ATONIE
Au glas léger de la pendule J'entends dans le demi-jour gris Les jeux d'un chant toujours repris Qu'un mirage incertain module.
L'argent d'un miroir acidulé Ce boudoir d'aube et d'ombre épris ; Le jet d'eau, sur un air appris, Au dehors> sautille et stridule.
La sveltesse d'un vase en grès, Sombre, supporte les agrès Du bouquet que le ciel détache.
A présent ce parfum me suit, Ou peut-être, Infante, la tache De ton lys qui rit dans la nuit.
ÔR ET RtJËIâ
tière, blessant les glaïeuls Dont la vague déferle et saigné Tu passes. Ton regard dédaigne La majesté du Fleuve-aïeul.
L'automne, sous l'or des tilleuls, Allume, à tes cheveux qu'il peigne, L'insigne adamantin d'un règne
£y La trame qui te v/t, ourdie I Par l'art du céleste incendie, T'isole toute et plisse, au loin.
Tu devais ainsi m'apparaître, Et telle à mes yeux durer moins Que le soleil sur les fenêtres 1
CLAIRIERE
LA clarté s'agitant des feuilles; Frisson démeraude et d'azur, Lance en passant sur Tonde et sur Toi, des feux que ta marche effeuille.
Sous les frôlis ployant tu cueilles Les parfums d'Avril jamais mûrs.
Et l'herbe auprès de l'étang pur Forme le berceau qui t'accueille.
L'ombre bleue en silence au loin Et la brise plus blonde ont soin D'isoler ton sommeil, ô nymphe.
Mi-nue, ainsi, libre du bruit
Qui n'est pas le chant de la lymphe
Tu semblés sous l'arbre un beau fruit.