s'empourpra d'une saveur plus vive Que le goût du plaisir.
Automne, les matins où ta force respire
Un air limpide et frais Qui danse autour de toi, fulgure comme un rire,
S'éloigne et reparaît ;
Les matins bleus pleins d'allégresses fugitives
Et de soleils errants, De tambourins, de luths qu'une harpe furtive
Escorte en soupirant,
Les matins nus, légers, aimants, souples et riches
Parés de cheveux d'or, Automne, et plus craintifs et plus doux que des biches
Au nostalgique essor ;
Les matins ont tressé pour toi cette couronne De pampres et de fleurs,
Bacçhus heureux, divin maître du rêve, Automne Triste, grave et rieur.