SCÈNE VIL Les Précédens , LA V«. GRAND -JEAN
LA Ve GRAND-JEAN.
Ach'tez des allumettes et d'I'amadou... Mouron pour les p'tits oiseaux.... Ah! vite, père Grand- Jean, une tasse de vot'bon café et un p'tit pain , jtombe d' besoin.
GRAND-JEAN , la servant.
Vlà vot1 affaire, la mère ; c'est-y tout pour à c'matin ?
LA Ve. GRAND-JEAN.
Ah! j'aurais, au jour d'aujourd'hui , j aurais un petit service à vous d'mander. C'est l'marché aux fleurs , ça srait pourtant ben gentil de votre part de m'avancer , seulement pour deux jours , deux pièces de cent sous pour acheter des bouquets.
GRAND-JEAN
C'est ça : y a un an , c'était pour acheter des châtaignes ; y a six mois , c'était pour des cerises ; y a trois mois pour des pêches ; y a deux mois, pour des prunes. . . quoiqu' ça
d1 vient donc , tout ça ? M'est avis quVous d'vez avoir Bien des noyaux , ou que queuqu Yns vous aident à les casser.
LA Ve GRAND- JEAN.
Y pensez-vous ! à mon âge ? Au jour d'aujourd'hui c'est plus ça.
GRAND- JEAN
Ah! y a pas d'âge qui tienne! vous êtes coutumière du fait , qui a bu boira ; et feu défunt , vot' dernier homme , l'aîné d1mes enfans ; et votre troisième mari, m'a dit quVous étiez une commère. . .
LA Ve. GRAND- JEAN.
Faut ben qu' jeunesse se passe.
GRAND-JEAN
Justement , c'est qu'ça n'passe pas avec vous , et jarni, ça commence à m'fatiguer , moi.
LA Ve GRAND-JEAN.
S'il y avait inconduite ouescandale, je ne dirais pas; mais vous savez ben que ma débine vient d'ia bonté d' mon cœur ; qu'au jour, d'aujourd'hui il en coûte les yeux d'ia tête pour Tinducation des enfans , et qu'mon neveu z'Hypolitc. . .
GRAND-JEAN
C'est ca qu'il est gentil ! saignez vous donc jusqu'au blanc pour un rouget pareil.
LA V GRAND-JEAN
Lui un rouget! {pleurant,) Ah Dieu! traiter comm' ça mon pauv' polite.
Air : La sympathie .
La sympathi' fait que j' ris ou que j'pleur Je m' sacrifie aux enfans , aux rnoinea Et}' veuxcrier jusqu'à ma dernière he » Mourons (bis) poui les petits oisea La sympalhi' m' fait crier à toute heure : x> Mourons (bis) pour les petits oiseaux
Icuie,
ux, re :
LA Ve. GRAND- JEAN.
Eh ben! père Bougon , menvoyez-vous au marché aux leurs, voyons ?. .
GRAND-JEAN
Père Bougon, père Bougon... je vous trouve encore excel-
lente. . . me prenez-vous pour la caisse <le secours, ouïe bureau de bienfaisance.1 allez-vous en débiter vot' amadou et vos cailloux, et lâchez d' faire d'une pierre, deux coups.
LA Ve. GRAND- JEAN.
C'est ben facile à dire.
GRAND- JEAN
Esl-c' que le commerce d'allumettes n1 va plus.
La Ve. GRAND-JEAN.
Du tout, z et j'en souiTre comme vous pouvez croire.