III. BEGUINAGE
L'enclos taché de maisons peintes A la somnolence des champs.
La pâleur du soleil couchant Faiblit dans les brumes éteintes.
Le silence est seul, l'heure est sainte, Puis, de loin, s'en viennent des chants. Une vieille à coiffe, en marchant Prie, et c'est une longue plainte.
En l'air épars, des angélus, Les jours qu'on ne revivra plus, Le mépris des choses fragiles.
La vie est dolente et facile.
Sans trêve, parmi les sanglots Des carillons tremblant sur l'eau.
ÎV. FETE
Midi. La cour vibre, le ciel Est clair comme une enluminure ; Carillons aux grêles parures, Festons, bouquets teintés de miel.
Et l'accord immatériel, En blondes files aux mains pures, Des anges, des saintes futures, Cierges hauts et péchés véniels.
L'allégresse ressuscitée Par banderoles argentées Des ors de la procession,
Se réfracte aux gemmes des vitres
D'où neige l'irisation
Des fleurs sur les dais et les mitres.
MEDAILLONS