‹ Les crépuscules du matin;Chapitre 49 sur 60 · I. EVE · texte numérisé non relu

I. EVE

AR l'auréole flamme Exaltant ta blancheur, Par la mauve candeur Dont ton œil se réclame,

Si tu restes ma Dame Et mon Ange et ma sœur, Par l'auréole flamme Exaltant ta blancheur :

Vis-à-vis de mon âme Je n'en ai pas moins peur, Eussé-je vu ton cœur, Fusses-tu blonde et femme, Par l'auréole flamme I

-ca~

IL ALTAIR

QUE je vous nomme Altaïr*, , Pâle et rousse Impératrice, Puisque vous voilà complice En le ciel de mes désirs

De mille astres de saphir, Des rubis, sanglants calices.

Que je vous nomme Altaïr, Pâle et rousse Impératrice...

Et Princesse du Plaisir Au turban lourd de délice Vous si proche du supplice, Dont le regard cherche Ophir, Q,ue je vous nomme Altaïr.

Au centre d'un jardin persan Qu'étoiler aient cent tubéreuses Je suis la vasque merveilleuse Où tout l'or de la nuit descend.

J'apporte avec un goût d'encens L'amour froid d'une incestueuse Au centre d'un jardin persan Qu'étoiler aient cent tubéreuses.

Mon favori, le bel Hassan,

Aime à me voir, dans l'ombre heureuse,

Montrer les grâces luxueuses

Du paon royal et du faisan

Au centre d'un jardin persan.

/^OMME un diamant ^-* Cerclé de turquoises Et sous le pétase Aux lourds ornements

Tu songes : vraiment Je suis belle — extase ! — Comme un diamant Cerclé de turquoises.

Du moins mon amant, Le brun Pharnabase, Tous les jours en jase Ainsi qu'en m'aimant Comme un diamant.

T^ose apparue en la rosace, XV Princesse au fond de son miroir Qu'encadre comme un ostensoir La vasque où des roses s'enlacent :

Madone dont on ne se lasse, Houri aux cieux de nos espoirs, Rose apparue en la rosace, Princesse au fond de son miroir.

Astre qui luit loin dans l'espace, Fée errante aux souffles du soir Dans un bois d'émeraudes, noir, Dirai-je un jour toutes tes grâces, Rose apparue en la rosace ?

Prise aux réseaux d'or Des colliers d'agate, Châtelaine ou chatte Que rêver encor ?

Le vitrail endort La nuit de ses nattes Prise aux réseaux d'or Des colliers d'agate.

En son château-fort D'émail écarlate La pâleur se flatte Des perles pour lors Plein les réseaux d'or.

Vïï

Lune inondant la verrière, Sirène sur l'eau d'argent Comme un lys pâle émergeant Qu'entourent les ondes claires

Des colliers sertis de pierres Et ces insectes nageant «— Lune inondant la verrière, Sirène sur l'eau d'argent,

Voici plus que des prières, Androgyne, voltigeant, Turquoise et corail. ■ — - Oui, j'en Vois foisonner tout le lierre, Lune inondant la verrière.

Page 1